Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

Le Maroc remplace l’Allemagne par l’IRENA pour se lancer dans l’export


Rédigé par A.CHANNAJE le Mercredi 16 Juin 2021

Un accord vient d’être signé entre le Maroc et l’IRENA pour faire progresser l’économie de l’hydrogène du pays et accélérer l’adoption des énergies renouvelables.



Le Maroc et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) collaboreront pour faire progresser l’économie de l’hydrogène du pays et accélérer l’adoption des énergies renouvelables alors qu’il cherche à devenir un important producteur et exportateur d’hydrogène vert, a souligné Standard and Poor’s Global.
Les deux parties mèneront des études sur l’hydrogène vert et exploreront des instruments politiques pour impliquer le secteur privé dans l’industrie, dans le cadre de l’accord stratégique entre l’IRENA et le ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement (MEME), a indiqué l’agence de notation internationale américaine dans un communiqué publié ce lundi 14 juin. Cet accord a été signé par le ministre de tutelle, Aziz Rabbah, et Francesco La Camera, Directeur Général de l’IRENA, lors d’une visioconférence tenue jeudi 10 juin 2021. Le but étant de renforcer la collaboration entre les deux parties en vue d’accélérer la transition énergétique verte au Maroc, notamment en appuyant la progression de l’économie de l’hydrogène vert.
Ainsi, en vertu de l’accord, souligne Standard and Poor’s, l’IRENA et le MEME développeraient conjointement des études de perspectives de technologie et de marché, ainsi qu’un partenariat public-privé. Ils exploreraient également le développement de chaînes de valeur de l’hydrogène en vue d’échanger de l’hydrogène vert aux niveaux national et régional.
« Le Maroc a fait preuve d’un grand leadership en faisant progresser le déploiement des énergies renouvelables pour répondre à la demande énergétique croissante tout en créant de nouvelles opportunités industrielles à travers le pays », a déclaré le directeur général de l’IRENA, Francesco La Camera. « Il est tout à fait naturel que ce leadership s’étende à la poursuite de l’hydrogène vert, qui peut jouer un rôle essentiel dans les ambitions mondiales de décarbonation ».
« Le pays a revu à la hausse son ambition en matière d’énergies renouvelables avec une décision d’augmenter la part de la capacité totale installée à plus de 52% d’ici 2030, dépassant ainsi l’objectif du pays annoncé lors de la COP21 à Paris », a déclaré l’IRENA.
Le Maroc disposait de près de 3,5 GW de capacité installée d’énergie renouvelable à la fin de 2020, a ajouté l’Agence.

Le Maroc, un partenaire stratégique de l’Europe

Le Maroc et la Commission européenne ont conjointement facilité le cadre de collaboration de l’IRENA sur l’hydrogène vert en mai, axé sur le développement des infrastructures, de la technologie et de la certification pour une économie et un commerce mondiaux de l’hydrogène renouvelable, indique Standard and Poor’s Global.
Le Maroc figure en effet parmi les partenaires stratégiques inévitables de l’Union Européenne dans la mesure où le Royaume a une capacité éolienne et solaire hors du commun, qu’il a entrepris d’importants investissements dans le domaine des énergies renouvelables dès 2009, et du fait aussi de sa proximité avec le vieux continent.
À ce titre, faut-il le rappeler, le Maroc a signé un certain nombre d’accords de coopération avec l’Allemagne qui prévoit notamment la construction dans le Royaume d’une unité de production d’hydrogène vert, qui serait la première sur le continent. Elle permettrait de réduire la production de CO2 de 100.000 tonne par an.
De même, l’agence de notation internationale note que le Maroc et le Portugal sont en pourparlers pour une interconnexion de 1 GW (1.000 MW) entre les deux pays.
Selon les premiers résultats de l’étude de faisabilité, le coût de cet ouvrage est estimé à un peu plus de 700 millions d’euros.
Autre élément soulevé par l’agence de notation : le Maroc se tourne vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert pour remplacer sa production d’électricité au charbon. Il envisage également d’installer un terminal flottant d’importation de GNL pour utiliser davantage de gaz dans le secteur de l’électricité.
« À l’heure actuelle, le Royaume n’a qu’une production de gaz propre très limitée. Plus tard en 2021, il prendra possession d’un gazoduc qui traverse son territoire, utilisé désormais pour acheminer le gaz algérien vers l’Espagne », est-il souligné.
Un câble sous-marin de 1,4 GW entre le Maroc et l’Espagne est la seule interconnexion électrique directe entre l’Afrique et l’Europe.

Un câble sous-marin pour relier le Maroc et le Royaume-Uni

 A ce sujet, S&P indique que la société britannique Xlinks prévoit de relier le Maroc et le Royaume- Uni au moyen d’un câble sousmarin électrique de 3800 km.
La société construira un complexe énergétique de 10,5 gigawatts (GW) au Maroc pour récolter à la fois l’énergie éolienne et solaire. L’énergie produite sera ensuite vendue au Royaume-Uni et livrée via le câble sous-marin reliant le Maroc à divers endroits au Pays de Galles et dans le Devon.
La société est en pourparlers avec les autorités marocaines pour affiner l’emplacement exact du complexe énergétique, a déclaré le PDG de Xlinks, Simon Morrish, à PV Magazine. L’énergie totale sera composée de 7 GW d’énergie solaire et de 3,5 GW d’énergie éolienne.
La société s’attend à ce que le premier câble de 1,8 GW soit opérationnel début 2027, le deuxième câble en 2029.
S&P Global évalue le coût de production d’hydrogène renouvelable par électrolyse alcaline en Europe à 4,47 euros/kg (5,42 $/kg) le 11 juin (Pays-Bas, y compris les dépenses d’investissement). La production d’électrolyse PEM (Proton Exchange Membrane) a été évaluée à 5,60 euros/kg.
De manière plus générale, le MEME et l’IRENA travailleront ensemble pour renforcer les politiques et les cadres réglementaires relatifs au déploiement des énergies renouvelables dans le pays. L’IRENA, basée à Abou Dhabi, est une organisation intergouvernementale qui aide les pays à conduire leur transition vers un avenir énergétique durable, et constitue la principale plateforme dédiée à la coopération internationale, ainsi qu’un centre d’excellence et un référentiel pour les politiques, les technologies, les ressources et les connaissances financières en matière d’énergies renouvelables.
A. CHANNAJE