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Conso & Bien-Être

Le vaccin antigrippal : une arme de précaution massive contre une deuxième vague du Coronavirus ?


Rédigé par Meryem EL BARHRASSI le Dimanche 6 Septembre 2020

Le Coronavirus n’est pas le seul à craindre cet hiver : la grippe sera également de la partie. Alors que le vaccin contre la COVID-19 se fait attendre, il est déjà possible de se faire vacciner contre le virus de la grippe.



Le vaccin antigrippal : une arme de précaution massive contre une deuxième vague du Coronavirus ?
Alors que la course au vaccin bat son plein afin de lutter contre l’épidémie de la Covid-19, de plus en plus de médecins parlent de l’importance d’une autre vaccination : celle contre le virus de la grippe.

Les plans de bataille se préparent pour affronter une hypothétique deuxième vague de Coronavirus, il est déjà une mesure sur laquelle s’accordent les experts : la vaccination antigrippale. Un paradoxe, puisque le vaccin contre la grippe n’agit pas contre le Coronavirus. En réalité, les raisons sont d’abord logistiques. « On redoute d’avoir deux épidémies en même temps, ce serait dramatique pour le système de santé », explique Dr. Fatimazzahra Sqalli, pneumologue.

Le ministre de la santé, Khalid Aït Taleb, a annoncé, en juillet, lors d’un webinaire organisé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) sur l’importance de la vaccination à l’ère du Covid-19, que « les personnes à risques seront vaccinées contre la grippe saisonnière et le pneumocoque, et ce, dans le but de renforcer leur immunité ».

Éviter deux épidémies en même temps

L’un des buts de ces appels à la vaccination est avant tout d’éviter un chevauchement de l’épidémie de la Covid-19 et de celle de grippe saisonnière puisque l’on peut présager que le nouveau Coronavirus continuera à circuler en automne et en hiver prochain, au moment du retour de la grippe.

Selon Dr. Ilham Adouan, médecin infectiologue, le vaccin antigrippal à grande échelle éviterait une double-épidémie, qui d’une part, solliciterait d’autant plus les services de soins, et d’autre part participerait à la confusion autour de possibles contaminations à la Covid, les symptômes grippaux étant proches des siens. Ce qui permettrait de faciliter les diagnostics chez le médecin et d’éviter les dépistages inutiles. « Vu que la possibilité qu’une infection par la grippe soit confondue avec une infection par la Covid-19, il est préférable de réduire la grippe afin que les hôpitaux ne soient pas remplis par deux maladies », détaille la médecin infectiologue.

Dr. Adouan explique que « même si le risque de contracter en même temps les deux virus est «rare», il est indéniable qu’une vaccination antigrippale permettrait d’éviter d’encombrer les systèmes de soins ».

Une similarité des symptômes

Fièvre, toux, difficultés respiratoires, les symptômes sont identiques, comme en témoigne Dr. Sqalli, pneumologue. Pour la grippe, « les symptômes en sont une fièvre d’apparition brutale, une toux (sèche d’ordinaire), des céphalées, des douleurs musculaires et articulaires, une irritation de la gorge et une rhinorrhée. La toux peut être sévère et se prolonger pendant 2 semaines ou plus », précise la pneumologue. Pour le Covid-19, « les symptômes dépendent du virus, mais les plus courants comprennent des troubles respiratoires, de la fièvre, une toux, un essoufflement et des difficultés respiratoires ». Dans les cas plus graves, « l’infection peut entraîner une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale, voire la mort », alerte la spécialiste.

Protéger au mieux les personnes à risque

Éviter au maximum la saturation des services médicaux est une grande priorité, au même titre que l’est la protection des personnes fragiles. Parmi celles reconnues par les autorités de santé, on retrouve les personnes âgées de plus de 65 ans, celles souffrant de certaines maladies chroniques (comme le diabète ou l’asthme), les femmes enceintes et les personnes obèses.

Pour ces patients, le vaccin est obligatoire. « Ceux qui doivent être vaccinés sont tous les sujets fragiles contre le pneumocoque et tous les sujets de plus de 65 ans uniquement. Et ce, parce qu’indiscutablement il n’y aura pas assez de vaccins », estime Dr. Sqalli.

Aussi, il est bon de rappeler que si cette année le vaccin antigrippal est majoritairement vu au travers du prisme de la Covid- 19, le virus saisonnier est, à lui seul, meurtrier. La gravité avérée de la Covid-19 ne doit pas faire sous-estimer la gravité potentielle de l’épidémie de grippe à venir. « L’absence de vaccin contre le SARS-CoV-2 ne doit pas faire oublier qu’il existe un vaccin contre la grippe, certes inefficace contre la Covid-19, mais essentiel pour protéger la population contre une épidémie de grippe saisonnière sévère », avertit la pneumologue.

Meryem EL BARHRASSI

  


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