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PLF 2024 : Investissement public record, Etat social, séisme, équilibres budgétaires... L'essentiel du grand oral de Nadia Fettah Alaoui


Rédigé par L'Opinion Vendredi 20 Octobre 2023

Postes budgétaires supplémentaires, hausse du budget de la Santé et de l'Eduction, le gouvernement entend poursuivre les réforme sociales en 2024 en augmentant l'investissement public à un niveau record. En parallèle, l'Exécutif compte réduire remettre de l'ordre dans les comptes publics en maitrisant le déficit. C'est ce qui ressort du Grand oral de la ministre de l'Economie et des Finances Nadia Fettah Alaoui qui a présenté les grandes lignes du Projet de Loi des Finances au Parlement. Le nouveau budget de l'Etat se fixe comme priorité de financer le programme national de reconstruction de la région d'Al-Haouz et le lancement des aides directes. Détails.



Après avoir présenté les grandes lignes du PLF 2024 lors du Conseil des ministres, tenu jeudi sous la présidence de SM le Roi, la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, est venue, vendredi, au Parlement, détailler de façon plus circonstanciée le nouveau budget de l’Etat. Un budget élaboré dans une conjoncture difficile marquée par la poursuite des chocs inopinés tels que l’inflation et les catastrophes naturelles, dont le séisme qui a nécessité une intervention urgente du gouvernement. Lequel devra faire un effort budgétaire exceptionnel en 2024 pour exécuter le plan de développement de reconstruction de la région d’Al-Haouz.

Devant les membres des deux chambres du Parlement, réunis à l'hémicycle, l’Argentière du Royaume a réitéré que la reconstruction du Haut Atlas sera au cœur de l'ingénierie du nouveau projet de loi des finances. Cette année, le gouvernement va entamer la distribution des allocations financières aux 60.000 familles impactées à raison de 2500 par mois. Concernant le reste des projets liés à la reconstruction et à la réhabilitation des infrastructures routières, sanitaires et des écoles et des logements, le gouvernement prévoit, dans le cadre du PLF 2024, d'allouer une enveloppe de  2,5 milliards de dirhams afin de financer les projets programmés dans le cadre du programme national de reconstruction. Ces crédits proviendront du Fonds spécial 126, a précisé la ministre. Ce fonds, rappelons-le, a pu mobiliser près de 12 milliards de dirhams depuis sa création.  
 
En plus de la riposte aux effets du séisme, l’Exécutif s’est fixé comme objectif en 2024 de braver les contretemps conjoncturels liés à l’inflation et au stress hydrique qui ralentissent la marche vers la croissance. Bien que l’inflation ait reculé grâce aux mesures compensatoires et aux mesures d’urgence prises l’année précédente à titre exceptionnel, le gouvernement veut continuer à soutenir le pouvoir d’achat en subventionnant les matières de première nécessité dans le cadre de 19 contrats-programmes signés en début de l’année courante. Cela nécessitera 110 milliards de dirhams dont 42 milliards provenant des fonds de l’Etat. 
 
S’agissant de l’eau, le gouvernement a alloué 5 milliards de dirhams supplémentaires au programme national d'Approvisionnement en eau potable en 2024 par rapport à 2023. Ces projets inscrivent dans ce le cadre de ce programme, qui s’étend jusqu’en 2027, devraient ainsi nécessiter une enveloppe totale de 18 milliards de dirhams qui vont servir à financer des chantiers vitaux tels que les autoroutes de l’eau, la construction des barrages, l’approvisionnement dans les zones rurales, le traitement des eaux usées  et les projets de dessalement de l’eau de la mer
 
En plus de cela, l’Exécutif fait la course contre la montre pour accélérer l’édifice de ce qu’on appelle l’Etat social en avançant dans le projet de généralisation de la couverture sociale. A cet égard, il sera procédé au lancement des aides directes aux familles modestes avant le début de l’année prochaine, tel qu’annoncé par le Souverain lors du discours d’ouverture de l’année législative. Ce programme, qui sera exécuté à l’aide du Registre social unifié, nécessitera 25 milliards de dirhams qui proviendront de la contribution sociale de solidarité sur les entreprises (qui a été maintenue) et d'autres taxes appliqués aux entreprises. Ce à quoi s'ajoutent 9,5 milliards de dirhams orientés vers la généralisation de l'Assurance maladie obligatoire dont le gouvernement poursuivra la mise en œuvre l'année prochaine. Le gouvernement tente également de faire des économies à travers la réforme de la Caisse de compensation dont le budget a été revu à 16,4 milliards de dirhams. 
 
