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Les senteurs orientales : Un « must » pendant les fêtes religieuses


Rédigé par Meryem EL BARHRASSI le Dimanche 1 Novembre 2020

Les notes orientales ont une importance capitale dans la composition d’un parfum auquel on veut donner une allure mystique. Chaudes et épicées, elles rappellent l’Orient et son atmosphère mystérieuse.



Les senteurs orientales : Un « must » pendant les fêtes religieuses
La fête de Aïd Al Mawlid et les senteurs orientales, c’est une combinaison gagnante. La mémoire olfactive joue à plein et souvent, on n’oublie jamais l’odeur de l’oud, de l’encens, du musc ou encore des parfums orientaux qu’on utilise pendant cette fête. Comme à l’accoutumée, pendant Aïd Al Mawlid, les parfumeries orientales enregistrent une forte demande sur leurs différents produits. 

Les senteurs orientales ont une note de fond très prononcée. Elle peut être douce et profonde, parfois épicée ou sucrée, gourmande, mais développe toujours une sensualité propre à l’Orient. Les fragrances orientales sont généralement créées à base d’essence de bois précieux, de plantes exotiques comme le patchouli, de la vanille, ou bien de musc. « Un Parfum est dit oriental lorsqu’il fait partie des fragrances portées par les femmes et hommes du Moyen Orient, du Maghreb et d’Arabie. Il est caractérisé par des notes animales et capiteuses », explique M. Benchaâbane, parfumeur.

Le business de l’encens et des parfums orientaux est en plein essor au Maroc. Une croissance portée principalement par l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie pieuse qui a le goût du luxe. Sur le marché marocain, il y en a pour toutes les bourses, surtout pour les plus remplies. Et pour cause, les marques de luxe ont depuis quelques années saisi le potentiel de ce business religieux. L’enseigne saoudienne de l’encens et des parfums orientaux Abdul Samad Al Qurashi a été la première à détecter le potentiel commercial du marché national. Elle a ouvert son premier magasin à Casablanca, puis son deuxième à Rabat, et d’autres à Marrakech. La réussite de Abdul Samad Al Qurashi n’a fait qu’encourager l’implantation d’autres maisons d’encens et des parfums orientaux, en l’occurrence l’enseigne Emirati Swiss Arabian. Deux enseignes de luxe qui présentent une large gamme de senteurs orientales. 

Les clients déboursent entre 700 et 1200 DH par achat
Le développement rapide de ces deux enseignes atteste du potentiel du marché, mais surtout de la forte demande sur ces produits de luxe. En effet, « ces points de vente reçoivent actuellement en moyenne une vingtaine de clients par jour. Ce chiffre est multiplié par deux en période de fêtes religieuses et durant le ramadan », fait savoir un manager à Swiss Arabian. « Cette clientèle est constituée principalement de la bourgeoisie marocaine, mais également de la diaspora sénégalaise et chinoise », explique-t-il.

Ces habitués de ces maisons d’encens déboursent entre 700 DH et 1200 DH pour chaque acte d’achat. « Nous commercialisons principalement trois familles de produits, le bois d’oud (l’encens), le « bkhour » (un mélange d’encens et d’autres produits tel que le musc) et les parfums orientaux », explique le manager de Swiss Arabian. Le prix de l’encens démarre à 175 DH/g. L’encens royal importé d’Inde est commercialisé à 380 DH/g. La variété supérieure atteint des prix très élevés, soit jusqu’à 760 DH/g. Idem pour le bkhour. Chez Swiss Arabian, une boîte d’entrée de gamme (100g) coûte 245 DH. Le mélange le plus cher est proposé à 1185 DH (70 g). 

Bab Moulay Driss démocratise les produits orientaux
Les tarifs sont encore plus exagérés dans les boutiques de luxe. En effet, le paquet de bkhour d’entrée de gamme (60 g) est commercialisé à 300 DH. Pour se procurer un kilo de la fameuse pâte d’encens, il faut débourser 70 DH/g. Le bkhour royal (haute gamme), quant à lui, est proposé à 260 DH/g.

Les parfums sont également parmi les produits les plus prisés chez ces enseignes. Et pour cause, « garantis sans alcool, les parfums plaisent à une population soucieuse de se conformer à l’éthique islamique », explique le manager. Résultat : les clients de ces magasins sont prêts à débourser entre 450 et 20.000 DH pour acheter un flacon de 100 ml d’un parfum oriental halal. En clair, les prix affichés par les enseignes moyen-orientales restent pour le moins inaccessibles pour la classe moyenne marocaine. C’est pourquoi un jeune commerçant d’encens de Moulay Idriss Zerhoun a décidé de concevoir une offre adaptée à la classe moyenne. Il a ainsi lancé la première enseigne marocaine d’encens et de parfums orientaux, baptisée « Bab Moulay Driss ». Dans cette boutique installée à Casablanca, le prix du bois du oud va de 60 à 120 DH le gramme. Les boîtes de bkhour (entre 60 et 150 g) sont proposées à des prix allant de 100 à 400 DH et les parfums orientaux coûtent en moyenne 500 DH/100 ml. 

