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Rapport annuel de la DGAPR : le problème de la détention préventive persiste


Rédigé par Hajar Lebabi le Mardi 11 Mai 2021

La Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) a dévoilé son rapport annuel de 2020. Au menu, les chiffres sur la population carcérale, les activités éducatives et professionnelles, ainsi que plusieurs autres données sont dévoilées.



Rapport annuel de la DGAPR : le problème de la détention préventive persiste
Selon les chiffres étalés par la DGAPR et arrêtés au 31 décembre 2020, 84.990 personnes, dont près de 2.000 femmes, étaient ou ont été détenues. Ainsi, les hommes représentent plus de 97% du total de la population carcérale, sans oublier les 943 mineurs qui sont également détenus.

Pour ce qui est du type de détention, 38.837 personnes sont en détention préventive, soit 45,70% de la population carcérale, tandis que le reste est en condamnation définitive. 

La DGAPR a également noté que la population carcérale a augmenté de 7,97% de 2016 à 2020, avec une moyenne annuelle de 1,55%.

Une croissance continue de la détention préventive 

Le rapport a fait remarquer une baisse du nombre des détenus entre 2019 et 2020, en raison de la grâce royale qui est accordée à un nombre élevé de détenus en 2020. La baisse de la criminalité en période de confinement ainsi que la suspension des tribunaux, y ont également contribué.

Ces facteurs sont également derrière la chute du nombre de nouveaux détenus, compte tenu du fait que les établissements pénitentiaires ont accueilli 112.540 en 2019, contre 104.917 en 2020.

La DGAPR a également annoncé que 95,44% des nouveaux détenus ont été placés en détention préventive au cours de l’année 2020, tandis que 4,56% ont été jugés.

96,11% de ces nouveaux détenus sont des hommes, 3,89% du total sont des femmes et 4,10% sont des mineurs.

Les détenus de plus en plus scolarisés 

En ce qui concerne la scolarité, le rapport déclare que plus de 4.000 détenus ont été inscrits dans les programmes éducatifs au titre de l’année scolaire 2019-2020 et 122 ont optés pour les programmes d’éducation non formelle.

Cependant, les cours au sein des établissement pénitentiaires ont été suspendus et certains programmes ont été reportés à l’année scolaire suivante, et ce, en vue de suivre les directives gouvernementales qui visent à lutter contre la pandémie du coronavirus. Il s’agit de l’apprentissage de la langue arabe et darija au profit des détenus étrangers, ainsi que le programme visant l’apprentissage des langues vivantes, tels que le français, l’anglais et l’espagnol. Un programme qui profite aux détenus étudiant dans le cadre de la convention de partenariat signée avec l’institut de coopération internationale de la confédération allemande pour l’éducation des adultes (DVV). 

Dans ce sillage, la DGAPR a exprimé son engagement à mettre en place de bonnes conditions sanitaires pour les détenus bacheliers, et ce, en collaboration avec le ministère de l’Education nationale.

Ainsi, le nombre de centres d’examen au sein des établissements pénitentiaires est passé à 48 pour cette année scolaire, au lieu de 15 pendant l’année scolaire 2018-2019.

Le rapport a souligné que l’année 2020 a été marquée par de nouvelles mesures pour renforcer l’accès des prisonniers analphabètes aux programmes de lutte contre l’analphabétisation, dans le sens où les prisons de Tan Tan et de Kalaâ des Sraghna font partie des prisons qui disposent de ce programme.

Le nombre d’inscrits à ces programmes a atteint 7.767 pour l’année scolaire 2019-2020. 4.258 personnes suivent le programme encadré par le ministère des Habous, tandis que près de 1.500 suivent un programme encadré par les prisonniers et 1.043 font partie du programme mis en place en partenariat avec le DVV. Les 985 autres détenus inscrits suivent le programme encadré par l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisation.

Les formations professionnelles et artisanales en baisse 

En matière de formations professionnelle et agricole, le nombre d’inscrits a atteint 8.576 personnes, soit une baisse de 13% par rapport à l’année scolaire précédente. Cela s’explique, selon le rapport, par la situation sanitaire qui a retardé le démarrage du programme de formation pour le deuxième groupe. 

Pour les inscrits à la formation artistique et artisanale, ces derniers dépassent 700 personnes, contre 880 pour l’année précédente, et ce, dans le cadre de 13 professions artisanales au sein de 16 centres pédagogiques.

Le rapport note également que plus de 613 détenus ont intégré les unités de fabrication de masques anti-Covid.

La DGAPR a souligné que 23 détenus ont participé, en 2020, à des réunions avec des représentants de banques dans le cadre de la phase expérimentale du programme «la maison de l’entrepreneur» (Dar Al Mouqawil), qui permet à ses bénéficiaires d’acquérir les connaissances et capacités pour créer des projets et ainsi réaliser une intégration sociale et économique.

  


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