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La prise en charge des malades cardiaques en période de pandémie

Malades chroniques


Rédigé par Bouteina BENNANI le Mercredi 15 Avril 2020

Par crainte de contracter le coronavirus, des malades chroniques, respectent le confinement sans se faire suivre par le médecin traitant. Des complications peuvent surgir. Voilà comment les éviter.



La prise en charge des malades cardiaques en période de pandémie
A force de lire et d’entendre dans les médias et les réseaux sociaux qu’ils sont les plus vulnérables et des sujets à risque, certains malades cardiaques chroniques refusent catégoriquement de sortir de la maison, de se laisser soigner ou de faire des analyses, en cas de besoin. Plusieurs malades chroniques sont décédés par la faute d’une auto-prise en charge. D’où le vide « opéré » depuis plus d’un mois, au niveau des cabinets, des cliniques et même des CHU. Seul le traitement à distance, par téléphone, devient monnaie courante, pour l’ajustement de prise de médicaments. Une pratique, certes non courante ou conventionnelle, mais qui doit se faire de manière rigoureuse. La faute au coronavirus ! A défaut de traitement, ces malades risquent des complications, voire, la mort.
 
La prise en charge des malades cardiaques chroniques, en cette période de pandémie du Covid 19, n’est pas chose aisée et il faut se soumettre à certains protocoles médicaux particuliers.

Le traitement des malades cardiaques chroniques

Des malades sous anticoagulants, antihypertenseurs ou d’autres malades présentant une insuffisance cardiaque, par peur de sortir, sont suivis par leur médecin traitant à distance. Même une échographie devient risquée, des deux côtés, puisque le contact est très rapproché avec le malade.

Le problème, pour les médecins privés est aussi une question de logistique (désinfection) et de personnel. Les secrétaires, infirmières et assistantes médicales ne veulent plus travailler, disant que le confinement est pour tous. Surtout qu’elles ont peur de contracter le virus, « en cours de route », sachant qu’elles prennent le transport public. Ce qui est légitime, d’ailleurs, sachant qu’elles sont au devant de la scène.

Problématiques des cliniques

Parmi les autres problématiques relevés auprès des cliniques, au niveau national, c’est que certains patients venus pour un infarctus se sont avérés atteints du Covid-19, ce qui a provoqué une angoisse auprès du personnel médical et paramédical, de peur d’avoir été contaminé. En effet, le Covid-19 peut également entrainer des complications respiratoires, ce qui rend le diagnostic difficile et peut induire en erreur lors des consultations, que ce soit au niveau des cabinets ou des cliniques. Au moindre soupçon du Coronavirus, aucun médecin traitant ne peut s’aventurer, le malade est envoyé à la cellule de dépistage, même s’il est son patient depuis de longues années. Aussi, les médecins essaient de repousser les opérations chirurgicales, par précaution et faute à un manque de sang, de crainte de contamination ou de logistique. Seules les opérations d’urgence passent.

Bouteina BENNANI

3 questions au Dr. Ouafaa Bensaoud, cardiologue

« En cas d’urgence, on les adresse directement dans une clinique et on les suit »

- Comment se fait le suivi de vos patients chroniques en cette période de pandémie du Covid 19 ?
- Les malades cardiaques sont des patients à risques, en particulier les hypertendus, les coronariens et les insuffisants cardiaques. Les patients stables, sans aucune plainte fonctionnelle et après un interrogatoire bien établi par téléphone, c’est à dire, par téléconsultation, sont priés de suivre leur traitement de façon régulière. Pour les examens biologiques, parfois nécessaires chez certains patients, par exemple sous anticoagulants, on leur demande de nous communiquer les résultats biologiques par téléphone ou mail, ce qui nous permettra d’ajuster le traitement.

- Et pour les cas urgents, comment faites-vous ?
 
- Au moindre doute si le patient présente une symptomatologie fonctionnelle, on demande aux patients de venir consulter. En cas d’urgence, on les adresse directement dans une clinique et on les suit. Les consultations sont sur rendez-vous et espacées pour éviter d’avoir plusieurs malades dans la salle d’attente. Le patient doit porter une bavette, qui est actuellement obligatoire, mais malheureusement pour certains, elle n’est pas bien portée, ce qui nous incite à leur montrer son bon usage. Après la consultation, tout le matériel est désinfecté. Les examens échographiques et holters ne se font que si la prise en charge du malade en découle, sinon on se contente d’un examen clinique en plus d’un ECG (Electrocardiogramme).

- Des malades chroniques, gagnés par la phobie de contracter le virus, ne consultent plus. Qu’en pensez-vous? Que conseillez-vous?

- On voit très peu les malades en urgence et l’on se pose beaucoup de questions à ce sujet. Il se pourrait que le patient, vu le confinement, bouge peu et donc la symptomatologie fonctionnelle ne se manifeste pas beaucoup. L’autre raison est que les patients ont peur de contracter le Covid 19. Ce qu’on peut conseiller aux malades chroniques en cette période de confinement, c’est de rester chez eux car ce sont des patients à risque. Il faut prendre le traitement de façon régulière et au moindre doute sur un médicament, contacter le médecin traitant. Pour ce qui est de l’alimentation, elle doit être désinfectée, diversifiée avec beaucoup de légumes et de fruits, bien lavés. Le lavage des mains avec de l’eau et du savon ou avec des solutions hydroalcooliques est aussi nécessaire.

Recueillis par
Bouteina BENNANI

  


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