- Vous venez de publier votre premier roman intitulé « Les oiseaux aussi volent pieds nus ». Ce titre évoque une forme de vulnérabilité alliée à la liberté. Est-ce là votre définition de la résilience ?
- À travers ce titre, je souhaite avant tout rappeler à celles et ceux qui partent de loin que l’impossible est réalisable. La résilience, pour moi, dépasse largement le cadre d’un concept à la mode. Comme l’incarne très bien le personnage d’Elyas, c’est un état d’esprit, forgé dans l’échec, dans la difficulté, mais aussi dans la foi ; la foi en soi, en son chemin, en son horizon. Le véritable secret consiste à accepter que certaines choses prennent du temps, sans jamais se détourner de son objectif.
- Elyas, votre héros, est né de parents algérien et marocain. Est-ce une manière de prôner, par la fiction, ce Maghreb uni que vous défendez dans vos activités de réflexion économique ?
- Absolument. L’Histoire comme le présent nous offrent déjà de nombreux exemples de la richesse et de la force que représente l’unité en Afrique du Nord. Dans le roman, Tlemcen et Tanger se rencontrent à Marseille avant de s’envoler vers Cordoue. Ce n’est pas un hasard. L’unité du Maghreb n’est pas une utopie : c’est une évidence géographique, culturelle et sociale. À nous de transformer cette évidence en projet politique et économique concret.
- Pourquoi avoir choisi la figure d'Abbas Ibn Firnas, pionnier de l'aviation au IXème siècle, comme mentor spirituel pour un jeune des cités marseillaises en 2025 ?
- Abbas Ibn Firnas incarne la puissance intellectuelle et créative de la civilisation arabo-amazighe musulmane en Al-Andalus. Ce génie cordouan est aussi un clin d’œil personnel à ma passion pour l’aviation. Il représente aussi une source d’inspiration pour Elyas et pour les jeunes générations : la preuve qu’il est possible de défier la gravité sociale et de s’élever malgré les contraintes.
- Votre récit parle de chute et de reconstruction. Dans un monde en crise, quel rôle joue la redécouverte de ses racines dans la construction d'un leadership moderne ?
- Les racines sont notre ancrage. Elles sont indispensables pour résister aux vents contraires qui soufflent aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Se (re) découvrir, comprendre d’où l’on vient, permet de puiser une énergie durable. Une énergie qui transforme un projet fragile en réalité solide. Nous vivons dans l’illusion que tout est facile, accessible immédiatement, sans le moindre effort. Le parcours d’Elyas rappelle que tout projet exige de l’endurance et de l’humilité.
- Vous venez de terminer un Ironman et préparez l'Alaska (Denali) pour 2026. En quoi cette discipline de fer influence-t-elle votre processus créatif ?
- L’Ironman a duré 12h10, mais il a nécessité douze mois d’entraînement, sept jours sur sept, quelles que soient les conditions. Je partais de zéro en natation et en cyclisme. Mon seul véritable atout était le mental, renforcé par mon expérience en course à pied. Cette sortie volontaire de la zone de confort m’a permis de tirer des enseignements applicables à tous mes projets : s’organiser, visualiser l’objectif, construire un plan, bien s’entourer, accepter la chute (j’en garde encore une cicatrice) et se relever. D’ailleurs, dans un chapitre, Elyas ressent ce besoin de s’élever sur les hauteurs de Marseille pour y puiser une énergie nouvelle. Le Denali est un sommet particulier. Tout y est brutal, exigeant. La nature y rappelle une vérité essentielle : notre plus grande force n’est pas physique, elle est mentale.
- Vous écrivez en parallèle de vos ascensions. L'écriture d'un premier roman ressemble-t-elle à l'ascension d'un "7 Summits" ? Quels sont les points communs entre la solitude de l'écrivain et celle de l'alpiniste ?
- De nombreux chapitres ont été écrits à plus de 4.000 mètres d’altitude. J’appelle cela la solitude créatrice : prendre de la hauteur, oxygéner son esprit, écrire pour inspirer. Comme en montagne, j’ai dû parfois rebrousser chemin, repartir de zéro. Puis, pas après pas, lettre après lettre, tracer un sentier, écrire un chapitre, atteindre un sommet. Il m’a fallu plus de six ans pour publier ce roman. Mille et une occasions d’abandon se sont présentées. Mais je me répétais sans cesse une chose : dans la vie, nous obtenons soit des résultats, soit des excuses.
- En tant que président d’ICEM, comment votre roman s'inscrit-il dans votre combat pour une Communauté Économique du Maghreb ?
- Lorsqu’on défend une cause, chaque situation devient une opportunité de lui donner de l’écho. Le sport, les sommets et aujourd’hui l’écriture sont autant de vecteurs pour porter ce message et toucher des publics différents.
