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Nouvelle Constitution : Les Tunisiens aux urnes


Rédigé par L'Opinion le Lundi 25 Juillet 2022

Les Tunisiens votaient, lundi, lors d›un référendum sur un nouveau projet de Constitution qui accorde de larges pouvoirs au président Kais Saïed.



Nouvelle Constitution : Les Tunisiens aux urnes
Plus de 11.000 bureaux de vote étaient ouverts aux Tunisiens selon l’autorité électorale chargée d’organiser le référendum qui, selon Saïed, mettrait fin à la crise politique. Mais des opposants craignent que le référendum sape la démocratie issue de la révolution de 2011 en lui donnant un pouvoir quasi total.

Selon la Commission électorale, 9.296.064 électeurs se sont inscrits volontairement ou automatiquement pour participer au référendum, qui est rejeté par la plupart des partis politiques et critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme. Les 356.291 expatriés ont commencé à voter samedi et ont jusqu’à lundi pour faire entendre leur voix.

Le jour du référendum sera un jour férié immédiatement après le week-end. Le vote coïncide avec le premier anniversaire de l’établissement par Kais Saïed, de mesures restrictives, gelant les activités du Parlement, renversant le gouvernement, imposant l’état d’urgence et commençant à gouverner par décrets. La nouvelle Constitution devrait être acceptée par la population, tandis que l’opposition, en grande partie, a appelé au boycott du référendum.

Selon les règles du référendum, il n’y a pas besoin d’un seuil de taux minimum de participation pour adopter la nouvelle Constitution. Saïed a salué ses mesures comme base d’une nouvelle république tunisienne pour remettre la révolution sur les rails et mettre fin à des années de rigidité politique et de stagnation économique. Ses adversaires l’accusent de coup d’Etat.

Un plein pouvoir pour Saïed

La nouvelle Constitution stipule que le président assume le pouvoir exécutif avec l’aide d’un Premier ministre qu’il nomme et qu’il peut révoquer s’il le souhaite, sans que le Parlement n’y ait un rôle. Le président, commandant suprême des forces armées, a le pouvoir de fixer la politique générale de l’État et de définir ses choix fondamentaux, et ses projets de loi sont « prioritaires à l’examen » des parlementaires.

En outre, la fonction législative a été répartie entre le « Conseil des représentants du peuple », dont les députés sont élus au suffrage direct pour une durée de cinq ans, et le « Conseil national des régions », qui comprend des représentants élus de chaque région, sous condition de promulgation d’une loi définissant ses tâches. L’opposition et les organisations non gouvernementales dénoncent le nouveau texte, affirmant qu’il est « fait sur mesure » et que les pouvoirs sont limités au président, qui ne peut être démis de ses fonctions en vertu de la nouvelle Constitution, contrairement à ce qui était stipulé dans la Constitution de 2014.

En retour, le Président se voit accorder le droit de dissoudre le parlement et le Conseil national des régions. Cependant, bien que les partis politiques et les organisations de la société civile aient condamné son approche unilatérale de la réécriture de la Constitution et de la légitimité du référendum, ils n’ont pas réussi à construire un front uni.

 « Ceux qui protestent contre sont la cause des problèmes »

La scission s’est manifestée par des protestations contre Saïed ces derniers jours. Le parti Ennahda a participé à la manifestation samedi. Des organisations de la société civile et des petits partis ont organisé une manifestation vendredi. Seul un petit nombre de personnes a participé aux manifestations.

La plupart des Tunisiens sont toujours concentrés sur la détérioration de l’économie et les prix élevés. Mais le ralentissement économique depuis 2011 a laissé beaucoup de gens en colère contre les partis qui dirigent le pays depuis la révolution et déçus du système politique qu’ils dirigent. « Je ne soutiens pas Saïed, mais je voterai oui au référendum parce que ceux qui protestent contre lui sont la principale cause de nos problèmes au cours de la dernière décennie », a déclaré Mohammed, un habitant de Tripoli.

Parmi les trois élections législatives et présidentielles qui ont eu lieu deux fois depuis la révolution, le taux de participation le plus bas était de 41% en 2019 pour le conseil que Saïed avait dissous. Toute participation bien inférieure à cette moyenne lundi pourrait soulever davantage de questions sur la légitimité de la nouvelle Constitution et son projet de remodeler la politique tunisienne.

 


La participation, cette inconnue de l’équation

Combien d’électeurs se déplaceront aujourd’hui pour aller glisser leur bulletin dans l’urne ? C’est l’une des principales questions qui se posent. Les bureaux resteront ouverts entre 6h du matin et 22h, heure locale. Des horaires rallongés par rapport aux scrutins précédents, en ce jour férié qui marque la fête de la république tunisienne. « Il s’agit de donner plus de possibilités aux électeurs », explique Anis Ben Elmoudi. Le président de l’instance électorale régionale de l’Ariana fait remarquer que c’est l’été, que les Tunisiens vont à la plage ou à des cérémonies et que les températures sont élevées, pendant une partie de la journée.

Popularité de Kaïs Saïed, rejet des partis politiques, dont certains appellent au boycott... Pour de nombreux analystes, l’issue du scrutin fait peu de doutes. Reste à savoir si les électeurs se sentiront concernés par ce vote, ou si leurs préoccupations se situent ailleurs, alors que l’économie tunisienne se porte mal et que le chômage est élevé.

Aucun seuil minimal n’est requis, pour valider le scrutin. La réponse majoritaire l’emportera, quel que soit le taux de participation enregistré. Après le référendum, des élections législatives anticipées sont prévues le 17 décembre.
 








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