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Le scoutisme ou l’art de contribuer au développement


Rédigé par Hajar LEBABI le Vendredi 15 Mai 2020

Il fut un temps, notamment dans les années 1960 et 1970, où presque chaque famille comptait au moins un scout. Aujourd'hui, certes moins visibles qu'auparavant, les scouts continuent à contribuer au développement du pays. Immersion parmi ce mouvement largement répandu qui fête le 26 mai sa journée nationale, mais qui reste peu connu en dehors de certains cercles.



Une nouvelle génération des scouts de l’Organisation du scout marocain visitant L’Opinion et AL ALAM, juillet 2019.
Une nouvelle génération des scouts de l’Organisation du scout marocain visitant L’Opinion et AL ALAM, juillet 2019.
L’Organisation du scout marocain, a tenu à compter du 15 mai son rush annuel "Al Mahid Al Akbar" sous la présidence du Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka. Mais confinement oblige, l'édition 2020 organisée sous le thème «le mouvement scout au service du nouveau modèle de développement et des objectifs du développement durable», s'est déroulée en visioconférence. Tout à fait à l'opposée des années précédentes où cet événement donnait lieu à de grands rassemblements. Organisée du 15 au 17 mai, cette rencontre vise à montrer l’importance des scouts dans la transmission des valeurs citoyennes aux jeunes du pays. Ce qui est en soi, le propre du scoutisme qui s'est imposé depuis longtemps comme un moyen d'impliquer et de soutenir activement les jeunes, leur donnant les moyens d’apporter une contribution positive à la société. 

L'ancrage du scoutisme dans le Royaume a connu ses débuts bien avant même la création de la Fédération nationale du scoutisme marocain en 1958. Le mouvement des scouts a fait ses premières apparitions dans le pays grâce aux organisations françaises. Ensuite, au moment où la Fédération sportive s’activait dans différentes disciplines sportives, elle a jugé nécessaire d’ouvrir la voie à certains jeunes impliqués dans le scout français. Lors d’une session de son Conseil d’administration, le 9 mars 1933, la Fédération a décidé de créer le premier groupe de scoutisme national. En vue de concrétiser cette initiative et d’avoir une bénédiction royale, le président de la Fédération sportive a adressé à Sa Majesté le Roi Mohammed V une demande de reconnaissance de l’association de scoutisme. De plus, la Fédération avait demandé à ce que l’association ainsi créée prenne le nom du Prince héritier. Cette demande fut acceptée et approuvée le 26 décembre 1933, et l’association Hassania du scoutisme avait ainsi officiellement vu le jour.

Le scoutisme : une condition sine qua non au développement

L’expansion du scoutisme au Maroc a été fortement conditionnée par cette ambition de transmettre les valeurs de cette communauté à un grand nombre de jeunes. Leurs enseignements ont été diffusés dans plusieurs villes, notamment, Rabat, Salé, Casablanca, El Jadida, Ifrane, Fès, Marrakech et Meknès. Dès lors, les scouts étaient en première ligne à plusieurs occasions, dont la plus importante reste l’immortelle rencontre au stade olympique, en juillet 1938. La Fédération sportive avait organisé une grande fête, présidée par Feu Hassan II. Ainsi, les Boy-scouts Hassani ont continué à avancer pendant de nombreuses années, dans un esprit marqué par l’engagement et la loyauté.

Depuis, la jeunesse marocaine a respiré un air de liberté, et s’est engagée dans le scout Hassani. Les scouts étaient présents dans plusieurs villes et villages et comptaient plus de 200 000 adhérents. Leur contribution dans la construction d’un Maroc indépendant n’a pas été négligeable. En effet, cette étape a été marquée par leur présence dans les différents ateliers du développement, comme la lutte contre l’analphabétisme par exemple. Ils ont également contribué à l’atténuation des effets de plusieurs catastrophes naturelles, comme les inondations de Sebou ou le tremblement de terre d’Agadir.

Les scouts ont pendant longtemps été soutenus par la Monarchie, qui a toujours considéré que leur existence est une condition importante pour le développement du pays.

