Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

Scolarité pendant la pandémie : comment déjouer les pièges d’une rentrée risquée ?


Rédigé par Hajar LEBABI le Lundi 7 Septembre 2020

Alors que la rentrée scolaire a lieu, ce lundi, les experts de la Santé s’activent pour minimiser les risques
de propagation du virus dans les rangs des enfants et du personnel scolaire.



Scolarité pendant la pandémie : comment déjouer les pièges d’une rentrée risquée ?
La Société Marocaine des Sciences Médicales (SMSM) a réuni, vendredi, quinze sociétés de médecine, de pédiatrie et de protection de l’enfance afin de s’exprimer sur la rentrée scolaire en ce contexte de pandémie. Axé sur la rentrée scolaire du point de vue de l’enfant, ce webinaire se veut comme un «guide pour réussir une rentrée scolaire sécurisée ».

Organisée en partenariat avec la Société Marocaine de Pédiatrie (SMP) et la Société Marocaine de Pédopsychiatrie et Professions Associées (SMPPA), cette rencontre a abordé l’impact du confinement lié à la pandémie du nouveau Coronavirus chez les plus jeunes, mais a permis aussi aux praticiens de formuler leurs recommandations. De manière générale, et pour le bien-être de l’enfant, les experts conseillent un maintien autant que possible de l’enseignement présentiel, dans le respect des mesures sanitaires. Dans cette optique, ils ont également réitéré leurs appels à éviter les fermetures précipitées des écoles.

Alors que plus de 80% des parents d’élèves ont opté pour l’enseignement en présentiel, les praticiens soutiennent le fait qu’il est très important et doit être encouragé. En revanche, le respect des mesures barrières reste une condition sine qua non à la réussite de cette année scolaire.

Responsabiliser les enfants : l’ultime moyen de se protéger

Toujours en matière de gestes barrières, le président de la SMP, Hassan Afilal, a souligné l’importance de suivre ces instructions avant même d’emmener ses enfants à l’école. Pour ce pédiatre, «la responsabilité des parents est engagée, ils doivent veiller à la prise de température, à l’examen de signes cliniques chez leurs enfants, aux circonstances de transport avec un respect autant que possible de la distanciation, ou du port du masque par les enfants, dans le cas échéant».

Le docteur recommande également des mesures pour le corps enseignant afin de gérer le contact entre les élèves. Dans ce sens, il est nécessaire de décaler les heures d’entrée des différentes classes, afin d’éviter les rassemblements en nombre des parents et des étudiants devant les écoles. Ensuite, la préparation des salles de cours repose principalement sur l’aération des classes à chaque vacation, comme pendant la récréation, lors des repas et pendant la nuit. Il est également important de désinfecter les salles et tout ce qui pourrait être touché par les mains. Une fois sur les bancs de l’école, les enseignants doivent veiller à être ceux qui se déplacent lors du passage d’un cours à l’autre, afin d’éviter les mouvements en masse des enfants. Un décalage des récréations et des heures de pause, doit également être prévu par les établissements.

Des risques minimes de contamination

Pour ce qu’il en est de la question du port du masque, les médecins insistent sur le fait qu’il doit être exigé à partir du collège. Dans cette logique, les élèves doivent être responsabilisés et doivent être impliqués de manière effective dans la lutte contre la pandémie. Pour Hassan Afilal, l’enfant est «peu vecteur et peu contaminant, surtout pour les enfants de moins de 14 ans». De son côté, le Vice-Président de la Société Française de Pédiatrie (SFP), Robert Cohen, a indiqué que la «fermeture de classes ne se justifie que si au moins 3 enfants sont infectés au sein de la même classe».

Les installations d’eau et d’hygiène seront un élément crucial de la réouverture des écoles en toute sécurité. Les administrateurs devraient examiner les possibilités d’améliorer les mesures d’hygiène, y compris le lavage des mains, l’étiquette respiratoire (c’est-à-dire la toux et les éternuements dans le coude), les mesures de distanciation sociale, les procédures de nettoyage des installations et les pratiques de préparation des aliments. Le personnel administratif et les enseignants devraient également être formés sur la distanciation physique et sur les pratiques d’hygiène scolaire.

Le risque que les enfants tombent gravement malades à cause du Coronavirus a été qualifié de «minuscule ». Mais les écoles pourraient- elles potentiellement propager le virus dans la communauté au sens large? De manière générale, les experts s’accordent sur le fait que les enfants de tous âges courent un risque extrêmement faible de tomber malades. Ceci dit, la réouverture des écoles doit être cohérente avec la réponse sanitaire globale de chaque ville, afin d’aider à protéger les élèves, le personnel, les enseignants et leurs familles.

