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Lahcen Haddad : «Nous avons la conviction que les dépenses de l’Etat ne doivent pas être utilisées pour la caisse de retraite des parlementaires»


Rédigé par Hajar Lebabi le Mercredi 14 Octobre 2020

Après le débat suscité à la Commission des finances de la Chambre des représentants concernant le dossier épineux des pensions des députés, l’Istiqlalien Lahcen Haddad, nous livre ses réflexions sur le sujet.



- Après plusieurs reports, la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants s’est enfin penchée sur le dossier des pensions des députés. Qu’est-ce qui justifie ce retard ?

- Les raisons derrière ce report sont principalement liées à l’absence d’un consensus sur les modalités de gestion de cette question de retraite. L’ensemble des députés étaient d’accord sur le fait que l’Etat ne devrait pas contribuer à cette pension, mais plusieurs interrogations se posaient sur comment payer les députés qui ont contribué à la caisse de retraite. Il était également question de trouver un système propre aux parlementaires. Plusieurs éléments menaient à des positions divergentes, chose qui a provoqué ce retard.

- Dans le sillage de ce retard, est-ce que l’attribution des pensions de retraites a quand même été maintenue ?

- La pension n’a pas été attribuée depuis 2017 pour les personnes qui ne sont plus parlementaires. Pourtant les prélèvements ont été maintenus. C’est-à-dire que les contributions des parlementaires sont prises chaque mois, mais, en même temps ceux qui sont à la retraite n’en bénéficient pas.

-Quelles sont les différentes solutions défendues par les députés concernant la question de la caisse de retraite ? Et quelles sont les contraintes des deux scénarios ?

-Deux solutions majeures se présentent. D’abord, certains députés   proposent de mettre fin, de manière définitive à cette retraite. Dans ce cas, la contrainte qui se pose est celle de pouvoir rembourser les gens qui ont contribué pendant des années à la caisse. Il y a des députés qui ont contribué pendant 10 ans ou 25 ans. Là encore, il est question de savoir si la caisse dispose d’assez d’argent pour pouvoir les payer. Dans ce sens, il faut également arrêter les prélèvements, étant donné que personne ne bénéficie de cette pension pour le moment.
La deuxième solution défendue par les députés est celle de l’établissement d’un système de retraite qui est propre aux parlementaires. La contribution à cette caisse pourrait être facultative ou obligatoire. Et les personnes qui atteignent l’âge de 65 ans peuvent bénéficier d’une pension qui ne dépend pas de la contribution de l’Etat. La question qui se pose dans ce sens est de savoir si ce système est solvable et suffisant pour pouvoir payer toutes les pensions à la retraite.

- Quelle est la position du groupe istiqlalien de l’Unité et l’Égalitarisme sur le sujet ?

- D’abord, nous avons la conviction que l’Etat ne doit pas être impliqué dans ces pensions, et que les dépenses de l’Etat ne doivent pas être utilisées pour la caisse de retraite des parlementaires. Ensuite, nous sommes pour le fait de trouver une solution qui soit convenable pour les différentes parties. Nous proposons de mettre fin à ce système de retraite, pour ensuite réfléchir à un modèle qui est propre aux parlementaires. Nous défendons également l’idée de revoir plusieurs autres éléments, à l’instar de la retraite des ministres, ou encore, les salaires des hauts fonctionnaires de l’Etat. En effet, la gestion du système de retraite des parlementaires ne peut être réussie sans une approche qui soit globale et intégrée.

- Est-il possible d’assurer une caisse de retraite pour les députés sans la contribution de l’Etat ?

- C’est une question qui est problématique, où plusieurs solutions sont de mise, comme le fait de s’associer à des systèmes privés par exemple. Il est nécessaire de mener une étude sur le sujet, afin d’énumérer les différentes possibilités. Ceci dit, plusieurs contraintes se posent. Est-il possible qu’une contribution sur 5 ans ou 10 ans soit suffisante pour garantir une pension à l’âge de 65 ans ? Je ne le crois pas. Surtout que le nombre est très réduit. Il ne faut pas oublier que les caisses de retraite sont établies par un très large nombre qui travaille et un nombre réduit qui jouit de la retraite. Dans ce cas, le flou demeure toujours sur la manière de procéder. Il faut mener une étude actuarielle pour voir la faisabilité d’un système de retraite qui est propre aux parlementaires avec leur contribution et sans chercher à utiliser l’argent de l’Etat.

Recueillis par Hajar LEBABI

  


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