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Noureddine Moudiane : Le gouvernement appelé à la rescousse des éleveurs agressés


Rédigé par Safaa KSAANI le Mercredi 5 Août 2020

A la sècheresse vient s'ajouter l’agression contre les éleveurs dans un marché aux moutons de Casablanca. Le groupe istiqlalien pour l’Unité et l’Egalitarisme interpelle le gouvernement sur le sort des Kessaba spoliés.



Noureddine Moudiane : Le gouvernement appelé à la rescousse des éleveurs agressés
- Dans une question orale adressée, le 1er courant au président de la Chambre des Représentants, le groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme demande de rendre justice aux éleveurs attaqués dans un marché de bétail à Casablanca. A quel point ces éleveurs ont souffert de cette tragédie ?

- D’emblée, en tant que Parti de l’Istiqlal, nous trouvons que la moindre chose à faire au profit des agriculteurs et des éleveurs, victimes de violence, de vol et de jets de pierres dans un marché de bétail de la métropole, est de demander à les compenser financièrement, avant de poursuivre en justice les coupables. Il est primordial d’appliquer le principe de lier la responsabilité à la reddition des comptes. Avant toute considération, on doit apporter de la joie à ces éleveurs sinistrés, qui font partie, majoritairement, des familles fragiles. Malheureusement, les victimes qui ont subi ce préjudice physique et psychologique, travaillaient tout au long de l’année sous de dures conditions, dans le froid et la chaleur, pour voir enfin de compte leur argent et bétail volés en un clin d’oeil. Leur souffrance est psychologique également. Entre ceux qui ont perdu la raison, ceux qui ont déprimé et ceux qui souhaitent se suicider, plusieurs d’entre eux sont tombés malades psychiquement. Nous demandons au gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, de leur apporter la considération qu’ils méritent, et ce, dans les plus brefs délais, comme fait, il y a plus d’un mois, avec leurs semblables des régions ravagées par la tempête de grêle. 

Cette compensation permettra aux victimes de récupérer leurs droits et leur dignité, et d’encourager les éleveurs du royaume à continuer leur chemin.

- Cette scène tragique, prouve-t-elle que la sécurité est absente dans les marchés de bétail ? 

- Effectivement. L’accident a permis de se poser plusieurs interrogations. Où étaient les autorités locales ? Où étaient les agents de sécurité ? Comment s’est organisé ce marché ? Nous demandons alors à mener une enquête pour lier la responsabilité à la reddition des comptes. A ma connaissance, ces faits se sont produits dans d’autres marchés d’autres villes du royaume, en plus du marché de Hay El Hassani à Casablanca, dont la scène a fait le tour de la Toile. Ce qui est désolant.

- Quelles leçons peut-on tirer de ces faits ?

- Nous souhaitons que les responsables et les autorités compétentes tirent des leçons de cet accident, pour mettre en place un plan pour la bonne gestion et l’organisation des marchés. Un plan qui soit valable et applicable tout au long de l’année et non seulement à l’approche de la fête du sacrifice. La mauvaise organisation n’est plus admissible au 21ème siècle. La bonne image du Maroc, accumulée depuis des siècles, entre en jeux. Malgré les efforts fournis par les autorités pour attraper les coupables, leur poursuite en justice n’est pas la seule solution.

Recueillis par
Safaa Ksaani

Attaque du marché de bétail

Les mis en cause soumis à une enquête préliminaire 
Les opérations sécuritaires menées la veille de la fête du sacrifice, jeudi 30 juillet dernier, par les services du district de sûreté de Hay Hassani à Casablanca ont abouti à l’interpellation de 20 individus, dont huit mineurs, pour leur implication présumée dans des actes de violence, de vol et de jets de pierres dans un marché de bétail dans la région d’»Azmat». La séquence a provoqué une véritable indignation sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a indiqué que les éléments de la Sûreté nationale chargés de la sécurité de l’espace de vente de bétails étaient intervenus immédiatement après l’enregistrement de ces actes qui ont été accompagnés d’un échange de jets de pierres entre des citoyens et des vendeurs de bétails dans ledit marché. La DGSN ajoute que la nature et les motifs de ces actes font l’objet de recherches et d’enquêtes, notant que les interventions ont permis d’interpeller plusieurs individus impliqués dans ces actes criminels et de rétablir l’ordre dans le marché.

Ainsi, les mis en cause ont été soumis à une enquête préliminaire sous la supervision du parquet compétent pour élucider les tenants et aboutissants de cette affaire, indique le communiqué, faisant remarquer que jusqu’à présent les services de sécurité n’ont reçu aucune plainte pour vol en relation avec cette affaire, sur laquelle se poursuivent les recherches.

S. K

 

Repères

Les éleveurs face à la sécheresse et au confinement
Bien que moins touchées que les villes par la propagation du virus, les campagnes marocaines n’avaient déjà pas été épargnées par les répercussions économiques de la crise sanitaire. Le confinement général imposé pendant des semaines à partir de la mi-mars s’est ajouté à un sévère déficit des pluies. Dans ce contexte, nombre d’agriculteurs misaient sur la vente de leurs moutons pour réduire les pertes et rembourser les dettes. L’interdiction dimanche 26 juillet dernier, des entrées-sorties dans huit villes du pays est de mauvaise augure pour le commerce du bétail spécifiquement. 
La baisse des prix s’est confirmée cette année
Si l’offre en ovins et caprins destinés à l’abattage pour l’Aïd Al Adha est au même niveau que l’année dernière, la demande n’était pas au rendez-vous cette année. Le prix au kg variait cette année entre 30 et 35 DH, alors qu’il variait entre 47 et 51 DH l’année précédente. Les éleveurs ont ainsi perdu cette année environ 300 à 500 DH par tête, voire plus, à cause de la crise et de la basse demande. Selon des spécialistes, les prix des moutons ont connu une baisse, estimée à 10% par rapport à 2019.
Tempête de grêle à Fès-Meknès
La tempête de grêle, du 6 juin dernier, a fait des ravages dans la région Fès-Meknès, où des foyers ont été très endommagés par la perte de leurs récoltes agricoles. Les énormes dégâts ont mis à mal environ 20.000 hectares, affectant les fruits, les céréales, les arbres et les équipements, outre des répercussions négatives sur la main-d’œuvre. Sur le plan géographique, la dernière estimation quantitative du diagnostic a délimité la zone touchée à 31 communes dans 8 provinces, en l’occurrence, Boulemane, El Hajeb, Fès, Ifrane, Meknès, Moulay Yaâcoub, Sefrou et Taza.

  


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