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Actu Maroc

L'Exécutif s’oriente vers le déplafonnement du montant des emprunts extérieurs

Reprofilage de la politique monétaire


Rédigé par N. BATIJE le Mercredi 8 Avril 2020

Le projet de décret-loi n° 2.20.320 vient d’être adopté permettant à l’Exécutif de procéder au dépassement du plafond des emprunts extérieurs.



Dans le cadre de la gestion des effets de la pandémie du coronavirus et ses conséquences sur le plan sanitaire, mais également dans les domaines économique et financier, la réunion, lundi dernier, du Conseil de gouvernement s’est soldée par l’adoption du projet de décret-loi n° 2.20.320 relatif au dépassement du plafond des emprunts extérieurs.

Concrètement, il s’agit d’un certain déplafonnement du montant des emprunts extérieurs, initialement fixé à 31 milliards de dirhams dans le cadre de la loi de Finances au titre de l’année budgétaire en cours.

En agissant ainsi, l’Exécutif se procure toute latitude d’assurer ses besoins en devises à travers le recours à l’emprunt sur le marché international.

Sa démarche est dictée par un certain nombre de considérations dont essentiellement la situation qui prévaut au sein de ses principales sources de devises dont, entre autres, le tourisme, l’automobile, les investissements directs étrangers, les secteurs exportateurs et les transferts des Marocains résidant à l’étranger, les recettes voyages...

Fortement impacté par le Covid-19, ces activités pourvoyeuses de devises vont à leur tour agir sur les réserves de changes que détient le pays et sa capacité à continuer de couvrir convenablement ses importations de biens et services.

De plus, le ralentissement économique, en interne, se traduira, sous peu, par un amenuisement certain des rentrées fiscales, ce qui mettrait, à très rude épreuve, les fondamentaux de l’économie nationale.

Ajouter à cela, les conséquences socioéconomiques qu’engendrerait le nombre de TPE et PME en arrêt partiel ou total d’activité, il va sans dire, qu’en cas de confinement prolongé, les grands équilibres macro économiques seront sérieusement menacés.

Que reste-t-il alors ?

Il est vrai que, comme l’avait souligné à la presse l’Argentier du Royaume, le comportement des différents secteurs du tissu économique national face à la crise du covid-19 n’est pas du tout homogène et plusieurs branches d’activités à l’image des industries extractive, agroalimentaire et chimique, ainsi que les télécoms et les services financiers, ne devraient pas beaucoup pâtir des mesures de confinement.

Pourront-ils pour autant sauver la mise ou du moins le PIB non agricole ?

La réponse à cette interrogation est à déceler dans l’exposé fait, lors de ce Conseil de gouvernement, par l’Argentier du Royaume qui a réitéré la nécessité d’accélérer les paiements au profit des entreprises, notamment les TPE et les PME, en vue de leur permettre d’honorer leurs engagements financiers, de préserver les postes d’emploi et d’atténuer ainsi les répercussions sociales du Covid-19.

Orientation de la dépense publique

Pour M. Mohamed Benchaâboun, « l’accent devrait être, essentiellement, mis sur la nécessité de prendre des mesures urgentes à même de limiter l’impact du Covid-19 moyennant l’orientation de la dépense publique vers les priorités aux niveaux sanitaire, social et économique, conformément aux Hautes orientations royales ».

Il a aussi abordé les mesures à prendre en vue « d’une gestion idoine des dépenses publiques lors de cette période exceptionnelle en fixant les priorités au niveau des engagements des dépenses à venir de l’Etat et des établissements publics ».

Partant de là, le ministre n’a pas omis de passer en revue les mécanismes juridiques et organisationnels qui permettront de mettre en oeuvre ces mesures « d’une manière urgente et avec l’efficience et l’efficacité requises en vue de limiter les répercussions de la pandémie du coronavirus sur l’économie nationale et les équilibres financiers et extérieurs du Royaume ». Sans cela, le recours au marché financier international ne peut être permis.

Que faire alors ?

Deux possibilités : la consommation de la facilité offerte par le Fonds monétaire international au titre de ligne de précaution et de liquidité pour un montant de 2,97 milliards de dollars et / ou la sortie à l’international du Trésor pour la levée d’un milliard d’euros ou de dollars comme cela a été programmé au titre de l’année 2020 et comme ce fut, d’ailleurs, le cas en 2019.

N. BATIJE

  


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