- Entre le sommet du Denali en 2026, la gestion de vos entreprises et la promotion de ce livre, quelle est la prochaine frontière, réelle ou imaginaire, que vous souhaitez franchir ?
- La magie de l’écriture réside dans sa capacité à insuffler de l’espoir et de la créativité. Savoir que « Les oiseaux aussi volent pieds nus » trouve sa place dans une bibliothèque et accompagne un lecteur ne serait-ce qu’une page, est une immense satisfaction. Un lecteur m’a récemment partagé cette phrase qui l’a marqué : « Pour y arriver, l’abnégation était une qualité, l’ascétisme était sa réalité ». Si ces mots continuent d’inspirer, alors le pari est gagné. La prochaine frontière ? Les encouragements reçus me poussent à écrire la suite, pour prolonger les aventures d’Elyas.
- À travers ce titre, je souhaite avant tout rappeler à celles et ceux qui partent de loin que l’impossible est réalisable. La résilience, pour moi, dépasse largement le cadre d’un concept à la mode. Comme l’incarne très bien le personnage d’Elyas, c’est un état d’esprit, forgé dans l’échec, dans la difficulté, mais aussi dans la foi ; la foi en soi, en son chemin, en son horizon. Le véritable secret consiste à accepter que certaines choses prennent du temps, sans jamais se détourner de son objectif.
- Elyas, votre héros, est né de parents algérien et marocain. Est-ce une manière de prôner, par la fiction, ce Maghreb uni que vous défendez dans vos activités de réflexion économique ?
- Absolument. L’Histoire comme le présent nous offrent déjà de nombreux exemples de la richesse et de la force que représente l’unité en Afrique du Nord. Dans le roman, Tlemcen et Tanger se rencontrent à Marseille avant de s’envoler vers Cordoue. Ce n’est pas un hasard. L’unité du Maghreb n’est pas une utopie : c’est une évidence géographique, culturelle et sociale. À nous de transformer cette évidence en projet politique et économique concret.
- Pourquoi avoir choisi la figure d'Abbas Ibn Firnas, pionnier de l'aviation au IXème siècle, comme mentor spirituel pour un jeune des cités marseillaises en 2025 ?
- Abbas Ibn Firnas incarne la puissance intellectuelle et créative de la civilisation arabo-amazighe musulmane en Al-Andalus. Ce génie cordouan est aussi un clin d’œil personnel à ma passion pour l’aviation. Il représente aussi une source d’inspiration pour Elyas et pour les jeunes générations : la preuve qu’il est possible de défier la gravité sociale et de s’élever malgré les contraintes.
- Votre récit parle de chute et de reconstruction. Dans un monde en crise, quel rôle joue la redécouverte de ses racines dans la construction d'un leadership moderne ?
- Les racines sont notre ancrage. Elles sont indispensables pour résister aux vents contraires qui soufflent aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Se (re) découvrir, comprendre d’où l’on vient, permet de puiser une énergie durable. Une énergie qui transforme un projet fragile en réalité solide. Nous vivons dans l’illusion que tout est facile, accessible immédiatement, sans le moindre effort. Le parcours d’Elyas rappelle que tout projet exige de l’endurance et de l’humilité.
- Vous venez de terminer un Ironman et préparez l'Alaska (Denali) pour 2026. En quoi cette discipline de fer influence-t-elle votre processus créatif ?
- L’Ironman a duré 12h10, mais il a nécessité douze mois d’entraînement, sept jours sur sept, quelles que soient les conditions. Je partais de zéro en natation et en cyclisme. Mon seul véritable atout était le mental, renforcé par mon expérience en course à pied. Cette sortie volontaire de la zone de confort m’a permis de tirer des enseignements applicables à tous mes projets : s’organiser, visualiser l’objectif, construire un plan, bien s’entourer, accepter la chute (j’en garde encore une cicatrice) et se relever. D’ailleurs, dans un chapitre, Elyas ressent ce besoin de s’élever sur les hauteurs de Marseille pour y puiser une énergie nouvelle. Le Denali est un sommet particulier. Tout y est brutal, exigeant. La nature y rappelle une vérité essentielle : notre plus grande force n’est pas physique, elle est mentale.
- Vous écrivez en parallèle de vos ascensions. L'écriture d'un premier roman ressemble-t-elle à l'ascension d'un "7 Summits" ? Quels sont les points communs entre la solitude de l'écrivain et celle de l'alpiniste ?
