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Relance économique et justice sociale : Le mémorandum de l’Istiqlal


Rédigé par Hajar Lebabi le Lundi 8 Juin 2020

La pandémie du coronavirus a montré que le Royaume disposait d’un fort potentiel de gestion. En revanche, elle a dévoilé plusieurs lacunes. Pour remédier à ces problèmes, l’Istiqlal a adressé un mémorandum au Chef du gouvernement afin de préparer la phase post-COVID.



Pour faire face aux défis imposés par la crise pandémique, le Parti de l’Istiqlal a adressé au Chef du gouvernement un mémorandum pour la relance économique. Basé sur la nécessité d’une refonte profonde du modèle de développement, ce mémorandum s’attarde sur plusieurs aspects qui concernent la vie des citoyens.

C’est cette même philosophie agissante, basée sur l’investissement, qui sous-tend le mémorandum présenté par l’Istiqlal au Chef du gouvernement, jeudi, et qui s’articule autour de six chantiers, couvrant différents aspects de la vie sociale du pays. Le premier axe du mémorandum se concentre sur la consolidation de la souveraineté nationale, notamment à travers le renforcement de la sécurité alimentaire, sanitaire et énergétique, du développement du «made in Morocco» pour les produits stratégiques, et la préservation de notre souveraineté économique.

Le Parti de l’Istiqlal appelle également à définir les priorités de l’Etat et son champ d’action et à s’inscrire dans un modèle de rupture où il ne s’agit pas de dépenser plus mais de dépenser mieux, où il ne s’agit pas d’investir plus mais de mieux rentabiliser les investissements publics, où il ne s’agit pas d’augmenter la pression fiscale mais d’élargir la base imposable pour avoir plus de ressources financières. 

Le deuxième aspect à revoir est celui de la cohésion sociétale. Le Parti appelle à un renforcement de cet élément à travers la réduction des inégalités sociales, territoriales et intergénérationnelles. « S’il y a une leçon que ce virus nous aura apprise, c’est en effet qu’une société n’est viable que si toutes ses composantes vivent dans la dignité ». Il s’agira donc d’abord de repenser en profondeur la protection sociale par une réforme globale des régimes de retraite, l’élargissement de la couverture médicale aux indépendants, mais aussi de la couverture retraite, et la mise en place d’un minimum vieillesse. Mais il s’agira aussi d’instaurer un « Revenu Universel Unifié » comme filet de sécurité basé sur le ciblage des populations démunies pour leur fournir une aide directe conditionnelle. 

Le Parti a également porté son attention sur le remaniement du système éducatif comme troisième axe de ses propositions. « Nos enseignants manquent de motivation, de valorisation et de formation. Il faut imaginer des systèmes attractifs et incitatifs qui leur permettent d’être plus engagés et plus performants dans l’enseignement prodigué ». L’Istiqlal insiste également sur un plan de lutte contre l’analphabétisme numérique et de mise à niveau des enseignants, des élèves et des écoles, notamment au niveau du monde rural. Pour l’enseignement supérieur, le budget accordé à la recherche scientifique doit être largement amélioré à travers le partenariat public-privé ou la coopération internationale.

Vers une économie écologiquement responsable

Le quatrième chantier d’action s’intéresse au système de couverture de santé. Là-dessus, le Parti appelle à une réforme du système sanitaire, afin de réaliser une couverture santé universelle et de renforcer la qualité et l’accessibilité des soins, en particulier dans les petites localités, à travers la mise en place d’une carte sanitaire publique et privée, en créant un système de financement spécial pour soutenir la santé en milieu rural, et en développant la téléconsultation. Dans ce sens, l’Istiqlal insiste sur la formation des cadres de santé. « Nous devons résorber d’ici 2025, 50% du déficit en cadres de santé par une vraie stratégie de formation, et soutenir les capacités des professionnels, y compris du secteur privé ». 

Un « Plan Marshall » pour l’entreprise figure comme le cinquième axe du mémorandum avec comme objectif prioritaire : la création d’emplois. Le Parti propose dans ce sens, la création d’une Banque Publique Nationale d’Investissement pour aider au financement et à la restructuration des TPE-PME et la mise en place d’un label Made in Morocco qui soit conforme aux normes sanitaires post pandémie. Ce label « sanitairement responsable » devra répondre aux normes de précaution qui seront mises en place au niveau de nos marchés extérieurs. 

