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Métiers du digital et de l’Offshoring : Les mesures prioritaires que les professionnels recommandent au gouvernement


Rédigé par A. CHANNAJE le Jeudi 25 Février 2021

Le Chef du gouvernement s’est réuni récemment avec une délégation de l’APEBI à propos de la création d’emploi dans les métiers du digital et de l’Offshoring



Métiers du digital et de l’Offshoring : Les mesures prioritaires que les professionnels recommandent au gouvernement
L’Offshoring au Maroc connaît un développement prospère et un franc succès sur le terrain puisqu’il représentait 110.000 emplois, 3% du PIB et plus de 13 milliards de DH à l’export fin 2019. De plus, le Royaume est devenu une destination Offshoring reconnue dans le monde et compte aujourd’hui plusieurs références internationales. Bien plus, de l’avis des experts, le secteur a démontré une forte résilience pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. 

Malgré cela subsistent des difficultés en matière de création d’emploi dans les métiers du digital et de l’Offshoring. Cette problématique était au cœur d’une récente rencontre entre les professionnels du secteur, représentés par la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information et de l’Offshoring (APEBI) et le Chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani.

Cette rencontre a été l’occasion ainsi de revenir sur la circulaire 22/2020, signée en décembre 2020, pour le soutien du secteur de l’Offshoring. Cette publication prévoit une offre concernant notamment la formation, l’amélioration de la compétitivité et la mobilisation d’unités industrielles intégrées et réservées aux activités de l’offshoring, tout en disposant de structures d’accueil et de télécommunications à des standards élevés. L’objectif étant, selon la circulaire, de réaliser et consolider l’attractivité de la destination Maroc pour les affaires et son positionnement parmi les pays leaders en offshoring. Cette offre s’adapte aux besoins des entreprises œuvrant dans l’offshoring. Un secteur stratégique, il faut le dire, qui a pu obtenir de la part du gouvernement quelques privilèges, dont le maintien des avantages au niveau de l’IS, la digitalisation des procédures d’octroi des incentives et le remboursement des formations effectuées à distance.

Citant une étude réalisée dans le cadre de la structure d’animation offshoring, la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information et de l’Offshoring a souligné aussi au Chef du gouvernement que le potentiel de création d’emploi dans le secteur est considérable : près de 50.000 emplois à l’horizon 2023.

L’APEBI a noté également qu’elle a entamé des discussions avec des bailleurs de fonds internationaux afin de financer des formations et ainsi anticiper la mutation des métiers classiques, tels que les métiers de la relation client ou les métiers manuels à faible prérequis intellectuel.

Les Freelancers, une population peu valorisée au Maroc

Autre sujet abordé lors de cette audience et relatif aux freelancers : selon l’APEBI, cette partie des ressources humaines représente une opportunité de taille pour créer une communauté de compétences à forte valeur ajoutée pour l’économie du pays.

L’APEBI a indiqué, à cet égard, qu’elle a soutenu et accompagne actuellement le programme Offshoreurs Auto-entrepreneurs (Moroccan Freelancers), initié par le ministère de tutelle, dont la finalité est de former 200.000 jeunes sur quatre ans pour être autonomes et auto-entreprendre.

L’APEBI a par ailleurs confirmé son engagement auprès de l’ADD (Alliance pour le Développement du Digital) et noté avec satisfaction la qualité de coopération avec cette dernière.

Lors de sa rencontre avec le Chef de l’Exécutif, la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information et de l’Offshoring a fait savoir, par ailleurs, qu’elle a mis en avant le lien étroit entre la digitalisation des industries marocaines et leur compétitivité et performance. Une transformation de fond qui concernera, en plus de l’outil de production et les processus de managements, les profils des salariés qui seront à réinventer.

Elle a révélé également son engagement avec les acteurs publics et les partenaires sociaux afin d’offrir les meilleurs outils dédiés à l’accompagnement des compétences marocaines dans leur évolution digitale (télétravail, temps partiel, nouvelles formes de travail, formation, etc.). Autre élément soulevé lors de cette rencontre par l’APEBI : la création d’un écosystème de startups est indissociable à toute stratégie digitale d’un pays. Les pépinières d’entreprises technologiques et innovantes contribuent au recrutement des jeunes talents et facilitent leur intégration dans le monde professionnel.

L’APEBI a insisté ainsi sur l’urgence de libérer le texte qui définit la nouvelle charte d’investissement avec sa composante concernant les Startups : le “Startup Act”.