- De nombreux chapitres ont été écrits à plus de 4.000 mètres d’altitude. J’appelle cela la solitude créatrice : prendre de la hauteur, oxygéner son esprit, écrire pour inspirer. Comme en montagne, j’ai dû parfois rebrousser chemin, repartir de zéro. Puis, pas après pas, lettre après lettre, tracer un sentier, écrire un chapitre, atteindre un sommet. Il m’a fallu plus de six ans pour publier ce roman. Mille et une occasions d’abandon se sont présentées. Mais je me répétais sans cesse une chose : dans la vie, nous obtenons soit des résultats, soit des excuses.
- En tant que président d’ICEM, comment votre roman s'inscrit-il dans votre combat pour une Communauté Économique du Maghreb ?
- Lorsqu’on défend une cause, chaque situation devient une opportunité de lui donner de l’écho. Le sport, les sommets et aujourd’hui l’écriture sont autant de vecteurs pour porter ce message et toucher des publics différents.
- Entre le sommet du Denali en 2026, la gestion de vos entreprises et la promotion de ce livre, quelle est la prochaine frontière, réelle ou imaginaire, que vous souhaitez franchir ?
- La magie de l’écriture réside dans sa capacité à insuffler de l’espoir et de la créativité. Savoir que « Les oiseaux aussi volent pieds nus » trouve sa place dans une bibliothèque et accompagne un lecteur ne serait-ce qu’une page, est une immense satisfaction. Un lecteur m’a récemment partagé cette phrase qui l’a marqué : « Pour y arriver, l’abnégation était une qualité, l’ascétisme était sa réalité ». Si ces mots continuent d’inspirer, alors le pari est gagné. La prochaine frontière ? Les encouragements reçus me poussent à écrire la suite, pour prolonger les aventures d’Elyas.
Portrait
Amine Bouhassane, l’écriture à bout de souffle
Il y a chez Amine Bouhassane une forme d’ascétisme qui ne dit pas son nom. Dans le hall feutré d’un hôtel ou sur les pentes escarpées d’un sommet du « 7 Summits », l'homme semble habité par une obsession : l’élévation. Le récit commence à Marseille. Pour Elyas, fils d’un père algérien et d’une mère marocaine, il porte en lui cette « dualité tranquille » qu’il transforme en projet politique. Pour lui, l’unité du Maghreb n’est pas une chimère de sommet diplomatique, c’est une réalité de sang et de culture. « Tlemcen et Tanger se rencontrent à Marseille », glisse-t-il.
À 40 ans passés, ce président du think tank ICEM vient de commettre un acte de naissance littéraire : « Les oiseaux aussi volent pieds nus ». L’écriture, il l’a pratiquée là où l’oxygène se fait rare. « La solitude créatrice », dit-il. Entre deux ascensions, il a puisé dans l’effort physique la discipline nécessaire à la construction d'un récit. Car Amine ne fait pas de la littérature de salon. Alors que son livre rejoint les étagères des bibliothèques, lui regarde déjà vers le Nord. Le Denali, en Alaska, l'attend pour 2026. Un sommet brutal, froid, sans concession. À l'image de sa philosophie : « Nous obtenons soit des résultats, soit des excuses ». Pour l'heure, les résultats sont là, imprimés sur papier glacé ou gravés dans le chrono. Amine Bouhassane continue de voler, pieds nus.
Il y a chez Amine Bouhassane une forme d’ascétisme qui ne dit pas son nom. Dans le hall feutré d’un hôtel ou sur les pentes escarpées d’un sommet du « 7 Summits », l'homme semble habité par une obsession : l’élévation. Le récit commence à Marseille. Pour Elyas, fils d’un père algérien et d’une mère marocaine, il porte en lui cette « dualité tranquille » qu’il transforme en projet politique. Pour lui, l’unité du Maghreb n’est pas une chimère de sommet diplomatique, c’est une réalité de sang et de culture. « Tlemcen et Tanger se rencontrent à Marseille », glisse-t-il.
À 40 ans passés, ce président du think tank ICEM vient de commettre un acte de naissance littéraire : « Les oiseaux aussi volent pieds nus ». L’écriture, il l’a pratiquée là où l’oxygène se fait rare. « La solitude créatrice », dit-il. Entre deux ascensions, il a puisé dans l’effort physique la discipline nécessaire à la construction d'un récit. Car Amine ne fait pas de la littérature de salon. Alors que son livre rejoint les étagères des bibliothèques, lui regarde déjà vers le Nord. Le Denali, en Alaska, l'attend pour 2026. Un sommet brutal, froid, sans concession. À l'image de sa philosophie : « Nous obtenons soit des résultats, soit des excuses ». Pour l'heure, les résultats sont là, imprimés sur papier glacé ou gravés dans le chrono. Amine Bouhassane continue de voler, pieds nus.





















