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Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) : Les opportunités de création d’emplois grâce au commerce


Rédigé par Wolondouka SIDIBE Jeudi 3 Août 2023

Dans la région MENA, une réduction des coûts aiderait les pays à tirer parti de l’évolution de la demande extérieure et contribuerait à diffuser plus largement les avantages des accords commerciaux. Parmi ces mesures figurent notamment l’aide à la recherche d’emploi (information), la formation et d’autres politiques actives du marché du travail, indique un nouveau rapport de la Banque Mondiale. Grille de lecture.



C’est un rapport inédit que viennent de publier Nadir Mohammed, Roberta V. Gatti, Gladys Lopez-Acevedo et Raymond Robertson concernant la création d’emplois dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA). Ainsi, selon les auteurs, à la suite de la libéralisation des échanges dans cette partie du monde au début des années 2000, il a été constaté un véritable boum économique. 

Cette enquête, menée au compte de la Banque Mondiale entre 2000 et 2008, révèle que les échanges ont fortement augmenté, passant de 61 à 73% du PIB régional (en excluant les pays à revenu élevé). Pourtant, indique le document, la pauvreté, les inégalités, les bas salaires, l’économie informelle et la faible participation des femmes au marché du travail ont persisté durant ces années de croissance soutenue. Les gouvernements qui cherchent à promouvoir la stabilité au moyen d’une croissance économique durable et inclusive doivent impérativement améliorer les résultats sur le marché du travail.

Ce qui fait dire aux rédacteurs que la libéralisation des échanges (par la signature et la mise en œuvre d’accords commerciaux notamment) peut être un moteur de croissance économique, comme en témoignent de nombreux exemples à travers le monde.

Intitulé « Exportations : facteurs d’amélioration du marché du travail dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord », ce document explique pourquoi l’expansion du commerce international dans la région MENA n’a pas permis d’améliorer la situation sur le marché du travail. Pour ce faire, le rapport analyse l’évolution des flux commerciaux, la relation entre les chocs commerciaux et la création d’emplois, et le comportement des entreprises face à la libéralisation des échanges.

Il met en lumière les différences au sein de la région MENA, notamment les trois pays aux profils variés : l’Égypte, le Maroc et la Tunisie. Les premières conclusions montrent que les accords commerciaux dans la région MENA ont entraîné une hausse des échanges. Entre 1990 et 2019, les trois pays ont signé de nombreux accords commerciaux régionaux et abaissé les droits de douane, ce qui a entraîné une augmentation des flux commerciaux. 

Mieux, entre 1998 et 2022, par exemple, l’Égypte et le Maroc ont mis en œuvre sept accords commerciaux régionaux (ACR) chacun, et la Tunisie quatre. Comme on pouvait s’y attendre, la croissance économique a suivi la progression des flux commerciaux.

Mais, explique le rapport, le commerce n’a pas nécessairement donné lieu à une amélioration des résultats sur le marché du travail. Malgré les conséquences positives des nombreux ACR sur la croissance économique, le marché du travail ne s’est pas amélioré comme anticipé en Égypte, au Maroc et en Tunisie. L’évolution des flux commerciaux et la signature de nouveaux accords produisent des gagnants et des perdants. 

En outre, d’après les estimations pour la Tunisie, une augmentation d’un milliard de dollars de l’ouverture aux exportations s’accompagne d’une diminution moyenne de 6,8 points de pourcentage du taux d’emploi des femmes par rapport à celui des hommes. Pour les rédacteurs, les conclusions du rapport concordent avec les indicateurs globaux faisant état d’un accès aux opportunités d’emploi bien moindre chez les femmes de la région MENA que dans les autres régions en développement. 

Il ressort du rapport que les exportations ont favorisé les secteurs à forte intensité de main d’œuvre masculine. Il note, par ailleurs, que la segmentation sexuelle des métiers et des secteurs d’activité crée des obstacles qui limitent la capacité des femmes à accéder à des secteurs en expansion et à tirer parti de la croissance des exportations.

Dans son analyse, le rapport révèle que le chômage reste élevé, en particulier chez les femmes et les jeunes. Idem concernant la hausse de la demande extérieure, qui a été concentrée dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre masculine, ce qui a limité les possibilités d’emploi pour les femmes.

Au Maroc et en Tunisie, les politiques commerciales ont réduit les activités informelles, mais ont dissuadé les femmes de rejoindre le marché du travail. Alors que la hausse des exportations a favorisé l’emploi en Égypte, les salaires réels ont baissé et on n’a pas observé d’amélioration significative sur le plan de l’informalité ou de la participation des femmes au marché du travail. En outre, d’après les estimations pour la Tunisie, une augmentation d’un milliard de dollars de l’ouverture aux exportations s’accompagne d’une diminution moyenne de 6,8 points de pourcentage du taux d’emploi des femmes par rapport à celui des hommes.

Dans ses recommandations, le rapport estime que les pays de la région peuvent toutefois créer des marchés du travail plus inclusifs et plus durables s’ils mettent en œuvre les politiques ciblées présentées dans le rapport, en s’attaquant au chômage, aux biais sexistes et à la répartition inégale des bénéfices du commerce international.

Il s’agit, entre autres, de poursuivre l’expansion des échanges. Puisque les accords commerciaux semblent fonctionner, il convient d’encourager l’élargissement du portefeuille d’accords pour les partenaires de la région MENA. L’intégration commerciale régionale est essentielle, car plus la distance augmente, moins les accords commerciaux sont efficaces.

Par exemple, fait remarquer le document, les secteurs qui se sont développés au moment de la libéralisation du commerce étaient plutôt capitalistiques, ce qui nécessite souvent une formation plus poussée dans le domaine des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Tout comme subventionner l’éducation et la formation des femmes à ces compétences dans les secteurs exportateurs à forte demande peut permettre de faire tomber les barrières et de diffuser plus largement les bénéfices des accords commerciaux.
 
Wolondouka SIDIBE








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