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Monde

Liban : Un gouvernement est là, les nombreux défis aussi


Rédigé par La rédaction le Dimanche 12 Septembre 2021

Le Liban s’est doté enfin d’un nouveau gouvernement qui se trouve confronté à une crise économique jetant 75% des Libanais sous le seuil de pauvreté.



AFP
AFP
L’effondrement du système financier qui a montré des signes de faiblesses depuis quelques années. En mai 2019, les libanais ont dû déjà subir une première crise de liquidité en dollars, quand les stations essence ne disposaient plus de stocks suffisants.

Dès lors, un marché noir s’est mis en place pour se procurer des devises étrangères indispensables pour financer les importations. Cependant, cette crise a été induite par un décalage entre valeur nominale de la livre libanaise et valeur réelle de la monnaie locale.

Cette différence a encore été accentuée par l’augmentation des salaires dans la fonction publique décidée par le gouvernement Mikati II et au sein du secteur privé par le gouvernent Tamam Salam. Ainsi, la correction a été sévère, avec une dégradation brutale et incontrôlée de la parité de la livre libanaise face au dollar.

Aujourd’hui, la livre libanaise a perdu 90% de sa valeur par rapport au billet vert, amenant à une perte importante du pouvoir d’achat. Le salaire de base de représente plus que 30 USD par mois et le salaire médian 100 USD par mois, amenant 82% de la population à vivre désormais sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, les prix ont parallèlement augmenté de 557% concernant les produits alimentaires en l’espace de deux années, indique un rapport de la Banque Mondiale.

Pour autant et malgré cette hausse, les produits essentiels comme les carburants, la nourriture ou encore les médicaments manquent désormais. La levée prochaine des subventions n’est pas pour arranger les choses, surtout que désormais la majeure partie de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté comme déjà signalé.

Près de 100 milliards de dollars de dette publique

Par ailleurs, le Liban est désormais, depuis avril 2020 en état de défaut de paiement, les autorités locales ayant jugé être incapables désormais d’assurer le paiement de l’importante dette publique qui atteindrait près de 100 milliards de dollars désormais.

L’une des principales tâches de ce gouvernement sera d’ailleurs de relancer les négociations avec le Fonds Monétaire International en vue de permettre le déblocage d’une aide de la communauté internationale.

Cependant, la nomination du directeur des opérations de la Banque du Liban Youssef Khalil, à l’origine de cette politique monétaire n’est pas un élément qui pourrait amener à instaurer la confiance auprès des institutions internationales qui l’ont fortement critiqué déjà pour ses ingénieries financières menées entre 2016 et 2018. Cette nomination laisse d’ailleurs certains à décrire ce gouvernement Mikati III comme étant celui des banques et non celui de l’intérêt des déposants ou encore de la population. Et la route est encore longue.

Après le FMI, il s’agira également de négocier avec les créanciers détenant la dette libanaise et certains fonds vautours détiennent des parts suffisantes pour complexifier les négociations au point de les faire échouer en dépit d’un soutien du FMI.