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Actu Maroc

TPE : Quelle place dans la stratégie d’emploi du gouvernement ?


Rédigé par Hiba CHAKER le Mardi 23 Novembre 2021

Les Très petites entreprises constituent un tissu économique de grande valeur ajoutée pour l’économie nationale, toutefois le chemin de développement est long et semé d’embûches pour les entrepreneurs.



L’intégration économique, les petites entreprises, l’emploi et les compétences seront le sujet de discussions des députés à l’occasion de la 5ème réunion de la Chambre des représentants. Il va sans dire qu’en réponse à une grande partie de citoyens souffrant de chômage et à une situation économique de plus en plus difficile pour les entreprises, le nouveau gouvernement a mis la stratégie de l’emploi au centre de son programme.

Des institutions comme la Confédération marocaine des TPE et PME multipliaient les appels (voir L’Opinion du 15 septembre) au nouveau gouvernement pour venir en aide à ces structures menacées de faillites en série, en raison de la crise économique engendrée par la pandémie de la Covid-19 ainsi que par d’autres contraintes qui sont liées essentiellement à l’accès au financement, aux commandes publiques et au foncier, à la protection juridique des TPME sous-traitantes, à l’accès à l’information, etc.

Forsa, une chance pour les entrepreneurs

Le programme gouvernemental propose des mesures concrètes et réalisables en envisageant de créer 1 million d’emplois, dont 250.000 emplois directs bénéficieront aux personnes sans qualification professionnelle, durement touchées par la crise sanitaire. Ces emplois devraient émaner de grands chantiers publics, lancés en partenariat avec les collectivités territoriales et la société civile.

A cet engagement s’ajoute l’augmentation du taux d’activité des femmes à 30% au lieu de 20%, et il s’agit là d’une promesse électorale du programme istiqlalien. Au moment où les perspectives de croissance s’annoncent optimistes (5,5% de reprise), l’Exécutif articule sa stratégie de relance autour du soutien à l’entrepreneuriat et à la compétitivité des entreprises, surtout les TPME et les start-ups qui sont durement touchées par la crise. Ainsi, le gouvernement a mis en place le programme «Forsa», avec un budget de 1,25 milliard de DH, qui ambitionne de créer et accompagner, sur une période de 5 ans, 12.000 entreprises.

Le programme Forsa est un dispositif qui vient compléter et renforcer les mécanismes d’accompagnement financier destinés aux entrepreneurs au Maroc, notamment le programme Intelaka qui a profité à environ 24000 entreprises jusqu’à septembre 2021. « En effet, l’objectif étant d’encourager et de faciliter l’accès des primo-entrepreneurs, en particulier les jeunes à l’entrepreneuriat, car il s’agit d’un prêt personnel sans intérêt et sans garantie, qui a pour objectif de constituer ou renforcer l’apport personnel du porteur de projet et donc les fonds propres de son entreprise. Il est destiné à faire effet de levier sur un crédit bancaire », nous annonce Adil Khalis, économiste expert en emploi/entrepreneuriat.

Néanmoins, l’expert nous souligne qu’Il est important de préciser que la réussite de ce programme dépend d’un certain nombre de prérequis tels que prôné par une étude structurante sur l’entrepreneuriat au Maroc lancée par la présidence du Gouvernement et la BAD en 2019. Il s’agit certes d’un outil de financement adapté à la primo-création d’entreprise, mais dont la philosophie consiste en la confiance faite au porteur de projet et à son projet, ce qui implique une mise en place d’un système rigoureux d’accompagnement allant, à minima, de la formation à l’entrepreneuriat jusqu’à la validation du projet entrepreneurial.

Favoriser le Made in Morocco pour booster l’emploi

Concernant les marchés publics, le gouvernement compte activer la préférence locale, c’est-à-dire accorder « un droit de préséance » aux entreprises qui se trouvent dans la région concernée par un projet public.

À ce titre, le député istiqlalien Noureddine Modiane a déjà plaidé, lors de la dernière réunion de la chambre des représentants, pour que les PME et les TPE soient plus intégrées dans la passation des contrats publics, sachant que de nombreuses entreprises s’en voient systématiquement privées. Si l’Observatoire Marocain de la TPME (OMTPME) avait souligné dans son dernier rapport annuel l’importance de la transformation numérique, l’accroissement des exigences environnementales, la relocalisation des productions et la reconfiguration des chaînes de valeurs, le nouveau gouvernement semble bien prendre cela en considération.

En effet, le nouvel Exécutif vise également à diriger le Fonds Mohammed VI pour l’investissement vers le financement des entreprises nationales et aux projets productifs. Un Fonds qui sera orienté aussi vers le financement des « industries vertes », la transition numérique et la relance du secteur touristique.

De plus, le gouvernement est résolu à améliorer le climat des affaires, notamment par la mise en place d’une Charte de l’investissement, dans les plus brefs délais. Par ailleurs, la sauvegarde de la souveraineté économique est indispensable pour le gouvernement, qui s’engage à renforcer le « made in Morocco » face à la concurrence internationale.

Hiba CHAKER

Repères

38% de la valeur ajoutée et 74% des emplois déclarés au Maroc
Les TPME constituent 99.7% des entreprises au Maroc, elles créent 37.8% de la valeur ajoutée et représentent 73.7% des emplois déclarés, selon le rapport annuel 2021 de l’Observatoire Marocain de la TPME (OMTPME). Le rapport a recensé un total de 570.989 entreprises existantes au Maroc. Parmi elles, 91.9% sont des microentreprises, 4.6% sont des TPE, 2.7% sont des petites entreprises, 0.6% sont des moyennes entreprises et 0.3% seulement sont des grandes entreprises.
 
Covid, un coup dur pour les TPME
Le même rapport précise que les données de la CNSS montrent un recul important du nombre d’affiliés auprès de la CNSS, qui a atteint un creux à fin avril 2020, avec une baisse de 48,3% en glissement annuel. Il en est de même pour ce qui est des emplois déclarés auprès de cet organisme qui ont enregistré une baisse de 35,4%, soit 899.844 salariés, et ce, en raison des arrêts temporaires ou définitifs des activités de plusieurs entreprises dus à la crise pandémique. Ces régressions recouvrent des niveaux différenciés au plan régional, sectoriel et par classe d’effectifs.


  


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