Ces scouts ont su inculquer des valeurs citoyennes et engagées aux jeunes du Royaume. 

D’ici 2023, le Scoutisme, estime-t-on, sera le premier mouvement éducatif mondial pour les jeunes, permettant à 100 millions de jeunes d’être des citoyens actifs créant un changement positif dans leurs communautés et dans le monde sur la base de valeurs partagées. Le scout marocain est engagé dans cette dynamique internationale.

Scoutisme : Un élément important dans l’histoire des nations

Aujourd’hui, il ya plus de 50 millions de scouts, jeunes et adultes, hommes et femmes, dans plus de 200 pays et territoires. Quelque 500 millions de personnes sont passées par le scoutisme, y compris des personnalités éminentes dans tous les domaines. Tout cela a commencé avec 20 garçons et un camp expérimental en 1907. Il a eu lieu pendant les neuf premiers jours d’août en 1907 à Brownsea Island, près de Poole dans le Dorset, en Angleterre. Le camp fut un grand succès, prouvant ainsi à son organisateur, Robert Baden-Powell, que sa formation et ses méthodes plaisaient aux jeunes et fonctionnaient vraiment. En janvier 1908, Baden-Powell publia la première édition de «Scouting for Boys». Ce fut un succès immédiat et s’est depuis vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, ce qui en fait l’un des livres les plus vendus de tous les temps. Baden-Powell avait seulement l’intention de fournir une méthode de formation des garçons, quelque chose que les organisations de jeunesse existantes pourraient adopter. À sa grande surprise, les jeunes ont commencé à s’organiser en ce qui allait devenir l’un des plus grands mouvements de jeunesse bénévoles au monde. À la suite des vacances de Baden-Powell en Amérique du Sud, le Chili a été l’un des premiers pays en dehors de la Grande-Bretagne à lancer le Scoutisme. En 1922, le premier Comité Mondial du Scoutisme fut élu lors de la 2ème Conférence Internationale à Paris, où 31 Organisations Scoutes Nationales étaient représentées. Le nombre de membres dans le monde était d’un peu plus d’un million.

3 questions à Khalid Nait

Khalid Nait
Khalid Nait
«Le but du mouvement scout est de contribuer au développement des jeunes et donc de la société»

Le responsable en chef de l’organisation du scout marocain à Rabat, Khalid Nait, s’exprime sur l’importance des scouts pour le Royaume.  

Comment pouvez-vous définir les principes prônés par les scouts? 
Le mouvement scout est défini globalement comme un mouvement volontaire et non éducatif destiné aux jeunes, ouvert à tous, sans distinction d’origine, de sexe ou de croyance. C’est la définition universelle du mouvement scout, et c’est la définition qui prévaut dans la plupart des pays. Le but du mouvement scout est de contribuer au développement des jeunes pour qu’ils tirent pleinement avantage de leurs capacités physiques et sociales. C’est une façon de les amener à devenir des individus responsables et des membres bénéfiques de leur communauté.

-Quelle est la contribution des scouts dans l’histoire du Maroc ?
À partir de l’année 1920, le mouvement scout est apparu à travers des organisations françaises au Maroc. En 1933, sur la base de la demande du parti de l’Istiqlal, Sa Majesté le Roi Muhammad V a accepté de nommer l’équipe de scouts au nom du défunt prince héritier, Sa Majesté le Roi Hassan II. Cette étape est considéré comme le lancement officiel du scoutisme marocain, à travers l’association «Scoutisme Hassania Marocain». En 1953, ses dirigeants ont participé au mouvement de résistance national dans diverses villes. En 1955, avec les débuts de l’indépendance, Scoutisme Hassania Marocain comptait plus de cent mille membres.

-Quelles sont les actions de l’organisation du scout marocain pendant cette crise pandémique ?
L’organisation du scout marocain est active pendant le mois de Ramadan et durant cette période de confinement. Nous avons offert des repas et des ftours à Rabat pour les gens dans le besoin. Notre objectif est d’apporter le maximum à la communauté et d’inculquer aux jeunes cette notion de partage et d’entraide.

Recueillis par H. L