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Actu Maroc

Le Maroc, 100ème dans l’indice de performance environnementale

Qualité de l’air, eau potable et changement climatique


Rédigé par A. CHANNAJE le Mercredi 10 Juin 2020

Mauvaise nouvelle. Le Maroc est 100ème sur 180 pays dans un classement évaluant ses performances sur les questions environnementales. Il devrait sonner comme un réveil et faire passer le pays d’une politique de déclarations d’intention à des actions de réalisation concrète.



 Le Maroc, 100ème dans l’indice de performance environnementale
L’indice de performance environnementale (IPE) 2020 fournit un résumé basé sur des données de l’état de la durabilité dans le monde. Il est basé sur 32 indicateurs de performance qui fournissent une mesure sur les objectifs de politique environnementale établis par les pays. « Ces indicateurs permettent de détecter les problèmes, de fixer des objectifs, de suivre les tendances, de comprendre les résultats et d’identifier les meilleures pratiques politiques », souligne le nouveau rapport copublié par les universités américaines de Yale et Columbia.

L’analyse de la santé environnementale et de la vitalité des écosystèmes des pays «ne reflète pas les développements récents, y compris la baisse spectaculaire de la pollution atmosphérique en 2020 dans la foulée de la pandémie de COVID-19...», précise le rapport intitulé : « Mesures globales pour l’environnement: classement des performances des pays sur les questions de durabilité ».

En détail, le Maroc s’est classé 112ème dans le sous-indice de santé environnemental, avec un score de 33,3 points, 138ème (27 points) dans celui de la qualité de l’air et 107ème dans celui d’assainissement et eau potable (40,8 points).

De même, le Royaume ne fait pas mieux au niveau de la gestion des métaux lourds (161ème), du changement climatique (99ème), et du traitement des ressources en eau (80ème).

Par contre, le pays fait légèrement mieux quant à l’émission de pollution (53ème), à la gestion des déchets (81ème), à la viabilité de l’écosystème (73ème), à la biodiversité (68ème), aux services de l’écosystème (64ème) et à la pêche (38ème).

Dans la région MENA, le Maroc est classé 10ème, derrière les Emirats Arabes Unis (42ème mondial), le Koweït (47ème), la Jordanie (48ème), Bahreïn (56ème), la Tunisie (71ème), le Liban (78ème), l’Algérie (84ème), l’Arabie Saoudite (90ème) ou encore l’Égypte (94ème).

La première place mondiale revient au Danemark, suivi par le Luxembourg (2ème), la Suisse (3ème), la Grande-Bretagne (4ème) et la France (5ème).

Au bas du tableau, figurent le Libéria (180ème), le Myanmar (179ème) et l’Afghanistan (178ème).

Expliquer les performances

D’après le rapport, un certain nombre de conclusions frappantes ressortent de ce classement. Premièrement, de bons résultats politiques sont associés à la richesse (PIB par habitant), ce qui signifie que la prospérité économique permet aux nations d’investir dans des politiques et des programmes qui conduisent à des résultats souhaitables. « Cette tendance est particulièrement vraie...car la construction des infrastructures nécessaires, pour fournir de l’eau potable et des services d’assainissement, réduire la pollution de l’air ambiant, contrôler les déchets dangereux et répondre aux crises de santé publique, rapporte de gros bénéfices pour le bien-être humain », est-il indiqué.

Deuxièmement, la poursuite de la prospérité économique signifie souvent plus de pollution ... où les émissions atmosphériques et aquatiques restent importantes.

Troisièmement, les meilleurs scores sont obtenus grâce aux politiques et programmes de longue date pour protéger la santé publique, préserver les ressources naturelles et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les données suggèrent, en outre, que les pays qui déploient des efforts concertés pour dé-carboniser leurs secteurs de l’électricité ont réalisé les gains les plus importants dans la lutte contre le changement climatique, avec des avantages associés pour les écosystèmes et la santé humaine.

Quatrièmement, les retardataires doivent redoubler d’efforts de durabilité sur tous les fronts. Leurs faibles scores indiquent la nécessité d’accorder la priorité aux questions critiques comme la qualité de l’air et de l’eau, la biodiversité, et le changement climatique, est-il suggéré.

Repères

Stress hydrique: le Maroc parmi les pays les plus menacés
Selon l’ONU, le Maroc est confronté au stress hydrique qui se situe entre 25% et 70%. La région arabe est la plus touchée au monde, souligne la même source dans un rapport. Les ressources renouvelables totales du monde en eau s’élèvent à une moyenne de 7.453 m3 par an et par habitant, tandis qu’elles s’élèvent seulement à 736 m3 par habitant et par an dans la région arabe. La pénurie d’eau, par personne, s’intensifie, et continuera de l’être avec la croissance démographique et les changements climatiques, met en garde l’ONU.
Covid-19 fait diminuer la pollution de l’air
l’état d’urgence sanitaire et le confinement ont des impacts positifs sur l’environnement. A en croire une nouvelle étude menée sur la ville de Salé par la Faculté des Sciences de l’Université Ibn Tofail de Kénitra, le Centre National pour l’Energie Nucléaire, la Science et la Technologie (CNESTEN) et le Laboratoire National des Etudes et de Surveillance de la Pollution (LNESP), une baisse «spectaculaire» des niveaux de dioxyde de soufre (SO2), de dioxyde d’azote (NO2) et de PM10 a été notée durant cette période de confinement.
Qu’est-ce que l’indice de performance environnementale ?
L’indice de performance environnementale, dit IPE ou EPI pour Environmental Performance Index, permet de mesurer la performance d’un pays d’un point de vue écologique. A l’instar du PIB en économie, l’IPE donne une idée générale des actions environnementales d’un pays. Cet indice a été créé en 2006 par les grandes universités américaines de Yale et Columbia. Chaque pays reçoit une note entre 0 et 100, 100 étant le meilleur score, selon différents critères et statistiques. Un classement officiel est ensuite publié afin d’encourager les pays les plus éco-responsables et de rappeler à l’ordre ceux qui ne le sont pas du tout.