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Réforme de l'éducation, dialogue avec les syndicats, grogne sociale...le département de Benmoussa répond à nos questions


Rédigé par Anass Machloukh le Vendredi 26 Novembre 2021

Alors que la controverse continue sur les récentes décisions relatives à l’accès à la fonction d’enseignant, nous avons adressé plusieurs questions au ministre de l'Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa. Voici ses réponses qui nous ont été transmises via son cabinet.



Réforme de l'éducation, dialogue avec les syndicats, grogne sociale...le département de Benmoussa répond à nos questions
Le Ministère a fixé l’âge d’accès aux concours de l’enseignement à 30 ans, pourquoi cet âge exactement ?

Le métier d’enseignement est un métier est un métier d’expertise et de haute qualification. Recruter de jeunes enseignants est une condition nécessaire pour pouvoir d’abord les aider, par la formation et puis par l’accompagnement, à accéder au métier d’enseignement et leur assurer une évolution de carrière notamment par la formation continue à même de leur permettre de devenir de vrais professionnels de leur domaine.

Des commentateurs disent que cette mesure vise à augmenter la qualité des enseignants en assurant l’accès à l’enseignement aux personnes qui en ont vraiment la vocation, quelles sont les motivations du ministère ? 

Il faut d’abord savoir que la qualité d’un système éducatif est intimement liée à celle de ses enseignants. La qualité de l’action enseignante dépend essentiellement de deux choses : la formation mais aussi l’engagement de ces professionnels qui ne peut être total que si accéder au métier d’enseignant constitue pour eux un vrai choix de début de carrière et non pas un choix par défaut d’autre alternative.

Aucun texte n’interdit de plafonner l’âge d’accès au métier d’enseignement à condition que ce plafond soit compris entre 18 ans et 45 ans.


La formation des enseignants est un processus long et complexe. Aujourd’hui et contrairement à ce que c’était le cas il y a trente ou quarante ans, un enseignant doit disposer de compétences comportementales avérées, de compétences professionnelles lui permettant de s’engager dans un processus d’enseignement-apprentissage efficient mais aussi d’une formation académique dans sa ou ses disciplines de spécialité et dans les sciences éducatives.

Le développement d’une vraie posture d’enseignant demande, quant à elle, plusieurs années d’exercice encadré et accompagné.

Ils sont nombreux à contester la légalité de la mesure de réduire l’âge d’accès aux concours à 30 ans, que répond le Ministère ? Quel sort pour les personnes au-delà de 30 ans ?

Notre lecture des textes juridiques en vigueur est tout autre. Aucun de ces textes n’interdit de plafonner l’âge d’accès au métier d’enseignement à condition que ce plafond soit compris entre 18 ans et 45 ans. D’autre part le plafonnement de l’âge dans les concours de recrutement n’est pas une spécificité du Département de l’éducation nationale. Elle est appliquée dans d’autres secteurs publics pour prendre en compte les spécificités de chaque métier. Le métier d’enseignants étant d’ailleurs l’un des plus exigeants.

Par ailleurs, dans le département de l’éducation nationale, fixer l’âge d’accès aux établissements de formation aux métiers de l’enseignement n’est pas une nouveauté. Jusqu’à un passé très proche, il était fixé à 25 ans, pour l’accès aux CFI, CPR, ENS.

Comment le Ministère compte-t-il convaincre les syndicats ? Quand y-aura-t-il des réunions ?

Les syndicats sont des partenaires de choix du Ministère. Il y a une conviction générale aujourd’hui pour travailler main dans la main pour réussir la renaissance éducative prônée par le nouveau modèle de développement mais aussi les préconisations de la loi-cadre 51.17 et les engagements du gouvernement. L’amélioration de la qualité du recrutement via le concours –notamment par la mise en place de nouvelles procédures mais aussi par une amélioration de l’organisation générale de ce concours– n’est une partie infime du projet visant à assurer la renaissance éducative marocaine.

Existe-t-il une dégradation du niveau des enseignants durant les dernières années ? Le Ministère dispose-t-il de données confirmant ce constat ?

On ne peut pas parler de dégradation. Nous avons des enseignantes et des enseignants qui font leur travail de manière consciencieuse et professionnelle, mais notre ambition est de transformer le métier d’enseignement pour en faire, à côté des autres métiers d’éducation formation, une profession hautement qualifiée. Ceci ne serait envisageable que si on arrive à attirer les meilleurs profils qui, dès leur jeune âge, vont faire le choix de servir l’éducation et de faire carrière dans ses métiers, de leur assurer la meilleure formation initiale possible et meilleure évolution de carrière moyennant notamment des formations continues efficientes.
 
L’amélioration de la qualité du recrutement via le concours n’est une partie infime du projet visant à assurer la renaissance éducative marocaine.

S’agissant de la formation, les enseignants cadres des académies régionales sont formés un an et demi dans les centres d’éducation, quelle est la stratégie du Ministère pour améliorer leur formation dans les années à venir ?

La formation dans les CRMEF (Centres régionaux des métiers d’éducation et de formation) n’est qu’un maillon de la chaine de formation des enseignants. La formation dans les CRMEF vise le développement de compétences professionnelles chez les futurs enseignants. Elle suppose que les lauréats du concours de recrutement disposent de vraies compétences académiques développées dans les licences d’éducation. Cette formation qualifiante dans les CRMEF, se prolonge après dans les établissements scolaires d’abord lord du stage de deuxième année, qui est aussi une année de formation, mais aussi tout au long de la carrière professionnelle dans le cadre de la formation continue et l’accompagnement ou coaching.

Le niveau de licence requis pour passer le concours est-il suffisant pour devenir enseignant ?

Oui, conformément aux standards internationaux, le niveau de Licence en éducation est suffisant pour suivre la formation qualifiante dans les CRMEF (voir réponse à la question précédente). Le meilleur profil adapté à cette formation qualifiante dans les CREMF étant aujourd’hui celui fournis par les filières du Cycle de licence d’éducation (CLE). C’est pour cette raison que nous avons besoin d’augmenter le nombre de lauréats titulaires de la Licence d’éducation (LE).

Concernant le système de contractualisation, le Ministère avait dit plusieurs fois qu’il n’est plus en vigueur. Est-ce que les cadres des Académies régionales sont embauchés actuellement par un contrat de 2 ans ?

Depuis 2018, ils sont fonctionnaires à part entière d’établissements publics qui sont les AREF (Académies régionales d’éducation et de formation) avec un statut qui leur garantit les mêmes droits que leurs collègues enseignants jadis recrutés dans le cadre des statuts de la fonction publique.

L’intégration des « contractuels » à la fonction publique est-elle à l’ordre du jour des discussions avec les syndicats ?

Le Ministère n’a pas l’habitude de limiter la liste des sujets à aborder avec les partenaires sociaux. Un processus de dialogue social est engagé pour construire ensemble l’avenir des métiers de l’enseignement dans une logique partenariale. Les sujets abordés seront communiqués le moment venu par les parties concernées.








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