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Actu Maroc

Lahcen Haddad se mobilise pour la scolarisation des enfants


Rédigé par Salima Hafid le Dimanche 23 Août 2020

Dans une lettre adressée au FMI, au G20, à la Banque Mondiale, aux banques régionales de développement et aux gouvernements nationaux, 150 personnalités, dont des ministres, des universitaires et d’anciens chefs d’Etats, ont lancé un appel pour faire face à la menace de déscolarisation des enfants vulnérables dans le monde, notamment au Royaume. Le député istiqlalien Lahcen Haddad, qui fait partie des signataires, nous explique les raisons et les motivations derrière cette initiative.



Lahcen Haddad se mobilise pour la scolarisation des enfants
- Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à prendre part à cet appel ?

Nous avons signé cet appel parce que nous voulions sonner le tocsin sur les chiffres extravagants d’enfants déscolarisés cette année, dans ce contexte pandémique. Ce ne sont pas moins de 800 millions de jeunes enfants qui ont quitté l’école pour des raisons sociales et économiques dans le monde entier, en particulier dans les pays pauvres, et précisément dans les milieux ruraux. Or, l’école demeure la seule issue pour ces enfants afin de fuir les graves conséquences, comme le mariage précoce, le vagabondage, la prostitution, le trafic de drogue et la dépravation sociale. Il a donc fallu alerter en urgence sur le danger de déscolarisation qui pourrait toucher des millions d’enfants qui ont pleinement le droit de poursuivre leurs études dans de bonne conditions.

- Covid-19 oblige, comment selon vous le Maroc a vécu l’expérience de l’enseignement à distance ?
 
L’enseignement à distance au Maroc accuse plusieurs lacunes, ce qui a engendré de graves conséquences pendant le confinement. Une bonne partie des enfants au Royaume, particulièrement ceux issus des zones rurales, ont malheureusement raté leur année scolaire du fait qu’ils n’étaient pas en mesure de s’adapter à ce nouveau mode d’enseignement.Les raisons derrières se résument au fait que ces élèves subissent déjà des problèmes financiers, et n’ont pas accès aux moyens technologiques pour bénéficier des cours à distance. Il y a également le manque de soutien des parents à leurs enfants, qui n’est pas sans conséquences. L’école représente une échappatoire pour ces petits qui sont en train de subir peut-être maintenant le travail forcé dans les foyers ou dans les champs, il faut donc être conscient de cette panoplie de dysfonctionnements qui peut avoir de graves répercussions sociales.
 
- Selon vous, qu’est ce qui a empêché le Maroc de réussir dans la scolarisation à distance ?
 
Il fallait anticiper ce problème de digitalisation, car notre pays accuse un grand retard en matière de numérisation, particulièrement dans l’éducation. Bien que le gouvernement ait fourni un grand effort dans ce sens, on ne peut pas venir du jour au lendemain et établir un nouveau système efficient de cours à distance. Une telle mesure requiert une étude stratégique et un programme bien défini, surtout que le monde rural souffre de beaucoup de failles infrastructurelles.
En revanche, il faut avoir un vrai contenu digital d’apprentissage accommodant pour les enfants. A cet égard, on a aussi confondu entre digital et internet, alors qu’il y’a une grande nuance entre les deux. On peut user du digital à travers des portails ainsi que des I-pad qui contiennent des cours qui sont accessibles avec beaucoup d’attractivité pour les jeunes, faute de quoi l’Exécutif n’a pas su relever le défi de l’enseignement à distance. En somme, il ne faut pas abandonner ou baisser les bras mais continuer à persévérer dans ce chantier.
 
- Par rapport au mode d’enseignement, quelles sont vos propositions ? 
 
Pour ma part, je propose d’aller dans la trajectoire de l’amélioration des infrastructures pédagogiques, mais il faut bien évidement revenir à l’école avec un programme contenant des mesures de distanciation sociale, avec un accès à internet. Il faut également développer un bon contenu digital, avec des cours plus attractifs, ainsi qu’un programme adéquat pour les enfants, par exemple des jeux, des narrations, des bouquins en ligne etc… Cela s’effectuera à travers des I-pads dont il faudra doter les écoles gratuitement, surtout pour les enfants issus des familles démunies.
Concernant la rentrée présentielle, ça sera une bonne chose parce que de toutes les manières, l’école demeure la seule échappatoire pour les enfants du monde entier et d’ailleurs c’est la raison ultime de l’appel qui a été adressé au FMI, au G20, à la Banque Mondiale, aux banques régionales de développement et aux gouvernements nationaux afin qu’on puisse sauver la future génération qui a été gravement affectée par cette crise sanitaire qui n’a pas épargné le secteur éducatif.
 
 propose recueillis par
Salima.Hafid