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Made In Morocco : Les Marocains veulent consommer local, mais...!


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Dimanche 26 Septembre 2021

Condition sine qua non pour la souveraineté économique, la promotion du « Made In Morocco » est devenue une stratégie d’Etat. Le soutien populaire est là, or le rapport qualité/prix s’impose.



« En achetant ce produit, vous contribuez à l’économie de votre pays », un slogan qu’on n’a eu de cesse, pendant des années, d’entrevoir dans l’emballage de plusieurs produits fabriqués localement. Mais un slogan qui suscitait les plus vives moqueries, à l’époque, tant il fut perçu inutile et superflu. Maintenant que les choses ont changé et que le pays se jette dans un élan d’industrialisation, le « Made In Morocco » est devenu une politique d’Etat et une priorité nationale à l’ère du Nouveau Modèle de Développement.

Ce n’est plus uniquement la préoccupation des hautes sphères de l’Etat et de l’élite économique et industrielle, il s’agit désormais d’un souci citoyen, comme l’indique une nouvelle étude intitulée « Les Marocains et le Made In Morocco : Préférence et Implication » réalisée par « Imperium », opérateur national dans le traitement de la data et de l’information économique.

Elaborée du 25 février au 6 mars 2021, cette étude porte sur « la signification, la perception et le degré de confiance vis-à-vis du label Made In Morocco ». Il en ressort que les Marocains sont résolument convaincus de l’importance de« consommer marocain », en témoignent les chiffres avancés : 5 Marocains sur 10 de la population interrogée déclarent faire attention au label « Made In Morocco » lors de leurs achats des produits habituels, et 2 à 3 Marocains sur 10 le font « plus » à « beaucoup plus » (12%), notamment les femmes.

Les Marocains sont, en général, attentifs à l’origine des produits qu’ils consomment. L’étude explique que plus d’un Marocain sur deux déclarent faire attention au label « Made In » lors de l’achat des produits habituels tandis que 39% déclarent implicitement que cet acte fait partie de leurs habitudes d’achat.

Cependant, l’attention des consommateurs marocains, au moins ceux interrogés par l’étude, demeure plus concentrée sur d’autres critères tels que la qualité (70%), le prix (57%), l’emballage (36%) et le nom de la marque (32%). Ces critères dépassent de loin celui de l’origine du produit (14%), relève Imperium dans ses conclusions. Pourtant, selon l’étude, il n’en apparaît pas moins que le « Made In » reste un levier important sur lequel il est possible de bâtir un attachement aux marques chez les Marocains.

J’achète marocain, pourvu qu’il soit de bonne qualité !

En effet, les Marocains sont prêts à consommer local et réduire la part de l’importé dans leur panier, à condition que le produit soit de qualité. L’étude s’est penchée sur la question de la confiance. Il en ressort que 72% des personnes sondées se sont déclarées confiantes vis-à-vis des produits fabriqués au Maroc, dont 28% se disent très confiantes, notamment des personnes de la classe moyenne âgées de 35 ans et plus.

Par contre, les jeunes semblent plus réticents que leurs aînés, sachant que 44% des gens sondés, qui sont peu confiants, sont précisément les Marocains de moins de 24 ans. Ceci dit, « le Made In Morocco » est confronté donc à l’exigence de qualité pour s’enraciner dans l’esprit du consommateur marocain, qui est, après tout, légitimement exigeant.

L’étude reconnaît cette exigence des citoyens marocains qui semblent faire preuve d’une nouvelle maturité dans leur comportement de consommateur. « Le consommateur marocain est prédisposé à consommer « marocain » à condition que la marque arrive à appréhender l’équation basée sur les paramètres du prix, la qualité et la confiance », souligne le document, arguant que cela aboutira à la construction d’un environnement convivial de consommation.

Il s’agit en effet de la même conclusion que celle du rapport sur le Nouveau Modèle de Développement, qui indique, noir sur blanc, que « les citoyens considèrent que l’encouragement de la consommation du « Made In Morocco » est tributaire d’un rapport qualité-prix favorable ».

Un levier de croissance

Au moment où le Maroc s’emploie à redresser son économie après la rude épreuve de récession due au Covid-19, la promotion de l’industrie locale et du produit marocain fait partie de la stratégie de relance de l’économie nationale. Sur la base de ses sondages, l’étude fait ressortir que les Marocains croient aux vertus du « Made In Morocco » dans la réussite du plan de relance.

Pour arriver à cette conclusion, l’étude d’Imperium a posé la question suivante : « Consommer marocain vat- il aider à la relance de l’économie marocaine ? ». 76% de la population sondée a répondu par l’affirmative, adhérant ainsi à ce principe.

En fait, cette population est composée surtout des classes D et E et appartenant à la tranche d’âge 25-44 ans, explique la même source. Compte tenu de tout ce qui précède, l’enquête d’Imperium conclut que le concept « Made In Morocco » est « un vrai catalyseur qui peut assurer une dynamique majeure pour la relance de l’économie nationale au niveau du marché domestique et au-delà ».

Selon le document, cela passera par la construction d’une image de marque et d’une crédibilité à l’égard du consommateur. Outre cela, les résultats de l’étude montrent une convergence de vues entre l’Etat et l’orientation de la population, ainsi tous deux vont plus ou moins dans le même sens et adhèrent harmonieusement à l’idée qu’il est nécessaire de promouvoir la préférence nationale. C’est-à-dire : privilégier tout ce qui est marocain, tout ce qui est produit localement.

« Les Marocains sont prêts en tant que citoyens, par leurs habitudes et leur attachement à leur pays, à consommer marocain et à encourager leur pays », explique l’étude susmentionnée, ajoutant que la crise de la Covid-19 n’a fait qu’accentuer ce « sentiment national ».

Anass MACHLOUKH

 

 


Made In Morocco

Une stratégie d’Etat à l’ère du Nouveau Modèle de Développement

Tout au long d’une vingtaine d’années, le Maroc a construit sa stratégie de développement pour sortir de la crise à la fin des années 90, sur la base de l’ouverture aux IDE et la politique des grands chantiers.

Le but était d’abriter les géants de l’industrie et notamment les constructeurs automobiles, et créer des emplois qualifiés. Le Royaume s’est élancé concomitamment dans la mondialisation commerciale en s’engageant dans le libre-échange.

Bien que cela ait donné des résultats, plus ou moins discutables (taux d’intégration élevé de la fabrication des voitures, croissance, développement des écosystèmes industriels, etc.), les déficits commerciaux colossaux, accumulés ces dernières années, et les enseignements de souveraineté durant la crise sanitaire ont poussé les décideurs à changer d’approche et ceci s’est traduit dans le rapport du Nouveau Modèle de Développement.

Révision des accords de libre-échange et promotion de la préférence nationale sont désormais en tête des priorités. Le rapport a conclu que les citoyens et les opérateurs souhaitent que le Maroc renforce sa capacité à produire les biens essentiels.

Il est question, aux yeux de la commission de Chakib Benmoussa, d’un impératif de souveraineté, puisque les préoccupations de souveraineté visent à se prémunir des perturbations du contexte économique international, et particulièrement à préserver l’intégrité du marché intérieur face à la dynamique conquérante des importations et sécuriser, in fine, les emplois domestiques.