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Monde

Relance post Covid-19 : Pour un développement endogène du continent


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 3 Août 2020

Le Covid-19 a montré le génie créateur de l’Afrique et sa capacité d’innovation. Perçue comme un continent d’opportunités avec une forte croissance pendant près de deux décennies, l’Afrique est appelée à se réinventer pour juguler les impacts économiques de Coronavirus.



Relance post Covid-19 : Pour un développement endogène du continent
L’Afrique est à la croisée des chemins en cette période de crise sanitaire. Bien que le continent soit le moins touché par cette pandémie de Coronavirus, au regard des autres régions du monde, il reste cependant sérieusement impacté par les conséquences économiques de Covid-19. Partant, ses relations avec l’Europe, notamment la France, resterons tributaire d’un nouveau paradigme de partenariat devant tenir compte, plus que jamais, des capacités des Etats africains à se réinventer dans la diversité et la complémentarité.

En effet, le Coronavirus a montré l’extrême fragilité des structures sanitaires dans beaucoup d’Etats africains mais aussi la pauvreté rampante qui menace leur développement malgré les immenses et riches minerais ou autres matières premières dont regorgent le sol et le sous-sol africains. Aujourd’hui, avec Covid-19, force est de constater qu’en Afrique, la baisse des revenus d’exportation a appauvri les États et menace le quotidien de millions de travailleurs. A ce sujet, dans une tribune parue récemment dans le Point, Vincent Ledoux, député AGIR du Nord, et Mbaye Fall Diallo, professeur d’Université , membre du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), font remarquer que le continent ne représente que 5 % du commerce international, et à peine 3,5 % des exportations françaises. Et d’ajouter « l’émergence africaine est fragilisée par une insertion insuffisante ou inégalitaire dans les échanges internationaux ».

Commercer mieux

Dans l’état actuel des choses, l’ouverture pourrait ainsi aider les pays africains à mieux dynamiser leurs économies et, par ricochet, une croissance consolidée dans les années à venir. C’est l’une des principales leçons à tirer de cette pandémie car elle a montré l’interdépendance des économies africaines dans un monde globalisé. D’où la nécessité d’accélérer la mise en place de la Zone libre échange continental. Ce qui fait dire aux deux auteurs, qu’en Europe comme en Afrique, « le risque est grand de tirer les mauvaises leçons de cette crise, en cédant aux sirènes du repli ou du localisme. Ni l’Europe ni l’Afrique ne peuvent vivre dans des forteresses, selon des visées autarciques d’un autre âge. Ni l’Europe, ni l’Afrique ne relèveront les défis écologiques par une décroissance illusoire et une restriction des échanges ».

L’enjeu n’est donc pas de commercer moins, mais de commercer mieux, en conditionnant les accords de libre-échange à des critères environnementaux entre l’Afrique et la France, comme l’a si bien rappelé le président Emmanuel Macron dans un discours récent. Pour ce faire, Vincent Ledoux et Mbaye Fall Diallo lancent un appel pour que la relance économique en France et en Europe permette de refonder les relations économiques avec l’Afrique dans un but de développement écologique, ouvert et solidaire, créateur de valeur partagée. « C’est un des enjeux de la priorité africaine de la diplomatie française, choix stratégique clairement énoncé en 2017, dicté par l’histoire et la démographie, alors qu’en 2050 un tiers de la population mondiale sera africain », soulignent-ils.

Covid-19 a aussi montré le génie créateur de l’Afrique et sa capacité d’innovation. En la matière, on peut parler du Maroc à travers la transformation des usines de textiles en productrices de masques. C’est aussi le cas du Sénégal où des filières textiles ont su produire des masques réutilisables à partir de savoir-faire artisanal, et des étudiants de l’École supérieure polytechnique de Dakar ont même développé un robot multitâches pour apporter, sans contact, médicaments ou repas aux malades confinés.

Fabrication de masques

Egalement au Nigeria, une société a construit des drones autonomes livrant des fournitures médicales dans les établissements de santé. Ce qui fait dire aux deux interlocuteurs que sans l’Afrique, on ne pourra jamais relever le défi des « biens communs » mondiaux. En la matière, il faut rappeler que le capital écologique de l’Afrique est considérable, mais il est menacé. Au final, d’aucuns ont compris l’importance stratégique de mettre en place un écosystème vertueux pour transformer le potentiel africain en marchés et de permettre au continent de changer son paradigme dans les chaînes de valeur internationales.

Enfin, perçue comme un continent d’opportunités avec une forte croissance pendant près de deux décennies, l’Afrique va devoir se réinventer du fait du coup d’arrêt de la pandémie. Au sortir de laquelle la Banque mondiale pronostiquait déjà, pour le continent, un effondrement de l’activité économique, une augmentation de la pauvreté doublée de la mise en danger des vies humaines et des moyens de subsistance des populations. Mais l’Afrique a les moyens et les capacités suffisantes pour relever ces défis.

Wolondouka SIDIBE

  


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