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Actu Maroc

Interview: le fonds de solidarité contre les catastrophes naturelles peut-il couvrir les dégâts du coronavirus ?


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Vendredi 8 Mai 2020

Entretien avec M. Abderrahim Chaffai, directeur du Fonds de Solidarité contre les Evénements Catastrophiques à propos de la pandémie de Coronavirus.



M. Abderrahim Chaffai, directeur du Fonds de Solidarité contre les Evénements Catastrophiques
M. Abderrahim Chaffai, directeur du Fonds de Solidarité contre les Evénements Catastrophiques
Alors même que la pandémie de Coronavirus qui sévit dans le monde depuis plusieurs mois a été causée à l’origine par la transmission d’un virus à partir d’un animal vers l’Homme, peut-on pour autant la classer dans le registre des catastrophes naturelles prises en charge par des régimes de couverture des catastrophes? Le Fonds de Solidarité contre les Evénements Catastrophiques (FSEC) institué par la loi 110-14 est-il concerné par la couverture et la mitigation des dégâts provoqués par l’épidémie ? Nous avons posé nos questions à son directeur, M. Abderrahim Chaffai.

-Est-ce que le Fonds de solidarité contre les évènements catastrophiques a été impliqué -d’une manière ou d’une autre- dans la couverture des effets économiques de la pandémie de Coronavirus au Maroc?
-Le Fonds de solidarité contre les Evénements Catastrophiques (FSEC) a été institué par la loi 110- 14 qui a mis en place un régime de couverture des risques catastrophiques avec un volet assurantiel géré par les compagnies d’assurances et un volet allocataire, pour les populations non assurées, géré par le FSEC.

Ce régime est opérationnel depuis janvier 2020, date à laquelle la loi précitée est entrée en application.Cette loi a instauré le régime marocain de couverture des risques catastrophiques et a défini d’une manière exhaustive les événements qui sont couverts par le régime. À savoir les événements d’origine naturelle -les crues, les inondations, les tremblements de terre et les tsunamis -, et les événements qui sont la conséquence de la violence de l’homme à savoir le terrorisme, les émeutes et les mouvements populaires.

-Qu’en est-il des pandémies?
-Comme vous pouvez le remarquer, les pandémies n’entrent pas dans le champ des événements prévus par la loi 110-14. Cette situation n’est pas une particularité du régime marocain de couverture des événements catastrophiques, mais c’est la règle pour l’ensemble des régimes de couverture des catastrophes dans le monde. Ainsi, suite au déclenchement de la pandémie Covid-19, plusieurs études ont été lancées pour pouvoir quantifier les impacts financiers des pandémies pour ensuite mettre en place les couvertures adéquates lorsque cela est possible.

-Est-il selon vous envisageable dans l’avenir que le FSEC inscrive dans ses prérogatives d’autres types de catastrophes naturelles comme les crises sanitaires ?
-Comme je l’ai dit précédemment, le FSEC contribuera à la réflexion qui sera menée par le ministère des Finances à ce sujet et dans la recherche de solutions adaptées à notre contexte et à nos besoins. Il est clair que le FSEC agit dans le cadre de la loi 110-14 et en cas d’évolution de cette loi nous serons prêts à sa mise en place pour le volet allocataire.

Comme vous le savez, un principe d’assurance dit qu’un risque ne peut être couvert que s’il est quantifiable et vous avez remarqué les difficultés posées par Covid-19 rien que pour estimer le pic pandémique et le nombre de personnes touchées. Donc la partie la plus importante pour les assureurs et les réassureurs est de modéliser les risques pandémiques. Une fois cette modélisation terminée alors les solutions de couvertures pourraient être mises en place.

-Quelles sont les actions mises en œuvre par le Fonds de solidarité, au jour d’aujourd’hui, contre les événements catastrophiques ? 
-À ce jour, le FSEC a mis en place les procédures et les outils de fonctionnement nécessaires pour le démarrage de son activité, d’autres projets sont en cours de réalisation. Nous pouvons signaler la mise en place d’une couverture paramétrique des tremblements de terre à partir du premier janvier 2020 afin de permettre au FSEC de disposer de fonds pour indemniser les populations qui pourraient être touchées par les séismes.

Nous travaillons actuellement sur la modélisation des risques d’inondation au Maroc, ce qui nous permettrait de mettre en place aussi une couverture pour ce risque l’année prochaine.Parallèlement, nous travaillons aussi sur la mise en place d’outils d’estimation des dommages, en temps quasi-réel, ce qui permettrait notamment d’indemniser les populations touchées dans des délais rapides.

Receuillis par
Oussama ABAOUSS