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Actu Maroc

Le patron des patrons déplore les pratiques des banquiers


Rédigé par Saad Jafri le Vendredi 27 Mars 2020

Bien que le GPBM ait annoncé une série de mesures pour répondre à la situation délicate que traverse actuellement le Maroc, force est de constater que les engagements pris ne sont pas tenus au niveau des agences bancaires.



Face à cette situation, qui met les entreprises, surtout les TPME, dans le risque, Chakib Alj, président de la CGEM, n’a pas manqué de mentionner dans une lettre adressée au Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), le 27 mars, que les mesures énoncées par les banques sont construites, dans leurs principes, pour répondre à la situation et ainsi accompagner notre tissu d’entreprise à traverser cette crise exceptionnelle. Cependant, la confédération patronale a constaté des écarts et des situations en décalage avec ces principes. Des écarts qui pourraient être fatals à de très nombreuses entreprises, s’ils ne sont pas comblés, surtout que la crise touche, aujourd’hui, la quasi-totalité du tissu d’entreprises du royaume.

Par ailleurs, le patron des patrons a souligné que les besoins de financement en fonds de roulement sont aussi importants pour nos entreprises que pour nos confrères des autres économies confinées de la planète. Il est donc urgent de mettre en place le dispositif prévu avec la Caisse centrale de garantie (CCG) à un niveau suffisant pour rétablir un sentiment de sécurité des entreprises. Ce dispositif, pour rappel, vise la mobilisation des ressources de financement en faveur des entreprises dont la trésorerie s’est dégradée à cause de la baisse de leur activité. D’après le ministre des finances, ledit dispositif couvre 95% du montant du crédit, permettant ainsi aux banques de mettre en place rapidement des découverts exceptionnels pour financer le besoin en fonds de roulement des entreprises cibles.

Les PME exportatrices dans le risque

M. Alj a indiqué également dans sa lettre que les PME exportatrices doivent impérativement être maintenues puisqu’elles permettront dès la reprise en Europe, à la fois d’assurer quelques dizaines de milliers d’emplois mais aussi de rapatrier des devises aujourd’hui rares. De même, les unités de services aux entreprises, caractérisées par une masse salariale lourde, souffrent d’un déficit brutal de traitement de la part de certains de vos confrères (annulant les autorisations de découvert par exemple).

Les délais de réponse à la traine

La difficulté d’accès de certaines entreprises à leur responsable clientèle, impactant le délai de réponses à leurs requêtes, est également épinglé par la confédération patronale. Cette dernière a indiqué que certaines annonceraient des pénalités ou intérêts supplémentaires, et d’autres n’accepteraient le report qu’à compter du mois d’avril. En comparaison, certains pays européens reportent, à la fin des contrats, les échéances de 6 mois. Le taux de refinancement des importations sont parfois passés de 1,5% à 3,5%.

Une situation alarmante, surtout que Bank Al Maghrib a réduit son taux de base et que les taux de base sur le dollar et l’Euro sont à des niveaux historiquement bas.