Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Culture

Portrait : Robert Chastel, un R’bati de cœur et du regard


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Mardi 24 Novembre 2020



Portrait : Robert Chastel, un R’bati de cœur et du regard
Robert Chastel est médecin généraliste de son état et un féru d’histoire et de photographies anciennes. Sa passion pour Rabat, Salé et le fleuve Bouregreg en ont fait un spécialiste. Il en connaît l’histoire, la géographie, ce périmètre qui le fascine, il l’a arpenté dans ses moindres recoins.

C’est une sorte d’érudit du patrimoine de Rabat-Salé, dont il sait déchiffrer les moindres pulsations. Pour partager son « trésor », Robert Chastel n’hésite pas à payer de sa personne… et de sa poche. Ses livres sont publiés en autoédition aux éditions Chastel qu’il a dû créer pour les besoins de la cause ou confiés à des imprimeries dont il paye certainement les services. A défaut de trouver un éditeur ou un mécène, Robert Chastel est ainsi mécène de lui-même… Bref, malgré ce fait, Robert Chastel est peut-être le seul auteur, sinon un des rares, qui se publie en autoédition ou à compte d’auteur… sans transiger sur la qualité du propos, de la viabilité de la recherche ou la qualité esthétique de ses photographies. Dans les récits historiques que Robert Chastel élabore, les détails ne manquent et la précision ne fait pas défaut quand il s’agit de rapporter des dates ou des évènements. Ces récits sont illustrés par des citations, des anecdotes qui donnent une certaine saveur à la lecture, sans oublier les dessins, les tableaux de peinture et les photographies, souvent en noir et blanc, anciennes et assurément d’une valeur historique qui ne peut être contestée. Le lecteur pourra même y découvrir des gravures des XVIIème et XVIIIème siècles inédites au Maroc. Robert Chastel retrace l’histoire de Rabat depuis le VIIIème s. av. J.-C., époque à laquelle les phéniciens avaient fondé le comptoir maritime de Sala. Au temps pirates, «Les corsaires de Salé vivaient essentiellement à Rabat qui s’appelait Sala Jdida, alors que Salé s’appelait Sala Qdima », relate Robert Chastel.

Le fonds photographique original s’étend sur une période d’au moins un quart de siècle. Ces photographies sont prises par Robert Chastel lui-même, une sorte de promeneur des deux rives du Bouregreg qui enregistre doublement et dans le détail, les lieux pittoresques ou non, qu’il traverse avec beaucoup de curiosité et le sens de l’observation. Robert Chastel n’est pas ainsi un R’bati de cœur mais du regard, aussi !

La majorité des photos récentes ont été prises par l’auteur au cours des 25 dernières années, lors de ses multiples promenades dans les deux villes et sur les rives de l’Oued Bouregreg qu’il estime « dépositaire de la mémoire des deux rives de Rabat et de Salé».

Quel regard a Robert Chastel sur les transformations de la vallée du Bouregreg, avec sa marina et les tours futuristes en chantier ? Loin de s’attacher uniquement au passé des cités des rives du Bouregreg, aussi prestigieux fusse-t-il, le présent lui fait dire : « Aujourd’hui, de grandes mutations promettent au Bouregreg et aux deux cités un brillant devenir ». 

Décoré du Wissam alaouite, en 2014, Robert Chastel, au delà des rives du Bouregreg, a construit une oeuvre imposante sur la région sans oublier Casablanca sous le titre « Témoignages et chuchotements, l’histoire de Casablanca ».
 
A. BENSMAÏN

  


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 17 Octobre 2021 - 09:06 Magazine : Sarim Fassi-Fihri, maux croisés

Mercredi 13 Octobre 2021 - 10:12 Essai : Des écrivains dans la peau des terroristes