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Le dropshipping entre business et arnaque


Rédigé par Chaimae BARKI le Jeudi 6 Mai 2021

Frolant souvent l’illégal, ces sites sans aucun produit en stock font passer pour de bons plans des articles qui valent deux à dix fois moins. Eclairage.



Le dropshipping, ce mode de vente qui promet de monter un  empire commercial depuis chez soi,  est toutefois loin d’être la poule aux  œufs d’or que promettent de nombreux sites et youtubeurs, experts  autoproclamés du commerce.

Le principe de cette pratique, parfaitement légale, consiste à sup primer une étape dans la chaîne  commerciale : là où une boutique  commande des marchandises à un  fournisseur pour ensuite les vendre  à un client. Le « dropshipper »  attend d’effectuer une vente avant  de passer commande à son fournisseur, et fait livrer par la suite les  produits directement au client. En  d’autres termes, le « dropshipper »  joue le rôle d’intermédiaire entre le  client final et le fournisseur. Comment le dropshipping peut  passer d’une « simple intermédiation » à un « théâtre d’arnaques » ? Si le dropshipping fait débat, c’est  parce que les « dropshippers » appliquent parfois de grosses marges  sur des produits que les clients au raient pu acheter à bas prix directe ment auprès du fournisseur.

Ainsi,  l’essor de la vente en ligne a porté le succès du dropshipping, permet tant presque à tout un chacun de se  lancer dans ce type d’affaire à peu  de frais et dont la marge fait rêver. Et comme le témoigne Amine, 25  ans, ancien dropshipper, propriétaire d’une agence de communication et apprenti de l’influenceur,  Mohamed Baabit, communément  connu sous le nom de «Simo life»  :  «  les prémices du dropshipping  datent surtout d’après la création du géant de l’export chinois Aliexpress (Groupe Alibaba), pour  ensuite connaitre une flambée  d’adulateurs entre 2013 et 2018,  une période d’expansion pour bon  nombre de boutiques lancées par  des internautes qui salivent devant  les marges promises par un business où l’on pourrait vendre 300  dirhams des gadgets achetés pour  30 dirhams livraison inclue ».

De plus, outre les prix variants du  simple au décuple, ce modèle économique recèle des boutiques qui fraudent plus ou moins consciemment la législation en matière de  droit de rétractation, de droits de  douane ou de publicité mensongère. Dans ce même sillage, Amine  affirme « le problème dans ce genre  de marché c’est que bon nombre  de personnes l’intègrent par avidité  d’argent , ils finissent par perdre  leur capital qui était destiné à la  publicité ou par opter pour des méthodes « BlackHat » », poursuit-il.  La solution serait donc que l’Etat régisse ce domaine du e-commerce,  connu pour être le « commerce  entre absents ».


L’Etat, intervient toutefois…

​Plus conscient que jamais des risques  du cyberspace, le Maroc est aujourd’hui convaincu que la promotion  du e-commerce ne se limite pas seulement au développement d’infrastructures technologiques, mais cette  promotion est aussi tributaire d’un  dispositif juridique solide contre les dérives du commerce électronique. De cette logique sont nées les deux  lois 53-05 et 09-08, la première fixe  le régime applicable aux données  juridiques échangées par voie électro nique (cryptographie) et à la signature  électronique. La seconde définit les  obligations auxquelles sont soumis les  responsables à l’égard du traitement  des données. Cependant, ces lois seules n’ont pas pu  combler le vide juridique en matière  du e-commerce notamment dans sa  variante dropshipping pour assurer  une meilleure confiance numérique et  lutter contre la cybercriminalité.