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L’éducation positive : progressisme ou laxisme ?


Rédigé par Meryem EL BARHRASSI le Dimanche 13 Février 2022

Tous les parents veulent le bien-être de leur enfant, mais tous n’ont pas le même style d’éducation. L’éducation positive vise à encourager l’enfant plutôt qu’à le punir. Une approche éducative basée sur le respect mutuel.



Le monde évolue et la parentalité est également concernée par ces changements. De nos jours, le modèle de soumission ne répond plus aux défis lancés par une société en mutation, les enfants sont plus exigeants qu’autrefois. Chicanes, oppositions, crises... Et si vous vous mettiez à la place de votre enfant pour comprendre ce qu’il vit et mieux gérer les situations difficiles ?

Éradiquer les crises et les colères, retrouver la sérénité familiale, tout en optimisant le fonctionnement du cerveau de nos enfants… Qui n’en rêve pas ? C’est ce que l’éducation positive propose.

« On parle d’éducation positive, de parentalité positive ou bienveillante, ou encore de discipline positive, pour évoquer à peu près la même démarche, à savoir une éducation à travers laquelle on considère le lien éducatif de façon horizontale plutôt que verticale. Le respect mutuel et l’encouragement sont au coeur du lien qui unit les parents aux enfants alors que “l’autoritarisme” cherche la soumission de l’enfant par la punition, la menace, le rapport de force, etc. », explique Dr Ghizlane Benamar, pédopsychiatre.

À travers l’approche de la discipline positive, corroborée par les connaissances actuelles en neurosciences, nous savons que l’encouragement, la prise en compte des besoins émotionnels des enfants et le fait de ne pas choisir entre fermeté et bienveillance, permettent de développer, tout en douceur, leurs compétences. « Avec cette approche, l’enfant apprend à avoir confiance en lui, à parler de ses émotions, à communiquer dans le respect et à reconnaître ce que les autres ressentent », indique la spécialiste.

« S’ensuit également le regard porté sur l’erreur qui change radicalement par rapport aux méthodes éducatives traditionnelles. Dans la discipline positive, l’erreur est une opportunité d’apprentissage accueillie et acceptée, et non pas une faute à éviter à tout prix. Nous cherchons par conséquent à atteindre le coeur avant d’atteindre la tête », ajoute-t-elle.

Guider son tout-petit

Avec l’éducation bienveillante, le parent cherche à guider son enfant au lieu de le contrôler ou de le dominer. « L’enfant est un peu comme une plante à cultiver ; et le parent, un jardinier qui l’aide à grandir le mieux possible», commente Jihane Laraichi, coach scolaire. Selon cette approche positive, un besoin se cache derrière chaque comportement dérangeant d’un bambin.

« L’enfant de 3 ans qui en tape un autre n’est pas méchant. Il vit une frustration et il ne sait pas comment l’exprimer. C’est à l’adulte de lui apprendre à le faire correctement », donne en exemple la coach scolaire. Il est ainsi conseillé de regarder les situations du point de vue de l’enfant afin de mieux le comprendre.

Moins de rapports de force

Le parent qui adopte des pratiques parentales positives a toujours de l’autorité, mais il l’exerce avec douceur. « Quand il y a un problème, le parent implique son enfant dans la solution. Le parent veut le rendre responsable plutôt que de le faire obéir par la peur », informe Dr Benamar.

Avec cette approche, les punitions ne sont pas utilisées, car elles feraient de la peine et humilieraient l’enfant au lieu de lui apprendre à bien agir. Quand l’enfant se comporte mal, le parent va préférer lui donner une conséquence logique ou l’encourager à poser un geste de réparation.

Ne pas tomber dans le cliché de « l’enfant roi »

Certaines personnes accusent ce mode d’éducation d’être trop permissif. « C’est un cliché de croire que l’éducation positive est permissive », souligne la pédopsychiatre. « Le parent bienveillant ne laisse pas son enfant faire n’importe quoi. Il y a des règles. Toutefois, au lieu de confronter son enfant, il lui demande de coopérer », poursuit-elle.

Pour Jihane Laraichi, « ne pas savoir où s’arrêtent ses possibilités est même insécurisant pour l’enfant ». « Si on laisse l’enfant faire ce qu’il veut, il n’apprendra pas le respect de l’autre et des situations, et ne sera pas conscient de son pouvoir de contribuer positivement au monde qui l’entoure. Il considèrera que tout lui est dû. C’est un cadeau empoisonné que de tout laisser faire et de tout accepter », conclut la coach.



Meryem EL BARHRASSI



Le piège du parent parfait ?

Avec la méthode de l’éducation positive, les crises et les conflits diminuent, mais il y en a encore. « Si on met la barre trop haute, on risque de se sentir incompétent et de culpabiliser. A la longue, cela pourrait mener à la dépression ou au burnout parental », avertit Dr Benamar.

Les parents doivent se donner le droit à l’erreur. C’est normal d’être parfois irritable, d’être tanné de toujours répéter ou de réagir fortement à un comportement de votre enfant. « Même si vous n’êtes pas toujours à 100 % dans la parentalité positive, ça ne fait pas de vous un mauvais parent. L’important, c’est de vous faire confiance et de faire de votre mieux. S’il vous arrive de crier après votre enfant, vous pouvez lui dire que vous n’auriez pas dû et que vous êtes désolé. Vous lui montrez ainsi à reconnaître ses erreurs et vous devenez un bon modèle », rassure la pédopsychiatre.

 



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