Hajar LEBABI

Encadré

Covid-19 : Les risques de propagation chez le personnel scolaire

L’une des professions les plus difficiles est devenue encore plus contraignante. Les enseignants doivent repenser complètement les configurations de classe et les mesures de sécurité. Ils peuvent se protéger cette année scolaire en apportant un ensemble supplémentaire de vêtements et en les changeant avant de quitter le travail.

Une fois à la maison, les vêtements doivent être déposés directement à laver. Les enseignants doivent également éviter d’apporter beaucoup d’objets personnels aux établissements, sans oublier l’importance de se procurer des masques différents pour différents jours de la semaine. De même, les chaussures de travail ne doivent pas être changées à l’intérieur de la maison.

Le risque de propagation de la Covid-19 chez le personnel scolaire dépend de plusieurs facteurs. Certains de ces facteurs distinctifs qui affectent le risque d’exposition au Covid-19 pour les enseignants et le personnel en milieu scolaire comprennent : la distance entre le personnel et les autres. En plus de ses principales fonctions professionnelles et de son interaction avec les élèves, le personnel de l’école peut parfois être proche l’un de l’autre, par exemple en arrivant à l’école et pendant les pauses. Les espaces partagés et le transport partagé vers et depuis l’école peuvent augmenter leur risque. La durée du contact et le type de contact sont également des facteurs très importants.

3 questions à Hassan Afilal, Pédiatre et président de la Société Marocaine de Pédiatrie (SMP)

Hassan Afilal
Hassan Afilal
«L’enfant a besoin de liens sociaux pour éviter l’aliénation et ne pas menacer son épanouissement»

Pédiatre et président de la Société Marocaine de Pédiatrie SMP, Hassan Afilal nous livre ses réflexions sur les mesures à prendre lors de cette rentrée scolaire.

- Quelle est l’importance d’opter pour un enseignement présentiel ?
- Le distanciel doit être accompagné d’un rythme rigoureux dans la journée avec un matériel adapté, ce qui n’est pas le cas pour les enfants vivant en retrait des villes. En plus, l’enfant de moins de 11 ans, surtout, est peu vecteur, bien qu’il faille rester vigilant en éloignant les grands-parents de tout contact, avant que les enfants ne prennent quelques précautions, qui passent par le bain et le savonnage. L’enfant a également besoin de liens sociaux pour éviter l’aliénation et ne pas menacer son épanouissement. Les enfants vulnérables ont moins d’aptitude à se défendre, selon la sévérité de leurs pathologies, mais dans ce cas-là, ce sera à leurs médecins référents de juger de leurs prédispositions à faire une rentrée en présentiel ou non.

- Comment ces mois de confinement ont impacté les enfants ?
- La façon dont les enfants se comportent n’est plus la même. On peut avoir des séquelles, les enfants peuvent nécessiter des séances de psychothérapie et de prise en charge psychologique pour les aider à oublier cette crise. Ce n’est pas anodin ce qui se passe maintenant, et ce n’est pas sans conséquence. Les études sont claires, un tiers des enfants dans le monde font des troubles de comportement. Nous avons eu des cas d’enfants qui pleurent chaque jour, des enfants qui deviennent tristes et qui ne parlent plus, ainsi que des enfants qui sont devenus très agités.
 
- Quelles sont les autres pratiques qui doivent accompagner cette rentrée scolaire ?
- Il faut adopter un discours positif et expliquer aux enfants. On ne peut pas donner des ordres à un enfant sans pour autant lui expliquer pourquoi. Pour calmer leur anxiété, il faut expliquer aux enfants que le Maroc a bien réagi pour contrer cette pandémie et qu’on ne sera pas beaucoup impacté. Il faut également leur faire comprendre que c’est dans notre intérêt de respecter les mesures sanitaires.

Recueillis par H. L

Repères

La vaccination n’est pas sans importance en période de pandémie
Pour les enfants, le rôle de la vaccination en matière de lutte contre la propagation du Coronavirus s’avère très importante. Les experts mettent l’accent sur le fait que les enfants doivent se faire vacciner afin d’être immunisés contre la grippe et la pneumocoque. D’ailleurs, un rattrapage est nécessaire en ce sens. Même son de cloche chez le Doyen de la Faculté de médecine et pharmacie de Marrakech et Président de la Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccinologie (SOMIPEV), Mohammed Bouskraoui, qui a fait une présentation sur l’intérêt de la vaccination chez l’enfant.
Et les enfants asthmatiques ?
Lors de cette rentrée scolaire, se questionner sur la situation des enfants asthmatiques est nécessaire. Cette maladie se traduit par une difficulté à respirer, un essoufflement, une respiration sifflante ou une sensation d’oppression dans la poitrine. L’asthme est une maladie chronique se manifestant le plus souvent par des crises entrecoupées de périodes où la respiration est normale. Ceci pourrait perturber le bien-être de l’enfant, notamment en cette période de pandémie. Dans ce sens, les praticiens recommandent que l’enfant traite en première partie son asthme afin de ne pas être vulnérable au Coronavirus.