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Le salariat, nouvelle obsession des chômeurs marocains

Marché du travail


Rédigé par Abdelilah CHANNAJE Samedi 22 Février 2020

Selon une étude du Haut-Commissariat au Plan (HCP), la majorité des Marocains (jeunes, femmes et diplômés), à la recherche d'emploi, lorgnent le secteur privé. Il en ressort aussi que le chômage croît avec le niveau de qualification.



Le salariat, nouvelle obsession des chômeurs marocains
Après avoir publié récemment un rapport sur la situation du marché du travail en 2019, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de publier sa nouvelle étude sur la population active en chômage. La principale conclusion qui en est tirée est que le salariat est le statut d’emploi le plus recherché chez la majorité des chercheurs d’emploi. Chiffres à l’appui, près de 7 chômeurs sur 10 (71,9%) souhaitent travailler en tant que salariés. Ce statut est recherché par les femmes (78,3%) relativement plus que les hommes (68,4%) et par les détenteurs d'un diplôme supérieur (78,7%) plus que les non diplômés (64,9%).

Par ailleurs, 68,9% des chômeurs sont disposés à exercer dans n'importe quel secteur, 19,6% optent pour le secteur privé et 8,8% pour le secteur public. Parmi les diplômés de niveau supérieur, 19,8% ont une préférence  pour le secteur public.

S’agissant du lieu de l’emploi souhaité, 57,9% de chômeurs préfèrent travailler dans leur localité de résidence. Dans leur recherche d'emploi, ces chômeurs font appel surtout aux personnes parentes (64,9%).

Le HCP note, par ailleurs, que les jeunes, les femmes et les diplômés sont les plus touchés par le chômage, dont le taux atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus. Cependant, le phénomène touche les femmes plus que les hommes, avec des taux respectifs de 13,5% et de 7,8%. Pire,  dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3%.

Nos universités forment des chômeurs

Ce qui inquiète également, c’est qu’une bonne partie de lauréats de Facultés, des instituts de l’enseignement supérieur et des Etablissements de formation professionnelle rencontrent des difficultés pour trouver un emploi. Le taux de chômage passe de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d'un diplôme et de 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur.

Il reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes délivrés par les Facultés (23,6%), des diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et des certificats en spécialisation professionnelle (20,9 %).

Les chômeurs en majorité des citadins

Le HCP montre, par ailleurs, que plus de 8 chômeurs sur 10 (83,8%) résident en milieu urbain, 2 sur 3 sont de sexe masculin (65%), 8 sur 10 (80,3%) sont âgés de 15 à 34 ans et 4 sur 10 (40,8%) sont détenteurs d'un diplôme supérieur.

Toujours d’après le HCP, cinq régions abritent 71,6% des chômeurs : Casablanca-Settat en première position (25%), suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), de Fès-Meknès (11%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et de l’Oriental (9,9%).

Autre caractéristique de la population active en chômage : 57,2% des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi, 50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes. Les primo demandeurs d'emploi sont en majorité des citadins avec 85,2%, des jeunes âgés de 15 à 34 ans (92,9%) et des détenteurs d'un diplôme (91,9 %). Là aussi, 73% de ces chômeurs, qui sont à la recherche de leur premier emploi, sont concentrés dans les cinq régions en question : Casablanca-Settat (21,0%), Rabat-Salé-Kénitra (18,0%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%).

Un chômage de longue durée

Toujours est-il que plus des deux-tiers des chômeurs (67,8% ) - en majorité des femmes, des jeunes de 15 à 34 ans et les détenteurs d’un diplôme supérieur - sont en situation de sans-emploi depuis une année ou plus.

La participation aux concours et les réponses aux annonces ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 18,2% des chômeurs, les femmes plus que les hommes avec respectivement 26,9% et 13,5%.

Le recours aux institutions d'intermédiation ne représente que 5%, les femmes plus que les hommes avec respectivement 6,5% et 4,1%, selon le HCP.

Pour rappel, la population en chômage est de 1.107.000 personnes en 2019. Le taux de chômage est de 9,2% au niveau national, de 13,8% à 12,9% en milieu urbain et de 3,6% à 3,7% en milieu rural.
 
 

Profil des chômeurs ayant déjà travaillé

En 2019, plus de 4 chômeurs sur 10 (42,7%) ont déjà exercé un emploi avant de se retrouver en situation de chômage. Ils sont en majorité des citadins avec 81,9%, des hommes (74,6%) et des jeunes de 15 à 34 ans (63,4%). Le HCP ajoute que plus des deux-tiers (69,1%) ont un diplôme, 46,9% de niveau moyen et 22,2 % de niveau supérieur. 
Par ailleurs, 87,9% de ces chômeurs étaient des salariés et 9,2% des indépendants. Près de la moitié d'entre eux (50,8%) exerçaient dans le secteur des services, 20,7% dans l’industrie, y compris l’artisanat et 19,1% dans les BTP.
Ils exerçaient en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs de petits métiers avec 30,4%, artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux (23,0%) et employés (20,7%).

Repères

Manque d’inclusion
 

Selon un rapport du HCP et de la Banque Mondiale, le marché du travail marocain, tant du point de vue des travailleurs que des entreprises, pâtit de plusieurs caractéristiques, dont le manque d’inclusion. Les jeunes et les femmes ne sont pas suffisamment intégrés au marché du  travail. Alors que le taux de participation des hommes est comparable à celui des pays de même  niveau économique, le taux de participation des femmes est particulièrement faible. Les femmes ne sont pas seulement sous-représentées parmi les travailleurs, mais aussi parmi les chefs  d’entreprises et les cadres.

Trop peu de créations d'emplois
 
La création d'emplois, toujours selon le rapport du HCP et de la BM,  n'a pas été suffisante pour absorber la  croissance de la population en âge de travailler. L'emploi dans le secteur formel se concentre dans les entreprises anciennes et de grande taille. Les petites et moyennes entreprises se heurtent à de nombreuses contraintes : corruption, main-d'œuvre peu qualifiée, faiblesse de la compétitivité, coût élevé du travail, concurrence du secteur informel, qui ralentissent leur croissance et réduisent leur capacité à créer des emplois.
Faible qualité des emplois
 
Le marché du travail marocain se caractérise par la prépondérance de l’informalité. Seule la moitié des travailleurs masculins sont salariés et près de la moitié des travailleuses sont des aides familiales non rémunérées. La croissance du secteur non agricole est lente et la majorité des emplois du secteur des services se concentrent dans les services traditionnels de faible productivité.









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