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Maroc post Covid-19 : Les six grands défis à relever, selon le FMA


Rédigé par A. CHANNAJE le Vendredi 28 Août 2020

Sous l’effet des retombées du Covid-19, le Fonds Monétaire Arabe (FMA) s’attend à une contraction de l’économie marocaine de 2,5% en 2020. En revanche, une croissance de 4,2% est attendue en 2021.



Maroc post Covid-19 : Les six grands défis à relever, selon le FMA
Dans son rapport fraîchement publié qui traite des perspectives économiques arabes pour les années 2020 et 2021, le FMA explique que, sous l’effet combiné du Covid-19 et des conditions climatiques défavorables, deux facteurs devraient affecter de manière significative la croissance économique nationale, à savoir la baisse de la demande extérieure et la fermeture totale ou partielle de nombreuses activités économiques orientées vers l’export. 

« L’évolution de la production agricole, qui reste dépendante des conditions climatiques, est considérée aussi comme l’un des facteurs qui devrait affecter la croissance économique », souligne la même source.

Ainsi, sous l’effet combiné du Covid-19 et des mesures prises pour limiter la propagation de la pandémie, en plus des conditions climatiques non favorables, le FMA anticipe un déclin de l’économie marocaine de 2,5% en 2020. Il prévoit aussi une baisse de la valeur ajoutée agricole et la production non agricole respectivement de 6,4% et 3,5%. La même contre-performance sera observée au niveau du déficit du compte courant puisqu’il devrait augmenter à 3,10% du PIB en 2020, après avoir enregistré 1,4% en 2019.

Pour 2021, l’institution monétaire arabe se montre plutôt optimiste, pronostiquant une croissance économique de 4,2%, reflétant l’amélioration attendue de 12,4% de la production agricole et de l’augmentation prévue de 3,1% de la production dans les activités non agricoles.

Les grandes réformes structurelles seront retardées

Autre élément soulevé par le FMA : le repli de l’activité économique, causé par les mesures relatives surtout à l’état d’urgence sanitaire, a fait baisser les ressources fiscales (TVA, impôts sur le revenu,…). Du coup, le déficit budgétaire devrait augmenter de 7,3% pour atteindre 6,7% du PIB en 2020.

D’après les économistes du FMA, ces risques vont sûrement retarder les grandes réformes structurelles, y compris les réformes importantes du système fiscal. « Dans le cadre des efforts proactifs entrepris par le gouvernement pour faire face aux répercussions économiques directes et indirectes de l’épidémie de Coronavirus sur l’économie nationale, le Comité de Veille Economique, dirigé par le ministre de l’Economie, a été créé afin d’évaluer l’impact de la pandémie sur l’économie et d’adopter des mesures d’assouplissement pour soutenir les secteurs affectés », tient à rappeler le FMA.

La priorité a été donnée, à cet égard, à l’action sociale au profit des travailleurs ayant cessé de travailler. Des mesures ont été, par la suite, prises au profit des secteurs les plus touchés.

Dans le même souci et afin de faire face aux retombées dévastatrices de la crise sanitaire, les pouvoirs publics ont exhorté, à l’exception des secteurs de la Santé, de l’Education et de la Sécurité nationale, les administrations et les entreprises publiques à rationaliser leurs dépenses.

Dans la foulée, le FMA souligne une autre mesure aussi importante, citée pas mal de fois par les médias étrangers. Il s’agit du Fonds de gestion du Coronavirus. « SM le Roi a appelé à la création d’un compte intitulé «Le Fonds spécial pour la gestion et la réponse à l’épidémie de Coronavirus» pour le financement des mesures préventives pour lutter contre la pandémie. D’un montant de 10 milliards de dirhams, ce Fonds a pour principale finalité la modernisation et l’installation d’infrastructures pour le secteur de la Santé, octroi d’aide aux familles pauvres et aux secteurs économiques touchés. 

Grâce aux dons des citoyens et des entreprises, ce Fonds était jusqu’à mai dernier de 33 milliards de dirhams, ajoute la même source.

Six grands défis à relever

À la lumière de ces développements, le FMA indique que la reprise économique au Maroc, en particulier, et dans les pays arabes, en général, est confrontée à six défis majeurs. D’abord, l’espace politique disponible pour soutenir la reprise à moyen terme est réduit en raison de déséquilibres internes et externes croissants.

Deuxièmement, il y a besoin urgent d’assurer une répartition efficace et rapide des ressources entre les secteurs économiques pour suivre le rythme de la transformation structurelle dynamique imposée par la propagation du virus. Cela appelle à accélérer le rythme de la transformation numérique.

Le 3ème défi de la reprise économique dans les pays arabes, en général, est la nécessité de maintenir une politique budgétaire accommodante tout en garantissant la viabilité de la dette. 

Le 4ème défi en question est la nécessité de renforcer les filets de sécurité sociale et d’adopter des politiques actives du marché du travail pour réduire les pertes d’emplois, en particulier dans le secteur des petites et moyennes entreprises.

Concernant le 5ème défi, le FMA souligne le resserrement prévu des conditions sur les marchés financiers et son impact sur la capacité des économies arabes à répondre à leurs besoins de financement et la nécessité de modèles de financement innovants pour les objectifs de développement durable .

Enfin, pour le 6ème défi, il s’agit de relever efficacement les défis qui affectent la stabilité financière et veiller à ce que le secteur bancaire puisse continuer à accorder le crédit nécessaire pour soutenir la reprise dans un contexte de baisse récente des bénéfices des banques. Au niveau arabe, le FMA s’attend à une contraction de toutes les économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Selon ses estimations, l’impact de la catastrophe sanitaire actuelle sera plus sévère sur les économies arabes exportatrices de pétrole, qui devraient enregistrer une contraction d’environ 4,7% en 2020.

Dans le même temps, il s’attend à une légère contraction pour les économies arabes plus diversifiées, dont le PIB devrait baisser de 2% cette année.

Citant les estimations des organisations internationales, le FMA souligne que l’économie mondiale, en général, devrait se contracter de 5 à 8% cette année, et perdre entre 8 et 12 billions de dollars en 2020 et 2021.

« Face à cette crise, les institutions internationales, en particulier celles des pays du G20, se sont levées pour adopter des plans de sauvetage de grande envergure pour empêcher l’économie mondiale de sombrer dans la récession économique, et des politiques monétaires et financières expansionnistes sans précédent ont été adoptées dans le cadre de plans de relance estimés à environ 14 billions de dollars qui ont contribué à atténuer les conséquences négatives », est-il souligné.

A. CHANNAJE