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Actu Maroc

Tests PCR et sérologiques : Une efficacité conditionnée


Rédigé par Safaa KSAANI le Vendredi 17 Juillet 2020

Alors que le gouvernement exige des Marocains bloqués à l’étranger et des Marocains Résidant à l'Etranger, des tests sérologiques et PCR de moins de 48 heures, Dr Khadija Moussayer braque les projecteurs sur leurs limites.



Dr Khadija Moussayer, présidente de l’Association Marocaine des Maladies Auto-Immunes et Systémiques (AMMAIS).
Dr Khadija Moussayer, présidente de l’Association Marocaine des Maladies Auto-Immunes et Systémiques (AMMAIS).

L’exigence de tests sérologiques pour les Marocains bloqués ou résidant à l’étranger qui veulent franchir les frontières de notre pays partait d’un souci louable de limiter la propagation de la pandémie du Covid-19. Une question légitime se pose alors Dr Khadija Moussayer, présidente de l’Association Marocaine des Maladies Auto-Immunes et Systémiques (AMMAIS) : le « passeport immunitaire », document attestant l’immunité des personnes sur la base de tests sérologiques révélant la présence d’anticorps dans le sang, est-il fiable ?
 

En effet, en dépit des tests sérologiques et PCR, le virus sait se « cacher » pendant la période d’infectiosité. L’AMMAIS estime nécessaire, par la voix de sa présidente le Dr Moussayer Khadija, de préciser la portée de ces tests, leurs éventuelles limites et les moyens mis en œuvre par les autorités sanitaires pour contrecarrer ces limites.
 

 Test virologique (RT-PCR) : négativité non fiable
 

Malgré la capacité de ce test  à ne détecter que les porteurs du virus et sa bonne sensibilité à réagir à sa présence, sa fiabilité dépend de nombreux autres facteurs, y compris humains, fait savoir Dr Moussayer. En effet, le prélèvement exige de recueillir des cellules au fond des muqueuses de l’arbre respiratoire en enfonçant un écouvillon dans le nez jusqu’à l’arrière de la tête. Pour compliquer la situation, le virus est parfois indétectable dans les voies respiratoires supérieures mais présent dans les poumons. « A cause de ces “écueils”, on estime que la fiabilité du test se situe entre 60 et 80 %, des résultats d’ailleurs assez proches de ceux constatés dans d’autres infections comme la grippe (influenza) », détaille la présidente. Des études réalisées par des biologistes, dont ceux de la Johns Hopkins Medicine, ont confirmé ces difficultés.

 

Tests sérologiques : outils de surveillance épidémiologique principalement
 

 

Ces tests, par prise de sang, sont recommandés en complément d’un test PCR négatif, pour confirmer une infectiosité, et comme outil de surveillance épidémiologique. En revanche, la réalisation de ces tests n’est pas recommandée sur la population générale en raison des incertitudes concernant l’immunité protectrice et sa durée éventuelle après la pathologie, précise Dr Moussayer.

« Alors que nous développons toute une stratégie de retour à une vie économique et sociale normale, il est capital d’être conscient des limites de ces tests », a tenu à souligner la présidente.