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Actu Maroc

Le Maroc risque sa plus faible croissance depuis 20 ans


Rédigé par La rédaction le Mercredi 11 Mars 2020

Suite à un ciel non généreux et un tourisme touché de plein fouet par Coronavirus, l’économie marocaine risque une baisse de taux de croissance alarmante.



L’économie marocaine est confrontée cette année au pire taux de croissance jamais enregistré durant les deux dernières décennies, prévient Ahmed Lahlimi, dans une déclaration à l’Agence américaine Bloomberg. La raison est que d’un côté le Royaume fait face à une sécheresse préoccupante qui fait des ravages dans le secteur agricole, d’un autre côté le nouveau Coronavirus qui frappe sévèrement le tourisme, un secteur vital pour l’économie marocaine, souligne le patron du Haut-Commissariat au Plan (HCP).
M. Lahlimi a déclaré que « le ciel n’a pas été très généreux cette année », faisant référence aux faibles précipitations. Ainsi, après avoir prévu une croissance du PIB de 3,5% cette année, le HCP compte réduire ses prévisions de croissance pour 2020 d’un tiers, à 2,2 % ou 2,3 %, « alors que nous continuons à évaluer une situation qui évolue rapidement », ajoute-t-il. L’avertissement du dirigeant du HCP vient à un moment où le royaume tente de relancer son économie et de dynamiser l’emploi pour éviter les difficultés économiques qui ont frappé les pays voisins.

Le Coronavirus et la sécheresse font des ravages

Le secteur duTourisme est touché de plein fouet par l’épidémie Covid-19. D’après les premières estimations de l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre de touristes dans le monde devrait baisser de 3% durant cette année. Cette grippe qui touche les marchés mondiaux, constitue un énorme défi pour le Maroc qui dépend fortement du tourisme en provenance d’Europe. Parallèlement, la soif dont souffre le Maroc a mis à mal les récoltes et a contribué à faire chuter la croissance à son plus bas niveau depuis trois ans. Ainsi, il y a une forte probabilité que la récolte de blé cette année sera moindre par rapport à l’année dernière. Il est même probable que la qualité du blé soit impactée. La qualité des cultures est tellement endommagée que certains agriculteurs ont choisi de paître le bétail sur les plants de blé. «L’année agricole est très dure, vaut mieux laisser le bétail manger pour économiser au moins quelques sous », nous déclare un fermier de la région Doukkala-Abda.
Pour limiter les dégâts, les autorités ont annoncé au début de ce mois qu’elles doubleraient la fourchette d’échange des devises. « Cela permettra d’absorber les chocs potentiels », a déclaré Lahlimi à propos de la réforme des taux de change. « Le problème structurel est que nous avons encore besoin d’importer beaucoup, que ce soit pour consommer ou pour produire et réexporter ». Les perspectives d’une reprise de la demande de biens et de services marocains, en particulier sur le marché clé de l’Union Européenne, « s’estompent », selon le patron du HCP.