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Reprise post-Covid: Standard and Poor’s fait ses prévisions économiques pour le Maroc


Rédigé par Abdelilah CHANNAJE le Mardi 6 Avril 2021

Standard & Poor’s (S & P) prévoit une croissance économique de 4% en moyenne en 2021-2024. Cela dépendra du moment où les effets de la pandémie au Maroc et de ses principaux partenaires commerciaux s'atténueront.



Standard & Poor's abaisse la note souveraine du Maroc de "BBB-" à "BB+", avec perspectives stables, passant ainsi en catégorie spéculative. « La révision à la baisse reflète notre vision de la détérioration de la situation budgétaire du Maroc, caractérisée par des déficits budgétaires plus élevées que prévu sur la période 2021-2024, la dette publique nette atteignant environ 72% du PIB. Dans le même temps, les risques budgétaires liés aux passifs éventuels liés aux garanties de l'État accordées aux entreprises des secteurs public et privé ont augmenté », explique l’agence de notation internationale dans son nouveau rapport sur la situation économique au Maroc.

 

Standard and Poor’s Global Rating estime, par ailleurs, que l'économie marocaine s'est contractée d'environ 6,7% en termes réels en 2020, tirée par une baisse de presque toutes les composantes de la demande globale compte tenu des effets simultanés de la pandémie sur la demande extérieure et intérieure. 
 

Les restrictions de mobilité liées au Covid-19 imposées par le gouvernement à partir de la mi-mars 2020, comme dans d'autres pays touchés par la pandémie, ont fait baisser aussi bien les dépenses de consommation que  l’activité économique, explique-t-on. L'effondrement de la demande extérieure a affecté le Maroc, principalement via des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement mondiales sur les marchés des matières premières et des produits... Les voyages et le tourisme internationaux ont subi des perturbations majeures, se traduisant par une baisse des recettes des voyages en compte courant d'environ 54% en 2020, indique S & P. En outre, la deuxième année consécutive de sécheresse a limité la production du secteur agricole marocain.

 

La pandémie a aggravé le chômage des jeunes et des femmes 

 

Standard and Poor's note aussi  que la pandémie a fait aggraver le chômage et les disparités de revenus entre les régions les plus développées et les moins développées. Le taux de chômage est passé à 11,9% en 2020 contre 9,2% en 2019, et il était particulièrement répandu chez les jeunes et les femmes.  S & P pense, à ce titre, qu’une participation plus élevée des femmes au marché du travail (à 17,8% au troisième trimestre 2020) pourrait contribuer à accroître le potentiel de croissance économique du pays.

De même, en raison des impacts de la pandémie sur les recettes et des mesures budgétaires, le déficit budgétaire s'est creusé à 7,7% du PIB en 2020, contre 4,1% en 2019. L’agence de notation rappelle, en ce sens, que des mesures budgétaires ont été annoncées en août 2020 pour soutenir la reprise économique équivalant à 120 milliards de dirhams (environ 11% du PIB). 

Autre impact négatif de la pandémie soulevé : chute des revenus de 9,4%, et hausse des dépenses courantes et des investissements publics, respectivement de 3,4% et 18,8%. 

S &  P souligne, par ailleurs, qu'une refonte complète du système de sécurité sociale a été entreprise afin d'étendre la couverture des soins de santé à l'ensemble de la population et d'augmenter les transferts sociaux. 

Ces mesures visent également à élargir l'assiette fiscale et sociale.« En 2021, la contribution brute du gouvernement à ces mesures est estimée à 0,8% du PIB. De plus, la rationalisation du système de sécurité sociale et l'efficacité des transferts sociaux sont renforcées par la mise en place d'un registre central de sécurité sociale, qui sera mis en place à partir de 2022 », affirme-t-on.

 

Les mesures prises pour lutter contre Covid-19

 

Pour contrer les répercussions économiques de la pandémie, S & P rappelle que les autorités monétaires ont adopté une série de mesures de soutien, financées par un Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du Coronavirus.  Ce Fonds est « doté d'une dotation d'environ 3,2% du PIB avec des contributions déductibles des impôts des secteurs public (0,9% du PIB) et privé (2,3% du PIB) ».

En outre, poursuit la même source, des garanties ont été accordées aux entreprises du secteur privé, estimées à 4,8% du PIB.

De plus, en 2020, les autorités marocaines ont  puisé dans les fonds disponibles dans le cadre de la ligne de précaution et de liquidité (PLL) approuvée par le FMI à partir de décembre 2018. Cela a permis de contenir les retombées économiques du Covid-19 et de renforcer les amortisseurs de l'économie contre la pression potentielle de la balance des paiements, estime S & P. "Le montant, 3 milliards de dollars, équivalait à environ 3% du PIB en 2020, et un tiers de ce montant a été remboursé en janvier 2021. De l'avis de S & P, « sans une telle réponse politique globale, la contraction du PIB au Maroc aurait été considérablement plus importante ».

 

La réforme du système salarial public à partir de 2022 ?

 

Côté perspectives, S & P prévoit un rebond économique réel d'environ 5% en 2021 et un PIB réel de 4% en moyenne en 2021-2024. Cela dépendra, d’après l’agence de notation, basée à New York, « du moment où les effets de la pandémie de Covid-19 au Maroc et de ses principaux partenaires commerciaux s'atténueront ». La reprise de l'Europe est particulièrement essentielle, car la région représente 70% des exportations totales du Maroc. De l'avis de S & P, le rétablissement de la croissance économique découlera probablement de la demande intérieure soutenue par la consommation privée, les investissements des entreprises, les exportations de biens et une éventuelle reprise du tourisme. Standard and Poor’s pense, en outre, que le secteur agricole  bénéficiera probablement d'un climat plus favorable en 2021 par rapport aux conditions météorologiques sèches observées depuis début 2019.

Au-delà de la pandémie, à moyen terme, S & P pense, à cet égard, que la stratégie de réduction de la vulnérabilité de l'économie aux chocs climatiques sera maintenue via la diversification de l'économie et l’investissement dans des technologies plus efficaces dans le secteur agricole. 

Pour 2021-2024, l’agence de notation souligne que le gouvernement vise un assainissement budgétaire progressif, basé sur une augmentation des recettes (d'environ 1,0% du PIB) et une réduction de la masse salariale publique (y compris les cotisations de sécurité sociale) de 12,2% du PIB en 2020 à 10,8% de PIB en 2024, y compris la réforme du système salarial public à partir de 2022. 

Elle prévoit, dans ce sens, que le déficit des administrations publiques passera de 7,7% du PIB en 2020 à 4,6% du PIB en 2024. 

 

 

 

 

  


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