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Médicaments : Les syndicats plaident pour des prix abordables et pour le droit de substitution


Rédigé par Anass Machloukh le Samedi 9 Juillet 2022

La nouvelle politique du médicament fait l’objet de discussions intenses entre le ministère de la Santé et les pharmaciens. La révision des prix demeure l’un des enjeux principaux de cette réforme. Les pharmaciens plaident pour un nouveau système qui garantit à la fois des prix accessibles et des marges assez suffisantes. Mohammed Lehbabi, président de la Confédération des syndicats des pharmaciens d’officine nous en parle. Détails.




Le gouvernement continue d’avancer dans le chantier de généralisation de l’assurance-maladie obligatoire (AMO), en intégrant les différentes professions libérales et des travailleurs non-salariés. Comme 22 millions de Marocains auront droit à la couverture médicale d’ici 2023, on s’attendrait à une hausse palpable de la demande sur les médicaments, dont le prix n’a eu de cesse de baisser au cours des dernières années. Comme la pression augmentera sur les caisses de sécurité sociale qui feront face à des dépenses élevées en termes de remboursement, quelques pharmaciens d’officine que nous avons interrogés, ont fait part de leur crainte de voir leurs marges baisser. Une baisse qui n’a pas lieu d’être selon Mohammed Lahbabi, président de la confédération des syndicats des pharmaciens d'officine.

En effet, les médicaments sont tarifés selon une grille constituée de quatre tranches en fonction des prix. Le problème réside dans la quatrième tranche qui englobe les médicaments des pathologies lourdes er de longue durée, et qui constituent la grande part des dépenses des caisses des organismes de prévoyance sociale en matière des médicaments. La cherté des prix de cette tranche de médicaments constitue une vraie entrave l’accès des citoyens. « Pour cette raison, nous revendiquons d’établir un prix juste pour ces médicaments afin de les rendre plus accessibles », nous explique M. Lahbabi, ajoutant qu’il faudrait également agir sur le côté fiscal.

Selon notre interlocuteur, la taxation des médicaments de la tranche quatre est telle que la marge bénéficiaire forfaitaire brut du pharmacien est figée. « Quel que soit le prix du médicament de cette tranche, la marge du pharmacien ne peut dépasser 400 dirhams », précise-t-il.

À cause de la taxation, telle qu’appliquée aujourd’hui, le pharmacien se trouve obligé, dans certains cas, de payer des impôts supérieurs aux marges forfaitaires. « Quand les prix des médicaments varient entre 2000 et 10.000 dirhams, cela ne pose pas de problèmes, mais quand le prix est supérieur à 10.000, nous payons plus que les marges que nous dégageons. Là, c’est problématique puisque nous vendons à perte, ce qui est contraire au Code du Commerce », poursuit le président de la confédération, en qualifiant cette situation de « dumping ».

Aujourd’hui, le gouvernement cherche, en concertation avec les professionnels du secteur, à réformer le décret n°2-13-852, relatif aux modalités de fixation des prix publics de vente des médicaments fabriqués localement ou importés. Mohammed Lahbabi estime que cette réforme doit se faire de telle sorte que les prix des médicaments de la tranche 4 baissent tout en laissant aux pharmaciens une marge assez suffisante pour payer leurs impôts et dégager un profit, aussi modique soit-il. « C’est notre raison de vivre », plaide-t-il, appelant à trouver un équilibre bénéfique aussi bien pour les caisses des organismes de prévoyance sociale que pour le pharmacien d’officine.

Les pharmaciens d’officine luttent pour subsister !

Si les pharmaciens refusent toute dépréciation des marges, c’est parce qu’ils jugent que leur situation financière n’a eu de cesse de se détériorer au fil des années. M. Lahbabi cite une étude de la Direction du Médicament et de la Pharmacie subordonnée au ministère de la Santé, qui indique qu’un tiers des pharmaciens d’officine gagnent une moyenne de 5000 dirhams par mois.

Au moment où les discussions s’enchaînent avec le ministère de tutelle sur l’accessibilité des médicaments, les professionnels plaident pour une révision qui soit juste et équitable. « Nous sommes actuellement en train de voir comment pallier cette difficulté afin d’aboutir à un système qui garantit les équilibres financiers des Caisses de prévoyance d’une part, et d’autre part ajuster les prix sans que cela ne se fasse au détriment du pharmacien », ajoute notre interlocuteur, affirmant que tout le monde est engagé pour faire réussir le chantier royal de la généralisation de la couverture sociale.
Concernant les médicaments de tranche 1,2 et 3, leur marge ne doit pas être touchée, poursuit M. Lahbabi, pointant du doigt les risques que pourrait avoir une baisse drastique des prix. Selon lui, « si la politique de la baisse des prix se poursuit, beaucoup de produits disparaîtront des officines pour autant que les laboratoires ne seraient plus intéressés à les produire à perte, sachant que les prix des matières premières ne cessent d’augmenter sur le marché international ».

Pour le droit de substitution

Ici, l’enjeu est de préserver l’industrie nationale pour booster sa capacité à satisfaire plus la demande à hauteur de 70%. « Pour ce faire, il faudra absolument développer la production du médicament générique et accorder aux pharmaciens le droit de substitution », plaide M. Lahbabi, évoquant l’exemple de plusieurs pays du voisinage qui ont d’ores et déjà accordé cette possibilité aux pharmaciens.
 








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