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[Interview avec Ali Gharbal, président de la Fédération Royale Marocaine de Sauvetage] Sauveteur en mer, emploi instable et irrégulier


Rédigé par Safaa KSAANI le Lundi 19 Juillet 2021

Jusqu’à présent, les sauveteurs ne sont pas couverts socialement et n’ont pas un salaire adéquat. La Fédération Royale Marocaine de Sauvetage (FRMS) promet d’améliorer ce secteur d’activité, qui fait toujours vague.



[Interview avec Ali Gharbal, président de la Fédération Royale Marocaine de Sauvetage] Sauveteur en mer, emploi instable et irrégulier
- Jusqu’à présent, le sauvetage en mer reste un métier « saisonnier », et les sauveteurs ne sont toujours pas couverts socialement… Que compte faire la FRMS pour améliorer la qualité de vie et de travail dans ce métier ?

- Nous avons déposé un projet de loi de prévention de la noyade au parlement marocain et au parlement africain en vue d’être signé et adopté auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 2025 à Marrakech. Cela permettra au sauveteur africain de travailler tout au long de l’année, d’être couvert socialement et d’avoir un salaire adéquat.

Ainsi, le but de la Fédération est d’améliorer ce secteur d’activité. En collaboration avec le ministère du Tourisme, nous avons pu labelliser des hôtels en ajoutant le sauveteur de la FRMS : comme ça, toute personne n’ayant pas eu un diplôme de la Fédération ne pourra pas exercer ce métier. Aussi, les touristes étrangers seront rassurés et viendront volontiers aux hôtels marocains.


- La FRMS assure la formation des sauveteurs en mer et en piscine. Quelles activités leur sont dédiées ?

- Les candidats bénéficient d’une formation théorique et pratique. On leur apprend comment sauver dans une mer salée et dans la mer douce, les courants marins ; on leur apprend aussi le nécessaire sur l’anatomie du coeur, la circulation sanguine et la respiration. C’est une formation très scientifique et technique. Aujourd’hui, même des médecins font des formations chez nous.

Il y a des activités en piscine et d’autres en plage : il y a le Beach Flag, la course collective et individuelle, etc. Dans la formation, on y apprend également la natation, les techniques d’intervention et de sauvetage en kayak de mer. A l’issue de cette formation qui dure plus de 55 heures, les sauveteurs obtiennent un diplôme international. De nombreuses fédérations sportives demandent notre service aujourd’hui, comme la FRMF pour les premiers soins de secours, le volley-ball, le judo, le cyclisme…


- Vous êtes également Président de l’Académie Africaine de Sauvetage : quelle place accordez-vous aux sauveteurs des autres pays africains ?

- Il convient de noter que l’Académie Africaine de Sauvetage a été créée au complexe Moulay Abdellah de Rabat. Sa principale mission est de former des sauveteurs africains. Depuis 2016, nous avons assuré 17 formations dans 17 pays africains. 1.200 instructeurs et 5.000 sauveteurs africains, dont des Marocains, sont formés dans ce cadre.


- Des compétitions internationales au Maroc sont-elles en vue ?

- Le Royaume organisera deux événements majeurs de la Fédération Internationale. Il s’agit de la conférence mondiale de la prévention de la noyade, prévue en 2025 à Marrakech, et le championnat du monde de sauvetage qui se tiendra en 2026 à Agadir. A cette occasion, 11.000 personnes seront accueillies pendant trois semaines. D’ailleurs, cela a un impact économique et social flagrant. Entre 15 et 20 millions d’euros restent dans les villes abritant cet événement sportif.

Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait

[Interview avec Ali Gharbal, président de la Fédération Royale Marocaine de Sauvetage] Sauveteur en mer, emploi instable et irrégulier

D’officier de marine à président de la FRMS
 
Le parcours de Ali Gharbal au sein de la Fédération Royale Marocaine de Sauvetage, qu’il a fondée en 2013, est éloquent. « Les anglophones ont institué le sauvetage en tant que sport pour permettre aux maîtres-nageurs d’être prêts et au niveau tout le temps, donc pas uniquement dans la période estivale. C’est dans ce sens que la FRMS a été créée », nous explique-t-il.

Au fil de ses mandats, ce père de quatre enfants a assumé de nombreuses responsabilités, tant sur le plan local qu’international. Au niveau local, il a organisé la 1ère édition du championnat du monde « OPEN » de la plongée sportive en piscine pour handicapés à Marrakech, le 5 et 6 octobre 2016, ainsi que le 1er Championnat d’Afrique de sauvetage sportif, entre autres choses.

Au niveau international, Ali Gharbal s’occupe de l’élaboration de la réglementation internationale de la plongée pour les personnes en situation d’handicap ainsi que de l’amélioration des conditions de travail et de sécurité des sauveteurs, en mer comme en piscine. De plus, il coordonne, à l’échelle nationale et régionale (région Nord-Ouest africaine), des formations de sauvetage en mer.

En février dernier, il a été élu président de la Confédération africaine de sauvetage pour la période 2021-2024, lors de l’Assemblée générale élective tenue samedi par visioconférence en application des mesures de prévention sanitaire.

Ali Gharbal a eu son baccalauréat en 1994 au 1er Lycée Militaire Royal de Kénitra. Cinq ans après, il est devenu Officier Ingénieur d’Etat de l’Ecole Royale Navale de Casablanca. En 2002, il s’est envolé aux Etats-Unis d’Amérique, à la quête d’un diplôme d’Etudes Supérieures en télécommunication/radar, qu’il décroche en 2004 au Centre de Formation US Navy. Il y obtient ensuite son doctorat en gestion de crise, en 2005.
S. K.

  


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