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Actu Maroc

Oléiculture : Un fleuron national agricole à mi-chemin de l’épanouissement


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Mercredi 1 Décembre 2021

Après plusieurs étapes franchies ces dernières années, le défi actuel de la filière oléicole nationale est de tirer le meilleur profit de son potentiel pour augmenter ses volumes destinés à l’export.



Avec près de 65% de la superficie arboricole nationale, l’olivier est considéré comme la principale espèce fruitière cultivée au Maroc. Enracinée dans une dizaine de régions du Royaume, cette espèce est présente sur l’ensemble du territoire national en raison de ses capacités d’adaptation à tous les étages bioclimatiques, allant des zones de montagne aux zones arides sahariennes. Elle assure, de ce fait, des fonctions multiples dont la lutte contre l’érosion, la valorisation des terres agricoles et la fixation des populations dans les zones rurales.

Pour ces raisons, l’oléiculture nationale assure une activité agricole intense essentielle dans l’économie marocaine par sa contribution au soutien des populations de certaines régions dont elle constitue une des principales sources de revenu, permettant ainsi de générer plus de 51 millions journées de travail par an (13% de l’ensemble des journées de travail offertes par le secteur agricole), soit l’équivalent de 380.000 emplois permanents.

La production oléicole en 2021

« La filière oléicole a bénéficié d’une importance privilégiée dans la stratégie Maroc Vert. Cela a donné lieu à des avancées importantes en termes de superficies, de production et de transformation. La production totale a oscillé durant ces dernières années entre 1.4 et 1.9 tonnes par an. Durant les deux dernières années, nous avons enregistré une production moyenne annuelle autour de 1.6 million de tonnes », explique Mohamed Khannoufi, directeur de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de l’Olive (INTERPROLIVE).

En 2018, la filière oléicole a été marquée par une production record qui a dépassé les 2 millions de tonnes. « Pour cette année 2021, les prévisions sont actuellement autour de 1.9 million de tonnes. Nous espérions une production plus importante, mais les conditions climatiques enregistrées durant ces derniers mois ont impacté la filière qui a cependant enregistré une amélioration de 20% environ par rapport à l’année dernière », précise la même source. Le potentiel à l’export.

Grâce au plan oléicole, le Maroc s’est imposé au niveau international avec une offre de qualité en conserves d’olives et occupe aujourd’hui le 3ème rang des exportateurs internationaux. La moyenne annuelle des exportations des olives de table est de 88.000 tonnes, alors que la moyenne pour les exportations de l’huile d’olive est de 31.000 tonnes. Cela dit, le potentiel à l’export de cette filière est, selon les observateurs et acteurs du secteur, encore en deçà de ses capacités réelles.

« L’objectif que nous nous sommes fixé, dans le cadre de la nouvelle stratégie Génération Green, est d’atteindre 100.000 tonnes d’huiles d’olive exportées par année. Il s’agit donc de tripler le volume actuel. À cet effet, nous avons prévu tous les programmes pertinents pour atteindre cet objectif ambitieux. Je pense qu’on y arrivera, car nous avons le potentiel nécessaire », estime le directeur de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de l’Olive.

Oliviers et environnement

Concernant l’état sanitaire des oliviers, M. Khannoufi précise que la situation dépend des conditions climatiques en général. « Les niveaux des attaques varient d’une année à l’autre, mais généralement, les techniques de traitement sont maîtrisées. Pour les prochaines années, nous visons à travers la nouvelle stratégie d’améliorer les rendements d’une manière générale, ce qui passe entre autres par une maîtrise encore plus poussée des traitements phytosanitaires », explique-t-il.

D’un autre côté, le secteur oléicole se retrouve également face à un autre défi environnemental : la valorisation des déchets de la filière qui peuvent impacter négativement le milieu naturel. « Je préfère parler de sous-produits puisqu’il s’agit de matières valorisables autant pour l’alimentation du bétail que pour une utilisation énergétique en tant que combustible. Il existe par ailleurs une convention entre les divers départements concernés et les professionnels pour développer la filière de valorisation de ces sous-produits », précise le directeur de l’INTERPROLIVE. Un dossier dédié à la problématique des margines sera publié dans ces mêmes colonnes dans quelques jours. À suivre.

Oussama ABAOUSS

Repères

Les diverses variétés d’olives
L’oléiculture marocaine est constituée à 96% de la variété population «Picholine marocaine». Cette variété est utilisée autant pour la production d’huile que d’olives de table. Elle est d’une richesse normale en huile, mais elle demeure sensible à la maladie de l’OEil de paon. Le reste du patrimoine est constitué des variétés Meslala (olive de conserve) de Picholine du Langue Doc, Dehbia, concentrées essentiellement en irrigué (Haouz, Tadla, El Kelaâ), Ascolana dura, Manzanille, Frantoïo, Picual, Gordale Sévillane, etc.
 
Nouvelles normes pour l’olive
Publié il y a quelques semaines dans le Bulletin Officiel, l’acte administratif n°1339-21 fixant les dénominations et caractéristiques des olives de table va permettre de normaliser le mode de présentation, de fixer les caractéristiques physico-chimiques et de prévoir les mentions spécifiques à faire figurer au niveau de l’étiquetage. Les opérateurs concernés disposent d’un délai de neuf mois à compter de ladite date de publication pour se conformer aux dispositions prévues au niveau de cet arrêté.

