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Psychologie : Le blues du mois de janvier, c’est normal ?


Rédigé par Meryem EL BARHRASSI le Dimanche 24 Janvier 2021

Il a beau être le premier de l’année, le mois de janvier rime bien souvent avec froid, grisaille, journées courtes et déprime. Il est normal de se sentir un peu flagada en cette période, d’avoir du vague à l’âme... mais seulement jusqu’à un certain point



Psychologie : Le blues du mois de janvier, c’est normal ?
Une nouvelle année, le temps des bonnes résolutions, des radieuses promesses et des nouveaux départs. Autant d’injonctions qui peuvent aussi cacher une profonde tristesse existentielle que certains baptisent « Le blues du mois de janvier », une tristesse qui nous envahit sans que l’on sache réellement pourquoi. 

Le mois de janvier est souvent connu pour être le plus déprimant de l’année. Entre prise de poids et sautes d’humeurs, la déprime du début de l’année survient lorsque la lumière du jour commence à diminuer, dure jusqu’au printemps, s’amende en été et reprend à chaque hiver.  

Les journées sont de plus en plus courtes, et les nuits plus longues. Une envie nous envahit : rester cloîtré à la maison, sous la couette. Il peut s’agir d’une simple réaction à la saison hivernale, ou d’un cas de dépression saisonnière. Pour les personnes qui souffrent d’une mauvaise santé mentale, l’arrivée du froid peut coïncider avec le début d’une période difficile, marquée par la mauvaise humeur. 

« Biologiquement, le passage à l’heure d’hiver implique une exposition amoindrie au soleil et donc une réduction de la production de vitamine D, responsable du bon fonctionnement cérébral », explique Dr Nadia Qadri, psychiatre spécialiste des troubles anxieux. Cette carence en vitamine D peut nous faire sentir plus faibles et moins enjoués durant tous les mois de l’hiver. 

Le blues du mois de janvier peut aussi se manifester sous la forme d’un gros rhume ou d’une grippe difficile à combattre.

« Dans des cas extrêmes, on peut ressentir un manque total d’entrain et ne plus avoir aucun espoir en l’avenir », ajoute la spécialiste. Cela dit, la plupart du temps, le blues du mois de janvier n’est rien de plus qu’une déprime passagère. Une fois passées les premières semaines du mois, on reprend pied dans sa vie et dans sa routine.

Le manque de lumière naturelle déclenche un sentiment de tristesse, des difficultés à quitter son lit le matin, et un manque de motivation difficile à vivre. Les personnes qui y sont sujettes sont particulièrement sensibles à la mélatonine, un neuromédiateur dans le cerveau qui permet d’avoir un rythme circadien pertinent. « Or, la mélatonine étant activée par l’impact lumineux sur la rétine, leur horloge biologique interne se retrouve déréglée, ce qui conduit progressivement à cette forme de dépression », souligne la psychiatre. Mais avec les bons outils et quelques réflexes à adopter, il est possible de combattre le blues saisonnier, gérer les symptômes et mener une vie heureuse et productive toute l’année. 

Les aliments vitamines en top, le sucré en flop
Le sucre est un anxiolytique naturel qui rebooste pendant les coups de fatigue. Sauf que, bien sûr, il fait aussi prendre du poids. « On axe donc nos apports sur ce qui nous manque pendant la période critique : nutriments, vitamines B et C, magnésium. Pour éviter les fringales de sucre, on ne saute pas de repas, surtout le petit-déjeuner », détaille Dr Yousra Moustafid, nutritionniste. On privilégie aussi les légumes secs, comme les lentilles ou les haricots. Faire une cure de vitamine D peut également aider. « La vitamine D ayant aussi un impact sur le moral, les capacités de concentration, d’attention et de mémoire, on en prescrit une cure au début de l’hiver », confirme la nutritionniste. 

Du sport de bonne heure et de bonne humeur
En plus de jouer son rôle d’allié bien-être avec une bonne nutrition, l’exercice physique remet les pendules de notre horloge à l’heure. « Il faut le pratiquer de bonne heure, environ trente minutes avant le lever du jour, en faisant du jogging, du cardio-training ou du vélo d’appartement. On augmentera notre température corporelle et on enverra des signaux au cerveau : les sécrétions de la journée », indique Dr Qadri. S’activer une demi-heure avant le lever du soleil demande des efforts mais le jeu en vaut la chandelle.

Finalement, combattez l’envie de vous cacher sous les couvertures en évitant de reporter le réveil à plusieurs reprises et en vous levant tôt le matin. Une fois que vous aurez surmonté le défi du début de journée, faites votre lit, et quittez la chambre, prenez quelques minutes pour boire votre café et lire les nouvelles. La tentation de retourner au lit sera largement réduite une fois que vous serez debout et prêt à affronter la journée, conseille la psychiatre.

Plein phare sur la luminothérapie
C’est prouvé scientifiquement : la variation de la sensibilité rétinienne à la lumière explique la prédisposition à la déprime hivernale chez certaines personnes. En s’exposant à la lampe à luminothérapie, on régule la production de mélatonine, l’hormone qui signale au cerveau qu’il faut dormir, et on remet en route notre horloge biologique interne. « L’exposition à ce type de lumière modifie certaines réactions chimiques du cerveau et permet de réduire de nombreux symptômes de la dépression », précise Dr Qadri. « Demandez conseil à votre médecin pour qu’il vous aide à choisir et à bien utiliser votre lampe. Une séance de 20 à 30 minutes chaque matin peut aider à ressentir une amélioration significative de l’humeur », conseille la psychiatre.
Meryem EL BARHRASSI

  


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