Meryem EL BARHRASSI

3 questions à Abderrazzak Benchaâbane, parfumeur

Abderrazzak Benchaâbane
Abderrazzak Benchaâbane
« La production nationale en cosmétiques est encore balbutiante »
 
Nous avons l’habitude d’entendre des tonnes d’éloges se rapportant aux parfums orientaux. On les présente souvent comme étant sensuels et profonds de plus, ils auraient un réel pouvoir de séduction. À quoi renvoie réellement un parfum oriental, qu’est-ce qui le caractérise, quelle est sa composition et quels sont les meilleurs? Abderrazzak Benchaâbane, parfumeur, nous dit tout. 

- Quelles sont les notes utilisées dans les formules de parfums orientaux ?
- L’orient est connu pour ses notes balsamiques comme l’encens et la myrrhe qui sont des résines qui parfument par fumigation ou en parfum alcoolisé auxquelles s’ajoutent des notes animales comme l’ambre ou le musc. L’Arabie contrôlait le commerce des parfums et des épices que les caravanes acheminaient d’Inde et de Chine vers l’Europe et le reste du monde connu à l’époque. Les caravaniers ont diffusé ainsi en Arabie des fragrances méconnues à l’époque comme la cannelle, le Oud, la rose et le safran. Les parfumeurs arabes ont intégré ces matières premières dans leurs créations à tel point que tout le monde pense qu’ils sont originaires d’Arabie et qu’on les a définitivement considérés comme des parfums orientaux.

- Comment se porte le marché des senteurs orientales au Maroc ?
- La majorité des parfums commercialisés au Maroc sont importés. La production nationale en cosmétiques est encore balbutiante et les opportunités ne manquent pas pour les jeunes d’investir dans ce domaine.

- Vos conseils aux personnes qui souhaitent faire un bon choix de parfum oriental ?
- Je conseillerais de tester plusieurs parfums jusqu’à trouver celui qui correspond à la personnalité de chacun. L’idéal est de tomber sur un parfum riche en matières nobles avec un dosage discret et équilibré.

Recueillis par M. E.



 

Encadré

Le oud : La note chic et tendance de la parfumerie
Le « oud » est un parfum qui dégage une agréable odeur. À l’instar de nombreux pays musulmans, les Marocains aiment utiliser ce parfum dans leurs maisons durant la fête de Aïd Al Mawlid. Le fait de posséder ce produit dans les maisons marocaines est une sorte de rite. Un rite qui traduit chez la communauté musulmane de manière générale le sens de l’appartenance aux traditions héritées du Prophète Mohammed (PSL). Cette fumée odorante est située même au centre du paradis. Par ailleurs, l’oud est une matière très rare. Son prix surpasse parfois celui de l’or. Si la note fétiche des seventies est aujourd’hui omniprésente dans les flacons, l’oud est plutôt proposé dans une parfumerie plus confidentielle telles les lignes exclusives de maisons comme Dior, Guerlain, Armani, Dolce & Gabbana, Givenchy ou Tom Ford. 

La majorité des Marocains connaissent « bkhour el oud » en tant que produit final comme un parfum utilisé généralement, dans les mosquées, pour la réception des invités, ainsi que dans les différentes occasions et pendant les fêtes religieuses comme la fête de Aïd Al Mawlid ou encore le Ramadan. « J’adore oud lkmari, c’est un produit que j’achète souvent pendant les fêtes. J’aime sentir son odeur dans ma maison », affirme Saâd, un jeune Rbati. 

L’oud est un produit très cher. « On importe ce produit généralement de l’Arabie Saoudite, de la Chine et de l’Inde », déclare un commerçant d’encens à Casablanca. Certains commerçants vendent l’oud à 60 dirhams, d’autres à 80 voire 100 dirhams parfois le gramme. Ce produit est disponible dans les souks comme dans les boutiques de parfumerie spécialisées dans la commercialisation d’encens.

Repères

Quelles huiles essentielles ont un parfum oriental ?
La première huile essentielle à l’odeur orientale n’en est pas vraiment une : c’est l’extrait de Vanille. La Vanille est l’odeur orientale « number one ». Elle va apporter une note de fond suave et chaude, très subtile lorsque la vanille est naturelle. Du côté des huiles essentielles pures et dures, on retrouve le Patchouli, qui nous dévoile des notes boisées et orientales uniques. Associée à la Vanille, l’huile essentielle de Patchouli révèle toute sa profondeur et ses effluves plus poudrées. 
Les Sens de Marrakech : Des senteurs issues de la tradition marocaine
La gamme les Sens de Marrakech pour la maison est composée de plusieurs types de produits. Au menu : un parfum sublime pour le linge de maison grâce aux brumes d’oreillers. Des bougies parfumées pour l’essence des brumes orientales marocaines dans une atmosphère chaleureuse et tamisée. Le carré de musc qui s’applique sur les poignets ou embaumera les pièces de la maison ainsi que les armoires et tiroirs. Les Sens de Marrakech vous propose aussi une variété de parfums à vaporiser et de diffuseurs dont chaque flacon a été confectionné à la main à Marrakech dans le plus pur respect de l’artisanat marocain.