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Souveraineté industrielle : Ryad Mezzour fait le bilan d'étape de la substitution aux importations


Rédigé par Anass Machloukh le Jeudi 17 Février 2022

Rétablie de la crise sanitaire, l’industrie marocaine a récupéré la totalité de ces emplois. Pour garantir plus de souveraineté industrielle, le gouvernement mise sur la formation des cadres marocains et avance dans la politique de substitution aux importations, selon Ryad Mezzour. Détails.



Sorti indemne de la récession due à la crise sanitaire, l’industrie marocaine est face à l’enjeu de la compétitivité. Très optimiste, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, s’est félicité des progrès que réalise le Royaume dans plusieurs secteurs tels que l'automobile, l'aéronautique et le textile.  Invité spécial à l'émission « Confidences de presse » à 2M, le ministre istiqlalien a indiqué que le Maroc est le troisième pays le plus compétitif dans les secteurs susmentionnés après l’Inde et la Chine. Ce classement n’est pas dû au hasard puisqu’il est basé sur des critères bien définis, à savoir le coût de production. Citant, comme exemple, la construction des voitures, Ryad Mezzour a indiqué que le coût global moyen de fabrication d’une voiture est inférieur à plusieurs pays émergents tels que le Mexique et la Turquie. Sur ce point, le ministre a fait part de l’ambition du Maroc de gagner encore en compétitivité en baissant le coût de production. 

Le Maroc gagne en compétitivité 

En effet, cette ambition est réalisable d’autant que le Maroc a pu améliorer sa productivité de façon importante durant l’année écoulée. “Nous avons pu réduire notre coût de production en une seule année, s’est-il félicité. Le potentiel du Royaume a donc permis de se rétablir rapidement de la crise du Covid-19 en absorbant rapidement la demande internationale dans toute l'industrie liée à l’automobile. “Dès la reprise de la relance à l’échelle mondiale, nous étions les premiers à remplir le carnet de commandes”, a poursuivi M. Mezzour, ajoutant que les constructeurs internationaux reconnaissent la qualité de la production “made in Morocco”.   

Revenant sur l’état actuel de l'industrie marocaine, Ryad Mezzour a fait savoir que le Maroc a récupéré tous les emplois industriels perdus durant la période de la crise liée à la pandémie. Force est de rappeler ici que 40% des emplois ont été perdus. “ Nous sommes actuellement à 101% d’emplois récupérés", s’est-il réjoui, citant les chiffres des déclarations des salariés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). 

L’urgence de la formation des cadres industriels

Si le Royaume gagne en compétitivité, un long chemin l’attend pour parvenir à une véritable souveraineté industrielle, d’où la nécessité de promouvoir la recherche et développement, où le Maroc accuse un retard abyssal, surtout en termes de budget alloué à la recherche. Sans renier cette réalité, le ministre s’est montré pourtant optimiste. Pour lui, l’avenir est d’autant plus radieux que le secteur privé s’est engagé, dans le cadre de la convention signée, le 15 février, avec l’Etat, de former plus de 100.000 cadres ingénieurs et techniciens dans les trois prochaines années. Il s'agit, aux yeux du ministère de tutelle, d’un pas important, puisqu'on se dirige vers le réinvestissement de la valeur ajoutée industrielle dans la formation. 

Substitution aux importations : le travail continue 

Toujours sur la souveraineté, le Maroc est engagé dans une stratégie d'industrialisation par substitution aux importations comme prolongement du plan d’accélération industrielle. La logique est claire : produire tout ce qu’on peut localement, ce qui pourrait faire gagner 34 milliards de dirhams, selon le ministre, qui a rappelé que l'État marocain a mis à la disposition du secteur privé un écosystème propice pour investir dans les productions que le Royaume veut développer localement. 731 projets ont été acceptés, dont 70% ont commencé véritablement avec l’acquisition des terrains, a-t-il annoncé sur ce point.

Le ministère de tutelle espère que ces investissements puissent générer 53 milliards d’exportations dans les années à venir. Ces projets sont accompagnés par l’Etat, qui a alloué une enveloppe de 6 milliards de dirhams destinés au soutien. L’objectif est de créer 130.000 emplois industriels. 




Repères 

Les accords de libre-échange 


Le creusement des déficits commerciaux du Maroc avec ses principaux partenaires internationaux, avec lesquels il est lié par des accords de libre-échange, montre que la révision de ces accords semble devenir une nécessité. Pour Ryad Mezzour, ces accords présentent également des avantages, surtout en termes d’attraction des IDE, et de facto de création d’emplois. Pour lui, les accords de libre-échange permettent de faciliter l'attraction des investisseurs internationaux du moment qu’ils offrent un accès à un marché de deux milliards de consommateurs.  Toutefois, ceci n’empêche pas de durcir le ton vis-à-vis des pays qui se livrent au dumping et aux pratiques anticoncurrentielles, comme c'était le cas avec la Turquie et l’Egypte. 

 Commerce de proximité : vers un nouveau business model 

Très impacté par une forte concurrence de la grande distribution et des groupes étrangers, le petit commerce de proximité a plus que jamais besoin d’un soutien pour préserver sa compétitivité. Interrogé sur ce point, Ryad Mezzour a annoncé que son département tâche d’intervenir pour faciliter l’accès des petits commerçants au financement bancaire. Le ministre a fait part de sa volonté de restructurer ce secteur en révisant son business model. L’objectif, selon lui, est d'établir une coexistence pacifique entre la grande distribution et le commerce de proximité.  
 









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