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Sport

Portrait : Ronaldo, dernière chance pour l’insatiable machine


Rédigé par L'Opinion le Mercredi 9 Novembre 2022



Habité par une ambition démesurée, Cristiano Ronaldo enchaîne les titres et les exploits depuis ses 20 ans. A 37, le Portugais jouera au Qatar sa cinquième Coupe du monde, sa dernière chance de sacre planétaire.

Depuis ses premiers pas au Mondial- 2006 (demi-finale), la superstar a multiplié les désillusions lors du grand rendez-vous quadriennal, sans parvenir à faire mieux par la suite que deux huitièmes de finale (2010, 2018), entrecoupés du crève-coeur d’une élimination au premier tour (2014). Mais le quintuple Ballon d’Or s’est rattrapé en remportant l’Euro- 2016 puis la Ligue des nations 2019. Les deux premiers trophées de l’histoire de la Seleçao... qui ont à peine contenté son insatiable appétit.

A un âge où les footballeurs entament leur vie d’après, apprentis entraîneurs ou consultants de luxe sur les plateaux télévisés, le natif de Madère continue de soigner son corps et ses records, restant indispensable en équipe du Portugal. «Même s’il ne joue pas, Cristiano c’est Cristiano. C’est un honneur de l’avoir dans notre sélection.

Même à 37 ans, on peut toujours compter sur lui», a résumé cet été l’attaquant de l’Atlético Madrid Joao Félix. Pour devenir «CR7», ce surnom dont il a fait une marque, il fallait une sacrée ambition, presque «anormale», selon les mots de Zinédine Zidane, son ancien entraîneur au Real Madrid. Être le premier, atteindre le sommet, tel a toujours été son objectif, au risque de s’attirer les critiques de la jouer trop «perso» dans un sport collectif.

Record mondial de buts

Quintuple vainqueur de la Ligue des champions (un sacre avec Manchester United, quatre au Real), Ronaldo a longtemps été le roi du football européen avec son éternel rival Lionel Messi, septuple Ballon d’Or. Mais ces dernières saisons ont alimenté l’idée d’un déclin, de la Juventus Turin à Manchester, où il est revenu en 2021 et où sa place de titulaire est contestée.

Les années passant, Ronaldo ne semble plus capable de fournir la même débauche d’énergie: loin du dribbleur irrésistible de ses débuts, le Portugais s’est mué en avant-centre à la finition clinique, devenant le meilleur buteur de l’histoire de la C1 (140 buts à ce jour, contre 129 pour Messi, son premier poursuivant). Avec plus de 800 buts en matches officiels (dont 117 avec le Portugal, un record en sélection), il a aussi dépassé le mythique total attribué au «roi» Pelé (767) et établi un nouveau record mondial en dépassant les 805 du Tchèque Josef Bican.

Au Qatar, «CR7» aura l’occasion de devenir le premier joueur à marquer lors de cinq éditions du Mondial. Mais il voit déjà plus loin: «Je veux continuer à faire partie de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde (au Qatar) et du Championnat d’Europe (en 2024), je l’assume dès maintenant », a-t-il déclaré en septembre.


 

Messi, un titre pour s’asseoir à la droite du roi Maradona

Un trophée pour devenir le plus grand, plus grand peut-être que Maradona: au Qatar, Lionel Messi rêve de décrocher sa première Coupe du monde et d’en offrir une troisième à l’Argentine après 1978 et 1986, le chef d’oeuvre du légendaire «Pibe de Oro». Quelques jours après la mort de Diego Maradona, en novembre 2020, Messi avait inscrit un but avec Barcelone face à Osasuna et avait enlevé son maillot blaugrana pour en révéler un autre, celui des Newell’s Old Boys, floqué du N.10 de «Diego».

C’est dans ce club de Rosario, sa ville natale, que Messi a appris le football. Gamin, avant de rejoindre Barcelone à l’âge de 13 ans et d’y bâtir sa légende, il y a aussi admiré Maradona, revenu d’Europe pour finir sa carrière chez lui, aux Newell’s puis à Boca Juniors. Depuis, Messi a tout gagné. Sept Ballons d’Or, quatre Ligues des Champions, une avalanche de championnats et de coupes avec Barcelone puis le Paris SG et même une Copa America l’été dernier, son premier trophée avec l’Argentine, qui attendait ça depuis 1993.

Le Mondial lui résiste

Il a inscrit des buts par centaines, il a enchanté la planète football par ses dribbles, ses passes, ses inventions, sa vitesse. Il est le capitaine de la sélection argentine, le meilleur buteur de son histoire (90 buts) et celui qui en a le plus souvent porté le maillot (164 sélections). Mais le génial N.10 n’a pas gagné la Coupe du Monde, butant contre l’Allemagne en finale en 2014. «Voir la sélection gagner avec Messi à sa tête, c’est ce que nous les Argentins, nous espérons tous. Ce serait fantastique.

En Argentine, on vit pour le foot. Voir Messi soulever la coupe serait la plus belle chose au monde», a expliqué le d é f e n s e u r argentin de l’OM Leonardo Balerdi. «Le football doit un Mondial à Messi», avait aussi estimé en 2017 Jorge Sampaoli, alors sélectionneur de l’Albiceleste, quelques mois avant un nouvel échec en 2018 en Russie, quand l’Argentine et «la Pulga» avaient buté sur Mbappé, Pavard et les Bleus de Didier Deschamps.

Pour certains observateurs, c’est presque un détail et Messi est déjà le plus grand, Coupe du Monde ou pas. Pour d’autres il le serait avec un titre mondial et, pour quelques uns encore, essentiellement Argentins ou Napolitains, Maradona est indépassable.

«Les deux meilleurs»

«Diego a été l’idole absolue pour plus d’une génération et Messi est celle de la jeunesse. Je pense qu’il ne pourra le dépasser que s’il est champion du monde en étant la star du tournoi, le meilleur buteur et en marquant un but comme celui de Diego», a résumé pour l’AFP Daniel Bertoni, champion du monde avec l’Argentine en 1978 et coéquipier de Maradona à Naples entre 1984 et 1986. Le «but comme celui de Diego» est bien sûr celui inscrit au bout d’un légendaire slalom contre l’Angleterre au Mondial- 86, quelques minutes après un premier, inscrit de «la main de Dieu» et tout aussi mythique.

Cette dimension quasi mystique de Maradona est ce que Messi ne pourra sans doute jamais atteindre et qu’il ne recherche pas. L’attaquant du PSG est un personnage discret, aux prises de paroles rares et sans grand relief. Son image, plutôt lisse et moins «bling-bling» que celle de son rival portugais Cristiano Ronaldo, a seulement été ternie par une condamnation pour fraude fiscale en 2017, quelques semaines avant son mariage avec Antonella, son amie d’enfance, mère de ses trois garçons (Thiago, Mateo et Ciro).

Mais alors, Maradona ou Messi? La Coupe du Monde au Qatar permettra-t-elle de trancher? Interrogé par l’AFP, l’ancien Nantais Jorge Burruchaga, auteur du but victorieux de l’Argentine contre l’Allemagne en finale du Mondial- 86, sur une passe de... Maradona, évidemment, a sa réponse. «Ca ne m’intéresse pas. Les deux sont Argentins et ce sont les deux meilleurs des 40 dernières années ».

 








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