Comment décentraliser la création d’emploi

Elle a souligné, en outre, qu’elle a ouvert un chantier majeur, en étroite collaboration avec les CRI, dans la perspective de créer un réseau de « Zones d’Accélération Digitale » dans différentes régions. Ces zones intégrées d’innovation digitale regrouperont des centres de recherche universitaires, des startups marocaines et africaines à fort potentiel, des incubateurs, des centres de formation/reconversion, des sociétés en forte démarche de digitalisation. L’idée d’inciter les régions à proposer une déclinaison digitale de leur PDR a été également abordée.

Face à ces défis, l’APEBI a sollicité le soutien du gouvernement pour la mise en œuvre de quatre mesures prioritaires. D’abord, soutenir la création de centres d’excellences et de plateformes de reconversion professionnelle, dédiées au digital, des jeunes en situation difficile ou en phase de transition. La deuxième mesure préconisée est de renforcer le développement de l’écosystème des freelancers à travers la formation professionnelle et leur intégration dans l’économie numérique. Quant à la troisième, il est recommandé d’accompagner la transition digitale des régions marocaines à travers la création de Plans de Développement Régional (PDR) Digitaux.

Il s’agit enfin de soutenir la création de l’écosystème des « startups » en rendant opérationnel le « Start-up Act ». Une initiative qui permettra aux entreprises bénéficiaires de mettre en place un environnement adéquat pour mieux explorer les opportunités de création de valeur, de leur permettre un meilleur accès à l’information, de les assister dans la construction de leur réseau, de les aider à obtenir des financements, à accéder aux marchés et à obtenir leurs premières commandes.

A. CHANNAJE
Les trois métiers classiques de l’offshoring
Selon MEDZ, filiale du Groupe CDG, les trois métiers classiques de l’offshoring dans lesquels le Maroc est actuellement positionné sont :
- ITO (information technology outsourcing) ou les technologies d’information, c’est l’externalisation de l’ensemble des services et des activités liés au système d’information ;

- BPO (Business processes outsourcing) ou l’externalisation des processus d’affaires, notamment les fonctions supports d’une entreprise ;

- CRM (Client relation manager) ou la gestion de la relation client qui repose essentiellement sur le service après-vente, le télémarketing et les activités de télévente. L’objectif d’un CRM est d’entretenir les relations avec les clients en offrant des interactions personnalisées et en automatisant les tâches qui peuvent l’être. Les deux premiers représentent un gros potentiel d’avenir. Le troisième, le CRM, va se stabiliser car son expansion sera freinée par la montée en puissance de l’automatisation.

Repères

4 métiers du « digital » en croissance
Actuellement dans le monde, quatre fonctions dans le « digital » font partie des plus recherchées :

– UX/UI Designer (spécialiste expérience/interface utilisateur) ;
– Data analyst (expert des données) ;
– Traffic Manager (gestionnaire de trafic web) ;
– Chef de projet numérique.

Définition du concept « offshoring »
L’offshoring, qui est un phénomène naissant de la délocalisation de services, intervient lorsqu’une entreprise délocalise certaines de ses activités, qu’il s’agisse de services informatiques, de processus commerciaux ou encore de réseaux convergents, dans un autre pays. Objectif: bénéficier, soit d’un savoir-faire très pointu, soit d’une législation du travail plus avantageuse sur le plan fiscal ou salarial, ou les deux à la fois, ce qui est encore mieux. L’époque où les multinationales préféraient délocaliser leurs activités dans des pays d’Outre-Mer, comme la Chine ou encore l’Inde, est bien révolue. Cette forme de délocalisation comprend, en effet, nombre de coûts cachés et d’obstacles. Les entreprises, européennes notamment, la découvrent aujourd’hui. Elles sont déçues de découvrir que les avantages tirés d’une implantation dans de tels pays ne livrent pas les économies escomptées et qu’elles doivent souvent se contenter de réductions minimes.
Le Maroc de plus en plus connecté
Le dernier rapport Digital 2021, publié par We Are Social et Hootsuite, montre que le Maroc comptait 27,62 millions d’internautes en janvier dernier. Le nombre d’internautes a augmenté de 2,3 millions (+9,1%) entre 2020 et 2021. En janvier 2021, il y avait 22 millions d’utilisateurs de médias sociaux. Aussi, le nombre d’utilisateurs de réseaux sociaux au Maroc a augmenté de 4,0 millions (+22%) entre 2020 et 2021. Ce nombre était équivalent à 59,3 % de la population totale en janvier 2021. Pour ce qui est du moyen de connectivité, les Marocains semblent privilégier le téléphone. En effet, Il y avait 43,47 millions de connexions mobiles au Maroc en janvier 2021.