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Actu Maroc

La perforation du barrage Al Massira : Une véritable prouesse technique


Rédigé par Siham Mdiji le Vendredi 28 Août 2020

Réalisé par l'institution financière africaine, le projet de perforation du barrage « Al Massira », situé à 120 km de Marrakech, a été qualifié par la Banque Africaine de Développement (BAD) d’un « véritable exploit » et « une première en Afrique».



La perforation du barrage Al Massira : Une véritable prouesse technique
Dans le cadre d’un programme de renforcement de l'accès à l’eau potable de la ville de Marrakech, la perforation dudit barrage Al Massira a été décidée alors qu’il est en plein exploitation. Ce dernier, fut le deuxième réservoir d’eau du Maroc avec une capacité de retenue de 2,6 milliards de mètres cubes.
 
« C'est un véritable exploit que de percer un barrage alors qu’il donne toujours de l’eau (…) C’est une réussite pour la Banque et pour l’Office National de l'Electricité et de l’Eau Potable (ONEE)», explique le directeur général de la BAD pour l'Afrique du Nord, Mohamed El Azizi dans un article publié sur le site de l’institution financière.
 
Le modus operandi de l’opération, qui nécessite un financement de près 150 millions d’euros, vise à acheminer l’eau vers des stations de traitement jusqu’à la ville de Marrakech, et consiste à perforer pour installer une prise d’eau sur la paroi du barrage en activité. Financé par la BAD, ce programme verra bénéficier deux millions d’habitants de la ville ocre.
 
M. El Azizi, pour qui « cette exceptionnelle opération doit être dupliquée au profit d’autres barrages au Maroc et dans d’autres pays africains », a estimé que « cette solution technique, qui a fait ses preuves, peut être aujourd’hui généralisée ». Ajoutant que « c’est notre rôle de banque de développement que de le faire afin que des millions d’Africains sur le continent puissent en bénéficier ».
 
Quant à Abderrahim El Hafidi, le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), qui déclare que ce barrage ne disposait pas de prise d’eau pour être raccordé, tout en notant que les études ont démontré que la meilleure solution était de procéder à sa perforation.
 
Selon lui, « cette opération, qui est une première en Afrique, nous permet d’avoir un important débit de sept mètres cubes par seconde ». «C’est une opération qui a permis la perforation du béton armé sur une longueur de dix mètres. Elle a nécessité des études très spécifiques en matière de stabilisation de structure. Et c’est vraiment unique ! », a-t-il conclu.

Partenariats réussis

Selon M. El Hafidi, le partenariat entre l’ONEE et la BAD, qui avait financé quinze opérations pour un montant de plus de 1,3 milliard de dollars, est qualifié d’«exemplaire» par les experts, les bailleurs de fonds et les organisations internationales.
 
De son côté, la représentante résidente de la Banque pour le Maroc, Leila Farah Mokaddem,  a rappelé que « depuis une cinquantaine d’années, nous agissons main dans la main avec l’ONEE. Plus de quinze millions de Marocains, dans une trentaine de villes à travers le Royaume, ont bénéficié de ces projets d’eau et d’assainissement».
 
Défi à relever : L’extraction d’un noyau central
 
La phase la plus délicate de l’opération a consisté à extraire un noyau central de près de cent tonnes, qualifiant d’«exceptionnelle» la réalisation de cette opération dans des conditions optimales de sécurité et d’étanchéité et sans incident.
 
Pendant plusieurs mois, des experts marocains et internationaux et des dizaines d’ingénieurs, de plongeurs et de techniciens se sont succédé pour relever ce défi colossal. Cette étape a nécessité des travaux sous-marins pour dégager un important volume étanche.
 
Un autre défi de taille a consisté à réaliser un conduit d’un diamètre de 2,5 mètres et d’une profondeur de dix mètres dans la paroi en béton du barrage.
 
Il est à noter que lors de ces dernières décennies, l’important développement urbain et touristique de la cité a généré une demande en eau de plus en plus croissante. Ceci dit, que l’enjeu qui est de taille consiste à sécuriser l’accès à l’eau dans une région où cette ressource stratégique se fera de plus en plus rare à l’avenir.