Les principaux points du Mémorandum du Parti de l’Istiqlal
Les principaux points du Mémorandum du Parti de l’Istiqlal
Le Parti estime qu’il faut mettre en place, dans un cadre globalement et régionalement intégré et cohérent, des plans sectoriels pluriannuels pour sauver les activités essentielles en détresse (tourisme, artisanat, aéronautique, transport aérien, culture), pour soutenir la reprise d’activité de certains secteurs porteurs (BTP, automobile, etc…) et pour favoriser la relance des secteurs qui ont résisté à la crise voire connu un regain d’activité. 

La transition écologique figure également dans ce mémorandum. Pour le Parti de la Balance, il est d’abord important d’assurer la durabilité de l’économie nationale tout en poursuivant le plan de développement des énergies renouvelables à l’horizon 2030. L’Istiqlal insiste sur l’urgence de mettre en œuvre un plan national de l’eau, de la poursuite du déploiement de la stratégie nationale de développement durable, et sur le fait de décliner, au niveau territorial, la contribution nationale (NDC) en matière de changement climatique.

Dernier point, mais, non des moindres est celui du digital. La crise actuelle a permis de prendre conscience de l’urgence de la transformation digitale, mais également de la capacité de notre pays à s’y engager avec succès. A cet effet, le Parti de l’Istiqlal considère qu’une approche volontariste doit être menée, à travers une série de mesures-phares, afin de permettre de garantir le droit à la connexion à tous, d’accélérer le déploiement du très haut débit, en tant que véritable lien technologique entre les hommes et les territoires, de garantir le droit à l’éducation en ligne et à la santé en ligne, ainsi que le droit à la sécurité et à la protection des données personnelles.

Pour conclure, l’Istiqlal met l’accent sur la nécessité de transformer en profondeur l’administration. D’abord, pour que l’administration marocaine devienne facilitatrice et soit davantage au service du citoyen. Notamment, en tirant profit des opportunités offertes par le digital. Ensuite, il est également question de la faire gagner en efficience. Les politiques publiques ne doivent plus se contenter de simples réactions, mais doivent être munies d’une capacité d’anticipation. « Le citoyen doit sentir qu’il est au centre du projet politique de la nation. Nous avons les moyens de lui offrir un avenir meilleur », conclut le chef du Parti.

Hajar LEBABI

Repères

Les déclarations marquantes de Nizar Baraka

Lors de la conférence de presse de présentation du mémorandum de l’Istiqlal organisée à distance, le 5 juin. Le Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a fait plusieurs déclarations marquantes. Voici les plus significatives d’entre elles. 
 
«Bien plus que d’un simple plan de relance économique, nous avons besoin d’une refondation de notre modèle de développement».

«Nous avons besoin d’une relance économique socialement responsable et efficace au niveau territorial et écologique. Cette relance doit prendre en considération le changement climatique et son impact sur le pays».

«Nous disposons de tous les ingrédients nécessaires pour surmonter ces difficultés. Nous l’avons démontré par ce que nous avons accompli dans cette brève période».

«6000 écoles ne disposant pas de l’électricité n’ont pas pu profiter de la télé-éducation».

«Le plus grand défi qui se présente actuellement est de sauver la vie économique et sociale des citoyens».

«Cette pandémie a mis l’accent sur un point important qui est le rôle de l’Etat. Partout dans le monde, les citoyens reconnaissent l’importance que l’Etat soit fort. Ce dernier se concrétise par l’amélioration des rendements des investissements publics, l’élargissement de l’assiette fiscale et la garantie d’une cohérence et d’une homogénéité des politiques publiques».

«Nous devons rompre avec cette logique qui préconise l’abandon des responsabilités dans des domaines qui concernent les services de base, comme la santé et l’éducation. Il faut se concentrer sur la sécurité sanitaire, créer un conseil national dans ce cadre et permettre à chacun d’avoir accès aux services de santé».

  


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