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Programme de renouvellement des taxis : Un parc largement modernisé, mais une transition électrique encore freinée


Rédigé par L'Opinion Lundi 5 Janvier 2026

Lancé pour moderniser un secteur longtemps marqué par la vétusté du parc, le programme de renouvellement des taxis a permis de rajeunir près de 80 % de la flotte nationale, avec des gains notables en termes de consommation énergétique et de qualité de service. Mais si la mise à niveau est largement engagée, la transition vers les motorisations électriques demeure marginale.



Le programme public de soutien au renouvellement des taxis a profondément transformé le visage du transport urbain au Maroc. Selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, près de 80 % de la flotte nationale des taxis, toutes catégories confondues, a été renouvelée dans le cadre de ce dispositif, conçu pour moderniser un secteur clé de la mobilité quotidienne et améliorer la qualité du service rendu aux usagers.

Présenté comme un levier de mise à niveau structurelle, ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à remplacer les véhicules vétustes par des modèles plus récents, répondant à des normes techniques précises. Les taxis concernés, qu’ils soient de première ou de deuxième catégorie, doivent respecter des critères stricts en matière de motorisation et de capacité autorisée, afin d’assurer l’adéquation entre le véhicule et la nature du service fourni, tout en garantissant le respect du cadre réglementaire en vigueur.

Au-delà du rajeunissement du parc, l’un des effets majeurs mis en avant par le ministère de l’Intérieur concerne les performances énergétiques. Les nouveaux véhicules introduits dans le cadre du programme affichent, en moyenne, une réduction de la consommation de carburant de l’ordre de 40 %, contribuant ainsi à la diminution des émissions polluantes, à l’amélioration de la sécurité routière et à de meilleures conditions de confort et de sécurité pour les chauffeurs comme pour les passagers.

Toutefois, si le programme a ouvert la voie à l’acquisition de véhicules électriques ou hybrides, l’intégration de ces technologies dans le secteur des taxis demeure marginale. Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, souligne que l’adhésion des professionnels à ce type de motorisation reste très limitée, à l’exception de quelques expériences isolées à l’échelle locale. Dans la pratique, la grande majorité des exploitants continue de privilégier les véhicules à moteur thermique.

Plusieurs facteurs expliquent cette réticence. Le premier tient au coût d’acquisition encore élevé des véhicules électriques, sensiblement supérieur à celui des modèles thermiques. À cela s’ajoute la faiblesse des infrastructures de recharge, qui constitue un obstacle majeur pour une activité caractérisée par de longues amplitudes horaires et des distances parcourues importantes. Le besoin de recharges fréquentes au cours de la journée est perçu comme une contrainte opérationnelle forte, contrairement aux véhicules thermiques qui ne nécessitent généralement qu’un seul ravitaillement quotidien.

Le ministère de l’Intérieur reconnaît néanmoins que ces freins pourraient s’atténuer à moyen terme. L’évolution rapide de l’industrie automobile électrique, marquée par l’amélioration de l’autonomie des véhicules, la réduction des temps de recharge et le déploiement progressif de services de maintenance et de bornes de recharge dans plusieurs villes et axes routiers, est présentée comme un facteur susceptible de modifier progressivement les choix des professionnels. À cela s’ajoutent la baisse relative des prix et la diversification des offres commerciales destinées à un usage professionnel.

Dans ce contexte, les autorités affirment leur disponibilité à accompagner toute initiative visant à encourager l’adoption de véhicules à faible impact environnemental dans le transport public, et plus particulièrement dans le secteur des taxis. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des politiques publiques en matière de transition énergétique et d’objectifs nationaux de réduction des émissions polluantes, tout en tenant compte des réalités économiques et opérationnelles propres à un secteur fortement sollicité au quotidien.



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