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Monde

Russie-OTAN : Un constat des désaccords


Rédigé par La rédaction le Jeudi 13 Janvier 2022

D’un côté, les trente pays membres de l’Alliance atlantique, d’un autre les émissaires russes. Leur réunion du mercredi 12 janvier, à Bruxelles, a vu les occidentaux rejeter la demande russe de l’arrêt de l’élargissement de l’OTAN.



PHOTO JOHN THYS
PHOTO JOHN THYS
S’il y a eu « un signal positif », il se limite à la tenue de la réunion en elle-même, qui n’avait pas eu lieu depuis juillet 2019. A part ça, le fossé entre les positions des membres de l’Otan et celles des Russes reste béant, tant la question de l’arrêt de l’élargissement de l’Alliance atlantique ou celle d’un retrait de ses forces du territoire des pays y ayant adhéré après 1997 reste inenvisageable pour l’OTAN.

« Les divergences seront difficiles à surmonter », reconnaissait M. Stoltenberg, secrétaire général de l’Alliance atlantique après la rencontre, provoquée par la montée constante des tensions autour de l’Ukraine et l’initiative russe en faveur d’une refonte de l’ordre de sécurité européen.

L’un des deux principaux négociateurs russes, Alexandre Grouchko, vice-ministre des Affaires étrangères, a jugé ces divergences « fondamentales ». Mais la diplomatie russe avait préalablement fait état d’attentes mesurées. Mercredi, lors d’un point de presse, Grouchko a parlé d’un échange « franc et clair comme jamais », mais sans mentionner d’avancées. Il a longuement exposé les fondements de la position de Moscou, née en réaction à la politique « d’endiguement » de la Russie menée, selon lui, par l’OTAN.

La partie russe a accusé l’OTAN d’ignorer les initiatives de Moscou sur la sécurité ce qui crée des conditions pour des incidents de conflits, alors que l’OTAN a de nouveau qualifié certaines initiatives russes d’inacceptables. «La Russie a proposé à plusieurs reprises à l’Alliance de prendre des mesures pour désamorcer la situation.

L’Alliance a ignoré les initiatives russes. Cela crée les conditions préalables à des incidents et des conflits et sape les fondements de sécurité», a de son côté indiqué le ministère russe de la Défense. Moscou compte sur une discussion constructive sur le projet sur les garanties de sécurité afin de parvenir à élaborer des accords dans les plus brefs délais, a déclaré le ministère de la Défense.

Trois enjeux nommés par Moscou

Le ministère russe de la Défense a nommé trois enjeux essentiels dans ses négociations avec l’OTAN, selon le ministre. Il s’agit de garantir que l’Alliance ne s’étende pas vers l’est au détriment de l’Ukraine et d’autres pays, il faut qu’elle s’engage à ne pas déployer de nouveaux missiles américains de courte et moyenne portée en Europe, car leur déploiement pourrait aggraver radicalement les conditions de sécurité sur le continent, et enfin limiter ses activités militaires en Europe et éviter de créer des «contingents avancés».

L’OTAN a pour sa part insisté sur son caractère purement défensif en affirmant que ses membres n’avaient jamais été forcés à adhérer. Wendy Sherman, Secrétaire d’État adjointe US, a en outre noté que les États-Unis n’accepteraient pas l’idée d’arrêter l’élargissement de l’OTAN et de ramener les frontières de l’Alliance au niveau de 1997. «Nous n’accepterons pas la proposition selon laquelle l’OTAN doit cesser de s’étendre, nous n’accepterons pas de revenir à 1997 ni que tout ce qui est en Europe [les forces américaines, ndlr] doit quitter l’Europe». 


Russie-Otan : des relations critiques

Selon le Vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine, «les relations Russie-OTAN sont à un niveau critique. Cela se produit dans un contexte d’instabilité mondiale, de menaces terroristes, du lancement d’une nouvelle course aux armements, ainsi que de la dégradation complète de l’architecture de sécurité en Europe». Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a de son côté constaté l’existence de divergences «fondamentales».

Pour ce dernier, si «la conversation a été assez franche, directe, profonde, intense », il n’empêche qu’elle révèle en même temps un grand nombre de divergences sur des questions fondamentales. Et l’une des principales questions est que l’OTAN comprend le principe de l’indivisibilité de la sécurité de manière sélective ».

Selon Grouchko, au sein de l’OTAN, la sécurité n’existe que pour ses membres, sans prendre en considération les intérêts de sécurité des autres». Enfin Alexandre Grouchko a de nouveau rappelé que la Russie était ouverte au dialogue.

De son côté, l’OTAN a exprimé son désir de rouvrir sa représentation à Moscou et la mission russe à Bruxelles. «Nous regrettons que la Russie ait fermé sa mission auprès de l’OTAN et le bureau de l’OTAN à Moscou. Nous avons clairement indiqué que nous voulions rétablir [ces missions, ndlr] parce que nous croyons au dialogue», a affirmé le secrétaire général de l’Alliance lors d’une conférence de presse.

La diplomatie russe a déclaré avoir pris acte de cette proposition, tout en refusant de donner immédiatement une réponse. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko a en outre rappelé que Moscou avait proposé il y a longtemps de relancer les contacts entre militaires en vue de prévenir des incidents. «Mais on nous a toujours déclaré que c’était impossible à cause d’une décision politique prise» en 2014.
 

  


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