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Ordures ménagères : Les dérives d’une gestion communale en dérive


Rédigé par Souhail AMRABI le Jeudi 20 Juin 2024



Ordures ménagères : Les dérives d’une gestion communale en dérive
Les Marocains qui ont la chance de vivre dans des zones bien gérées en matière de ramassage et d’évacuation des ordures ménagères ne se rendent compte de leur statut de privilégiés qu’aux lendemains d’occasions comme celle qui vient de passer de l’Aïd El Kbir. Réputée pour générer des quantités astronomiques de déchets organiques aussi encombrants que malodorants, pour ne pas dire nauséabonds, cette fête religieuse pose chaque année un véritable défi aux instances en charge de la gestion des services de voirie, imposant la mise en place de dispositifs renforcés qui doivent de surcroît opérer avec une grande célérité. Il faut dire qu’entre les résidus des panses de moutons dépecés et vidés, les reliquats de litières souillées, sans oublier les centaines de tonnes de fragments d’os, de viscères et de peaux putréfiés, ces services n’ont d’autres choix que d’agir avec minutie et rapidité. D’autant plus lorsque le thermomètre affiche des températures caniculaires qui accélèrent le processus de putréfaction, avec tout ce que cela génère comme nuisances olfactives et sanitaires.

Si dans la plupart des villes et des villages marocains, la gestion des déchets ménagers est impartie à des entreprises spécialisées moyennant des conventions de gestion déléguée signées avec les instances communales élues, il existe nombre de petites et moyennes communes où cette gestion est directement assurée par les services communaux. Et c’est là où les choses se compliquent parfois. Alors que certaines communes, généralement peu peuplées, ont su mettre en place un système artisanal mais efficace de gestion de leurs ordures ménagères, d’autres, en revanche, confrontées à l’augmentation exponentielle de leur population et par ricochet du tonnage des déchets ménagers à gérer, ont tout simplement rendu leur tablier. C’est notamment le cas de la commune d’Oued Cherrat qui suffoque depuis des mois sous le poids et les odeurs de ses ordures ménagères. 

Dans cette jolie région en plein essor, située à quelques kilomètres de la capitale des lumières, Rabat, et réputée pour ses belles plages, la population n’en peut plus de supporter les effets d’une gestion communale en quasi-faillite et dont témoignent les tonnes de détritus qui s’amoncellent depuis des mois aux alentours des nombreuses résidences balnéaires, drainant dans leur sillage nauséabond des nuées de mouches et de moustiques, sans oublier les hordes de cafards et de chiens errants. Cette situation catastrophique d’un point de vue sanitaire, serait due selon les avares explications des élus de la région à leur incapacité à trouver une alternative à la décharge publique de Mohammedia où les déchets d’Oued Cherrat ne sont plus les bienvenus depuis plusieurs mois.

En attendant la résolution de cette situation devenue intenable et au moment même où la Direction des Impôts vient de durcir sa procédure de recouvrement des arriérés de la taxe d’habitation et des services communaux sur les résidences secondaires, les habitants de cette région sanitairement sinistrée réfléchissent sérieusement à lancer un mouvement collectif de désobéissance fiscale pour faire entendre leur voix. Logique. 



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