S’agissant les secteurs sociaux, le gouvernement rassure sur la réforme de la Santé qui sera plus soutenue budgétairement en 2024 avec la poursuite du renforcement de l’infrastructure sanitaire (construction des CHU, valorisation des ressources humaines..etc. Pour cette raison, le gouvernement a doté le département de Khalid Ait Taleb d’une enveloppe additionnelle de 2,6 milliards de dirhams, portant ainsi le budget total de la Santé à 31 milliards de dirhams. 
 
Il en est de même pour le secteur de l'Éducation dont la réforme requiert des efforts budgétaires exceptionnels. 5 milliards de dirhams supplémentaires seront orientés vers le département de Chakib Benmoussa afin d’assurer la mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026. Ces fonds additionnels seront utiles pour le ministère de tutelle qui doit financer la réforme du Statut unifié des fonctionnaires de l’Education nationale dont les avantages considérables accordés au staff éducatif et notamment les valorisations salariales coûteront près de 2,5 milliards de dirhams par an. Le ministère a besoin de ce budget supplémentaire pour financer d’autres projets prioritaires tels que les écoles pionnières et la généralisation du préscolaire, dont 4000 nouveaux établissements verront le jour chaque année. 
 
Le PLF 2024 vise également à poursuivre l’exécution du programme Awrach qui a été maintenu  dans le but  de créer 250.000 emplois. Pour ce qui est du programme FORSA qui a pour vocation d’accompagner 10.000 porteurs de projets, le gouvernement prévoit d'en faire une évaluation globale. 
 
Toujours sur l’emploi, le gouvernement a augmenté les postes budgétaires qui passeront à 50.034 au lieu de 48.212 créés en 2023. En parallèle, l’Exécutif est appelé à honorer les engagements pris dans le cadre du dialogue social surtout en ce qui concerne les salaires des fonctionnaires. Cela devrait coûter au total à l’Etat 10 milliards de dirhams dont 4,2 milliards en 2024. Pour rappel, le gouvernement a décidé d’augmenter le SMIG et le SMAG dans le secteur public.  Par ailleurs, l’année 2024 sera celle du lancement des aides au logement qui étaient très attendues. 
 
En gros, le gouvernement entend poursuivre la politique de la demande en augmentant l’investissement public qui franchira en 2024 un nouveau record. Les dépenses d’investissement atteindront 335 milliards de dirhams, soit une hausse de 35 milliards par rapport  à 2023. Dans ce sens, l’Exécutif entend donner une nouvelle impulsion à la Charte de l’investissement qui vise à encourager le secteur privé à investir davantage à travers des primes sectorielles et territoriales dans l’espoir d’augmenter sa part dans l’investissement global à deux tiers en 2035. 
 
Un effort budgétaire aussi important oblige le gouvernement à rester vigilant quant à l’endettement.  Raison pour laquelle l’Exécutif va poursuivre la réforme fiscale en 2024 en donnant la priorité à la réforme de la TVA et la fiscalisation du secteur informel.

Ces efforts qui s’ajoutent à la rationalisation des dépenses  et à l’optimisation fiscale devraient aboutir à maîtriser le déficit à hauteur de 4% en 2024. C’est en tout cas l’objectif du gouvernement qui vise à atteindre 3,7% de croissance après une piètre performance réalisée pendant l’année courante où le Royaume ne dépassera pas 1,3%. Ceci dit, le Maroc veut consolider les acquis sociaux et l’édifice de l’Etat social tout en préservant les équilibres macroéconomiques afin d’améliorer sa notation à l’étranger et pouvoir ainsi garantir sa solvabilité auprès des marchés internationaux et des instances financières internationales. Rappelons à cet égard, que le gouvernement a obtenu 5 milliards de dollars du FMI dans le cadre de la ligne modulable et 1,3 milliards du Fonds de résilience et de durabilité.
 








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