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Actu Maroc

Mesures restrictives : Face à la grogne des professionnels, un allégement à l’horizon


Rédigé par Hiba CHAKER le Dimanche 26 Septembre 2021

Face aux demandes accrues de la société civile et des professionnels de secteurs fortement impactés par la crise tels que les hammams et les salles de sports, le Comité scientifique devrait donner en début de cette semaine un avis favorable pour l’allégement des mesures restrictives.



Depuis plus de cinq semaines, le Maroc connaît une diminution notable des taux de contaminations et des décès, au point que bon nombre d’experts plaident pour un assouplissement des mesures restrictives.

Dans cette perspective, le Dr Saïd Afif, membre du Comité scientifique de la vaccination anti- Covid, a annoncé lors d’un passage à 2M que «l’amélioration de la situation épidémiologique au Maroc permet au Comité scientifique de donner ses recommandations au ministère de la Santé pour assouplir les restrictions», notant que cette mesure serait «l’équivalent d’une récompense pour les citoyens qui ont bien respecté les gestes barrières et les indications des autorités sanitaires».

Pour corroborer ses propos, Dr Saïd Afif a donné l’exemple des élections, durant lesquelles des millions de personnes se sont dirigées vers les urnes et, pourtant, aucun cluster n’a été enregistré, ce qui prouve que les gestes barrières étaient au rendez-vous. Outre les indicateurs épidémiologiques, cet assouplissement est également justifié, selon le Dr Afif, par la progression prometteuse de la campagne de vaccination, le rythme d’approvisionnement des doses de vaccins et les stocks encore disponibles.

«Avec un taux de vaccination qui, très prochainement, atteindra 70%, il est normal de penser à un retour à la quasi-normalité», a expliqué le Dr Afif, tout en plaidant en faveur de l’ouverture des hammams, salles de fêtes et cinémas avec une capacité d’accueil limitée. L’objectif est de permettre à ces secteurs sinistrés de respirer, a-t-il conclu.

Ces propos ressemblent à ceux de Azeddine Ibrahimi, membre du Comité scientifique, qui plaide pour leur assouplissement le plus tôt possible. « Il est temps d’oser scientifiquement et pratiquement d’alléger les restrictions », a écrit l’expert émérite dans un post sur son compte Facebook, appelant à un retour progressif à la vie normale.

Le ras-le-bol des professionnels

Au moment où le Maroc semble maîtriser la recrudescence de la pandémie, les voix des professionnels de secteurs impactés, tels que les hammams et les salles de sports, s’élèvent pour demander un assouplissement des restrictions. Un dialogue doit être engagé avec le nouveau gouvernement afin de mettre en place un véritable plan de relance pour l’ensemble de l’industrie du sport, qui a également un rôle important à jouer dans les domaines économique, social et sanitaire, a déclaré M. Sekkouri Alaoui.

Le président de la FMPS a souligné que l’industrie du sport a été particulièrement touchée par la pandémie dans tous les secteurs qui la composent. « L’événementiel sportif n’a jamais repris, les salles de sports ont refermé et les investissements en infrastructures n’ont jamais été aussi bas », a-t-il déploré.

Selon une étude menée par STADIA et la School of Sports Management en mars dernier, l’activité a diminué de 64%, a indiqué le professeur Sekkouri, notant que cette crise sanitaire était tout de même à l’origine d’un grand nombre de startups spécialisées dans le sport. Impactés plus que jamais, les professionnels des hammams ont, pour leur part, également pointé du doigt le gouvernement d’El Othmani pour la situation critique que vit le secteur aujourd’hui.

Abderahmane Al-Hadrami, chef de l’Union régionale des propriétaires de bains dans la région de Casablanca-Settat, a annoncé, samedi, que « les professionnels du secteur enverront une lettre aux secrétaires généraux de la coalition tripartite qui dirigera le nouveau gouvernement, afin de les exhorter à respecter ce que le gouvernement sortant a déclaré, notamment le soutien promis aux professionnels du secteur ».

Le porte-parole a ajouté que le nouveau gouvernement, dirigé par Aziz Akhannouch, «est appelé aujourd’hui, dès sa formation, à prendre la décision d’ouvrir les hammams vu la crise économique qui impacte aujourd’hui beaucoup des professionnels du secteur comme les « Tyabate » ou les « Kassals » vivant dans la précarité depuis plus d’une année  ».
 
Hiba CHAKER