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Actu Maroc

Jaâfar Heikel : "Le port du masque à l'extérieur n'apporte pas un plus à la lutte contre la covid-19"


Rédigé par Anass Machloukh le Vendredi 11 Février 2022

Le port du masque est-il encore utile dans les espaces ouverts ? Une question récurrente qui se pose désormais chez nos concitoyens. Convaincu de la nécessité d'évaluer la pertinence de l'ensemble des mesures restrictives, l'épidémiologiste, Jaâfar Heikel estime que le port du masque, comme d'autres mesures ne sont plus nécessaires pour lutter efficacement contre la Covid-19. Détails.



Photo :  El Mehdi Moussahim
Photo : El Mehdi Moussahim

Pendant ces dernières semaines où la troisième vague d'Omicron ne cesse de reculer, le relâchement des citoyens en ce qui concerne les gestes barrières et notamment le port du masque, est de plus en plus visible. En traversant la rue, en montant dans les transports publics, on s'aperçoit souvent que de plus en plus de gens se sont débarrassés de leurs masques sachant que les autorités passent plus leur temps à insister sur les vertus de la vaccination, que sur le port du masque. Actuellement, le masque, présenté au début de la pandémie comme l'unique moyen de se prémunir contre la contagion, n'a plus d'importance dans plusieurs pays qui ont décrété la fin des restrictions.

Le port du masque n'est plus obligatoire dans les lieux soumis au pass vaccinal en France, il en est de même au Royaume-Uni qui a annoncé la fin des restrictions dès le 28 février. Au Maroc, les autorités sanitaires continuent d'appeler les gens à respecter scrupuleusement les gestes barrières. Ils sont nombreux à se demander si le port du masque a toujours une utilité. Même quelques scientifiques marocains se posent la même question, c'est le cas de Jaâfar Heikel, épidémiologiste et expert en économie de la Santé. Dans un tweet, il a fait savoir que "les données épidémiologiques et scientifiques montrent qu’il n’y a pas de raison de le maintenir port du masque à l'extérieur".

Joint par L'Opinion, l'expert appelle à évaluer l'efficacité des mesures préventives telles que le port du masque. "Plusieurs études montrent que le masque peut être utile pour la réduction de la transmission du virus dans les espaces fermés à condition qu'il soit bien porté, avec une aération correcte", explique M. Heikel, qui ne voit pas d'intérêt à porter le masque dans les espaces ouverts. "Il est clair aujourd'hui que le port du masque n'apporte pas une plus-value à la lutte contre la pandémie et n'a pas un impact sur la réduction des hospitalisations", a-t-il repris, ajoutant que plusieurs pays ont compris que la circulation du variant Omicron ne saurait être stoppée ou jugulée par le port du masque.

En se basant sur plusieurs études telles que celle de Tommaso céleste Bulfone, publiée au "Journal of Infectious dieases", Jaâfar Heikel estime qu'il n'y a pas forcément une corrélation entre la multiplication des contagions au variant Omicron et la mortalité. C'est ce qui explique, selon lui, le fait que plusieurs pays aient commencé à abandonner le port du masque. De ce point de vue, il n'est plus nécessaire d'imposer le port du masque, puisqu'il n'empêche pas les variants très transmissibles de circuler. Aussi la vaccination est-elle largement suffisante, estime M. Heikel.

Au-delà du port du masque, l'efficacité de l'ensemble des restrictions imposées depuis le début de la pandémie, devrait être réévaluée, selon l'expert, qui pense que la pandémie a appris au monde entier plusieurs leçons d'humilité. Par conséquent, il est temps de considérer la Covid-19 comme une endémie ou une maladie saisonnière. " Omicron a fait passer la maladie d'un statut de pandémie au statut d'endémie", a-t-il affirmé, plaidant pour la révision de la stratégie de lutte contre la pandémie à la lumière de cette nouveauté et à penser aux autres pathologies.

Enfin, M. Heikel est persuadé qu'il faut adopter la "Real Politik" dans les politiques sanitaires et appliquer les mesures restrictives proportionnellement aux risques sanitaires encourus. "Il est absolument important d'évaluer les politiques sanitaires de façon régulière, en les basant sur un argumentaire convaincant pour faire adhérer la population", conclut-il.