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Actu Maroc

Repli des recettes fiscales, des flux IDE, des transferts des MRE, des recettes voyages…des indicateurs au rouge !

Conjoncture nationale


Rédigé par N. B. le Mercredi 19 Août 2020

L’impact du Covid-19 gagne en ampleur. En témoigne, à cet effet, l’évolution récente des indicateurs afférents aux multiples facettes de la conjoncture économique nationale.



Repli des recettes fiscales, des flux IDE, des transferts des MRE, des recettes voyages…des indicateurs au rouge !
La pandémie de la Covid-19, en dépit de la levée d’une partie importante des restrictions dans de nombreux pays, continue de peser lourdement sur l’activité économique mondiale.

Les craintes afférentes à une seconde vague de contaminations entretiennent un climat de suspicions et de grandes incertitudes quant aux perspectives à venir.

La même tendance est observée au niveau national. En témoigne à cet effet la série toute récente des indicateurs retraçant l’état de la conjoncture marocaine. 

Déjà, les dernières données disponibles des comptes nationaux relatives au premier trimestre confirment le fait que l’économie nationale ait commencé à pâtir des effets négatifs de la pandémie. Et ce, suite à une nette dégradation de la progression de la valeur ajoutée non agricole, revenant à 0,9% au lieu de 4,3% au même trimestre un an auparavant et au moment où celle agricole a accusé une nouvelle baisse de 5% après celle de 5,9%.

Du coup, et compte tenu d’un recul de 0,7%, contre une hausse de 1,4%, des impôts sur les produits nets des subventions, la croissance du PIB a été quasi-nulle après une augmentation de 2,8%.  

Au second trimestre, la production agricole, suite à un déficit pluviométrique important, aurait poursuivi sa contraction. En régression de 42%, la récolte céréalière serait en deçà des 30 millions de quintaux.

Pour les activités non agricoles, l’impact du Covid-19 s’est nettement manifesté à travers un reflux qui aurait concerné la plupart des branches d’activités sous l’effet notamment du confinement, des perturbations au niveau des chaînes d’approvisionnement en intrants et de la chute de la demande étrangère.

L’impact du Covid-19 gagne en ampleur

Aussi, faut-il garder à l’esprit que l’ampleur de ce choc reste toutefois entourée d’importantes incertitudes liées, entre autres, aux divers effets des mesures prises pour justement atténuer l’impact de la pandémie sur l’activité économique et l’emploi, à l’évolution de la situation sanitaire et au retour de la confiance des entreprises et des ménages.

En attendant d’y voir plus clair, les données, quoique provisoires, des comptes font déjà état d’une situation pour le moins inquiétante.

A fin juin, les chiffres afférents aux échanges extérieurs font ressortir des baisses de 43,8 milliards de dhs des importations et de 27,2 milliards des exportations. Et quelque part, la baisse de la facture énergétique de 31,4% à 26,3 milliards fut largement compensée par la facture céréalière suite à la hausse des approvisionnements de l’extérieur en blé à 8,6 milliards de dirhams et en orge à 1,6 milliard en lien avec la baisse de la production locale.

A retenir que la diminution de 18,3% des exportations a concerné l’ensemble des secteurs dont les métiers mondiaux du pays.

Les ventes du secteur automobile au ralenti

A ce titre, les ventes du secteur automobile ont reculé de 33% à 28,1 milliards de dhs, incluant des replis de 40,3% pour le segment « construction » et de 38,8% pour celui du « câblage ». Les expéditions du « textile & cuir » ont diminué de 34,9% à 12,3 milliards de dhs, suite principalement à la baisse de 40% des ventes des vêtements confectionnés et de 38,4% de celles des articles de bonneterie. Dans le même sens, les exportations du secteur aéronautique se sont repliées de 18,1% à 6,9 milliards de dhs.

Le repli des exportations du secteur agricole et agroalimentaire s’est limité pour sa part à 4,3%, avec des diminutions de 6,4% pour les produits de l’industrie alimentaire et de 0,4% pour ceux de l’agriculture. Idem pour les expéditions des phosphates et dérivés qui ont diminué de 2% à 25 milliards de dhs.

Balance des services, un solde en repli

S’agissant de la balance des services, les chiffres jusqu’ici disponibles évoquent un solde qui a reculé de 20,8%, d’une année à l’autre, à 32,2 milliards de dirhams, avec des baisses de 22,4% des importations à 36,3 milliards et de 21,6% des exportations à 68,5 milliards. En détails, les recettes de voyage se sont chiffrées à 22,4 milliards, en diminution de 33,2%, et les dépenses au même titre ont reculé de 41,7% à 5,5 milliards. Pour les autres principales rubriques du compte courant, les transferts des MRE ont enregistré une diminution de 8,1% à 28,4 milliards de dirhams. Quant aux principales opérations financières, le flux d’IDE a connu un repli de 7,2% à 8,3 milliards de dhs, résultat des diminutions de 22,2% ou 3,7 milliards des recettes et de 39,7% ou 3 milliards des cessions. De même, le flux des investissements directs des Marocains résidant à l’étranger a baissé de 41,2% pour s’établir à 2,4 milliards, résultat d’une hausse de 1,1 milliard des recettes et d’un repli de 562 millions des investissements. Au total, l’encours des avoirs officiels de réserves a atteint 292,3 milliards de dirhams à fin juin 2020, représentant ainsi l’équivalent de 6 mois et 22 jours d’importations de biens et services.

Des recettes fiscales en net recul

Au niveau des finances publiques, la situation budgétaire au terme du premier semestre 2020 s’est soldée par un déficit hors privatisation de 29,1 milliards de dirhams, contre 21 milliards un an auparavant, et ce, compte tenu du solde positif de 15,3 milliards du compte d’affectation spéciale du Fonds Covid-19.

Sans ce compte, le déficit aurait été de 44,4 milliards. Ce creusement résulte principalement d’un repli de 8,2% des recettes ordinaires à 119,5 milliards, reflétant particulièrement un recul de 8,7% des rentrées fiscales dont les impôts directs ont reculé de 3,4% à 49,4 milliards de dhs, reflétant essentiellement le recul de 6,8% à 21,2 milliards des recettes de l’IR, avec notamment une baisse de 40,4% à 976 millions de l’IR sur les profits immobiliers et une hausse de 5,7% à 4,4 milliards de l’IR sur les salaires servis par la Direction des Dépenses du Personnel. Et ce, au moment où les recettes des impôts indirects ont régressé de 11,4% à 50,2 milliards, traduisant des diminutions de 10,6% à 37,7 milliards des recettes de la TVA et de 13,7% à 12,5 milliards de celles de la TIC. De leur côté, les rentrées de droits de douane et des droits d’enregistrement et de timbre ont enregistré des replis respectifs de 6,4% à 4,3 milliards et de 22,6% à 7,1 milliards de dhs. 

N. B.

  


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