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Monde

Kenya : Les Kényans dispensés de la rentrée scolaire


Rédigé par Siham Mdiji le Mardi 1 Septembre 2020

Les établissements scolaires kényans, fermés depuis mars, ne réouvriront pas leurs portes pour la nouvelle rentrée 2020-2021. C’est ce que relève une décision du gouvernement Kényan qui décrète une année blanche pour tous les élèves de la maternelle au lycée.



Suite à l’évolution inquiétante que traverse le pays de l’Afrique de l’Est, Kenya, les 18 millions d’élèves kényans ne reprendront pas le chemin vers l’école cette année, et ce, jusqu’en janvier 2021.
 
Après une concertation entre les ministères de l’Education et de la Santé, le secrétaire de cabinet au ministère de l’Education, George Magoha, a déclaré que la rentée scolaire et tous les examens seront annulés pour l’année courante. « L'année civile scolaire 2020 sera considérée comme perdue en raison des restrictions de la Covid-19 », a déclaré M. Magoha. A noter qu’au Kenya, celle-ci débute de janvier à octobre.
 
Bien que la décision gouvernementale ne semble pas plaire à la population, elle fut soutenue par les syndicats, qui ont été impliqués dans la décision. « La sécurité des élèves et des enseignants est cruciale. L’aplatissement de la courbe nous guidera », a expliqué William Sossion, secrétaire général du syndicat des enseignants.
 
Le gouvernement a fait primer la santé publique tout en se donnant un peu de temps pour organiser la rentrée. Or dans des écoles publiques où peuvent parfois s’amasser dans la même classe une centaine d’élèves, le défi restera immense en temps de Covid-19.
 
En effet, M. Magoha a émis l’hypothèse selon laquelle les établissements d’enseignement supérieur et les instituts d’enseignement et de formation technique et professionnelle pourraient sous certaines conditions rouvrir en septembre. Cela demeure une éventualité qui dépend de l’évolution de la situation épidémiologique du pays.  Par ailleurs, ces institutions sont encouragées à maintenir leurs programmes à distance et à préparer une réouverture en plusieurs phases.

Etablissements scolaires en péril
 
La décision gouvernementale, qui s’applique aussi bien pour les écoles du secteur privé que public, s’avère très lourde pour le corps enseignant. Les écoles privées semblent les plus affectées, puisqu’elles abritent un effectif considérable d’élèves sans leurs contributions financières ne peuvent pas assurer leurs charges.
 
Selon l’Association kényane des écoles privées (KPSA), 126 établissements scolaires privés avaient porté à la connaissance de leurs élèves que la situation sanitaire ne leur permet pas de rouvrir leurs portes en janvier.  Or si le secteur privé n’est pas soutenu, «cela mettra notre système éducatif en danger», prédit-il. Les enfants devront basculer dans le public et «s’ils vont là-bas, comment allons-nous gérer la distance sociale, la distance physique ? Il va y avoir un gros problème», poursuit-il.

Enseignement à distance ?

Certaines institutions, notamment le Kenya Institute of Curriculum Development, ont entamé, dès la fermeture des établissements, des cours à distance pour assurer la continuité de l’année académique. Cependant, beaucoup d’autres élèves n’ont pas pu bénéficier de ce dispositif du fait de la disparité dans l’accès aux technologies dans le pays.

M. Magoha a indiqué que son ministère étudie la possibilité de rendre l'apprentissage en ligne accessible à tous les élèves.