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Oléiculture : Un fleuron national agricole à mi-chemin de l’épanouissement

Monde


Un ralentissement de l’industrie oléicole pour 2021-2020
 
Selon une note du Conseil Oléicole International (COI), tous les indicateurs de l’industrie mondiale de l’huile d’olive pour la campagne 2020-2021 devraient connaître un ralentissement après plusieurs années de croissance. Alors que la production devrait quasiment stagner à 3,19 millions de tonnes (-0,3 %), la consommation tournera autour de 3,18 millions de tonnes, soit un léger recul de 1,5 % par rapport à l’année dernière.

Du côté des échanges mondiaux, les importations et les exportations de l’oléagineux devraient rester identiques avec 950.000 tonnes chacun, soit des baisses respectives de 17 % et de 21 % comparativement à la saison 2019/2020. Si les raisons de cette tendance n’ont pas été explicitement indiquées, de nombreux observateurs les imputent à un contexte de mauvaise conjoncture économique liée à la pandémie de Coronavirus qui a fragilisé le pouvoir d’achat des consommateurs.

À noter que les principaux consommateurs de l’huile d’olive au niveau mondial sont la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et le Portugal.
 

Béni Mellal-Khénifra


Augmentation de la production oléicole pour la campagne 2022-2021
 
Le directeur régional de l’Agriculture à Béni Mellal-Khénifra, Hssain Rahaoui, a récemment annoncé que la production oléicole dans la région, au cours de la campagne agricole 2021-2022, est estimée à 216.000 tonnes contre 205.000 tonnes pour la campagne écoulée (2020-2021). Rappelant que la ville de Béni Mellal est de loin « la plus grande base de production d’huile d’olive du Royaume », le responsable a expliqué que la région (Béni Mellal-Khénifra) assure presque 20% de la production nationale.

Le patrimoine oléicole y constitue par ailleurs la principale essence fruitière, représentant ainsi près de 73% de la superficie arboricole totale et environ 13% de la superficie oléicole nationale. Les oliveraies de la région se trouvent concentrées surtout au niveau de la zone irriguée avec 67.400 ha plantés (63% de la superficie totale), la superficie bour s’élevant à 38.828 ha (37%).

La superficie productive est de plus de 88.000 ha, représentant environ 83% de la superficie oléicole totale, alors que la production oléicole de la région oscille en moyenne entre 200.000 à 240.000 tonnes. M. Rahaoui a également souligné que ce secteur joue un rôle socio-économique important dans la région à travers la création d’emplois pour plus de 3 à 4 millions de journées de travail.

À noter que d’importantes avancées ont été réalisées par cette filière dans le cadre du Plan agricole régional, notamment l’augmentation de la superficie plantée de 46% en passant de 73.000 ha en 2008 à 106.228 ha en 2020, avec la plantation de plus de 40.000 ha.
 

3 questions à Mohamed Khannoufi, directeur de l’INTERPROLIVE



« L’étape actuelle nécessite un appui des opérateurs pour optimiser le processus de commercialisation »
 
Directeur de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de l’Olive (INTERPROLIVE), Mohamed Khannoufi répond à nos questions sur la filière oléicole nationale.

 
- Quels sont les besoins et le bilan actuels de la filière oléicole au Maroc ?

- Le bilan pour ces dernières années est très positif puisque la filière a pu, entre autres, augmenter ses niveaux de production, mais également l’implantation d’unités modernes de trituration. Il y a eu beaucoup d’avancées en termes d’amélioration de la qualité. L’étape actuelle nécessite un appui des opérateurs pour continuer sur cet élan, mais surtout pour optimiser le processus de commercialisation. Il existe actuellement une offre importante que nous allons encore développer afin de renforcer les parts du marché traditionnel de la filière, mais également pour atteindre de nouveaux marchés.


- Qu’en est-il du segment bio de la filière ?


-Le créneau bio est très important dans la filière oléicole nationale, car il existe une demande croissante sur ce produit. Nous avons d’ailleurs retenu dans la nouvelle stratégie des programmes pour développer de nouvelles superficies en bio, la production d’huiles bio et bien sûr l’appui à la commercialisation. C’est un segment à fort potentiel qui prend une place de plus en plus privilégiée dans la filière. Il se développe rapidement et il y a beaucoup d’opérateurs qui se convertissent au bio. Le potentiel de conversion au bio est d’autant plus important puisqu’il existe plusieurs régions où ce genre de production peut se faire assez facilement.


- Le secteur oléicole se caractérise par une part non-négligeable d’informel. Comment percevez-vous ce problème ?


- Malheureusement, il y a effectivement une part d’informel dans le secteur qui concerne surtout le marché intérieur. Avec le ministère de l’Agriculture, nous prévoyons un certain nombre d’actions et de mesures afin de favoriser la reconversion progressive vers le formel d’un maximum d’opérateurs concernés. Cela permettra d’améliorer encore plus la valeur ajoutée du secteur et aura également un impact positif sur les opérateurs et le consommateur.

Recueillis par O. A.