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Interview avec Al-Amine Nejjar « Le programme de l’Istiqlal allie l’initiative libre et responsable à la justice sociale »


Rédigé par Chaimae BARKI le Vendredi 3 Septembre 2021

La lutte contre les inégalités sociales est au centre du programme électoral du Parti de l’Istiqlal. Al-Amine Nejjar, Vice-Président de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens, nous détaille la feuille de route istiqlalienne pour atteindre cet objectif.



Al-Amine Nejjar, Vice-Président de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens
Al-Amine Nejjar, Vice-Président de l’Alliance des Économistes Istiqlaliens
- L’appui à la classe moyenne fait partie des priorités de l’Istiqlal pour ces prochaines élections. Comment cet appui va-t-il se traduire concrètement ?

- La classe moyenne constitue le noyau dur de la société dans la mesure où elle est le lien entre les classes et le principal moteur de la demande interne. Cette classe est en souffrance depuis la dernière décennie avec entre autres une forte dégradation de son pouvoir d’achat.

Le Parti de l’Istiqlal a érigé le renforcement et l’élargissement de la classe moyenne en priorité de son programme électoral, avec un objectif clair : augmenter son pouvoir d’achat de plus de 20% tout en favorisant les conditions économiques et sociales pour l’émergence d’une classe moyenne en milieu rural. Une feuille de route à cet effet est proposée, axée sur l’amélioration du pouvoir d’achat, l’amélioration des services publics (de qualité et à moindre coût) et l’amélioration des conditions de vie de cette classe moyenne.

Pour le pouvoir d’achat, la priorité sera donnée à l’amélioration des revenus de ces ménages par la réduction de la pression fiscale avec une révision des tranches d’imposition sur le revenu (notamment en augmentant la réduction annuelle de l’impôt sur le revenu pour les familles de 360 dirhams à 1080 dirhams par assujetti), une augmentation du taux de déduction fiscale des intérêts perçus sur les prêts pour l’acquisition de l’habitation principale de 10 à 20% du revenu imposable total et la mise en place d’une déduction fiscale au titre de l’impôt sur le revenu des dépenses relatives aux frais de scolarité dans l’enseignement privé à hauteur de 500 dirhams par mois et par enfant scolarisé.

Il s’agit aussi de réguler et plafonner les frais de scolarité dans les établissements de l’enseignement privé afin de réduire la charge de ces frais dans le budget familial. La mise en place d’un système d’assurance maladie complémentaire pour la classe moyenne ira dans le sens de réduire le montant des dépenses de santé des familles et de renforcer la stabilité sociale.

Cet appui à la classe moyenne se traduira enfin par le développement d’une politique intégrée et multidimensionnelle (dans les transports, le logement, le tourisme, l’accès à la culture et aux divertissements) visant à promouvoir cette classe par l’approfondissement du sentiment d’appartenance et la dissipation des craintes pour son avenir. D’autres mesures sont prévues au niveau du programme relatif à la protection sociale et à l’enseignement avec notamment la généralisation du préscolaire à 100% des enfants de plus de 4 ans.


- Le Secrétaire Général de l’Istiqlal a évoqué à maintes reprises le plafonnement des marges pour certains secteurs comme les hydrocarbures afin justement de ménager la classe moyenne, et aussi le secteur de l’Education. A votre avis, comment ce voeu se réalisera-t-il sur le terrain ?

- L’impact de la hausse des prix des carburants dans le budget des familles est devenu important depuis quelques années, réduisant d’une manière significative leur pouvoir d’achat. Dans l’optique d’améliorer les revenus de ces ménages, il est prévu de mettre en place des mécanismes permettant de contenir les effets de la hausse des prix internationaux du carburant sur le pouvoir d’achat des citoyens en plafonnant la marge (en dirhams) appliquée par les distributeurs.

Dans le secteur de l’Education et notamment dans l’enseignement privé, il est prévu de réguler les hausses des frais de scolarité constatées annuellement afin de réduire la charge de ces frais dans le budget familial.


- Garantir l’équité entre les citoyens passe d’abord par la garantie de l’équité entre le monde urbain et le monde rural, entre les métropoles et les petites villes, tout comme entre les différentes régions du Royaume. Comment le Maroc pourra-t-il relever ce défi ?

- Rappelons ici deux objectifs fondamentaux du programme du parti qui apportent des premiers éléments de réponse à votre question. En effet, le parti vise à réduire les inégalités sociales et spatiales en ramenant l’indice de Gini de 46.4% à 39%.

Le parti vise aussi à relancer les zones frontalières, montagneuses et oasiennes par une répartition équitable des marchés publics entre régions. Le programme du parti comporte un certain nombre de mesures concrètes répondant au défi d’assurer l’équité entre citoyens où qu’ils vivent au sein du Royaume.

En effet, il s’agit tout d’abord de respecter la cohésion des programmes d’aménagement du territoire avec les programmes de travaux et d’aménagement pour le reste des collectivités territoriales, d’une part, et les grands choix de l’Etat, d’autre part.

Le Fonds de solidarité entre les régions sera activé en assurant une répartition équitable de ses ressources selon des critères objectifs et transparents. Il s’agit aussi de digitaliser les services publics (au niveau de l’administration, des établissements publics et des collectivités territoriales) et faciliter l’accès à ces services pour tous les citoyens où qu’ils se trouvent grâce à une couverture numérique rapide et complète.

Une mesure notable dans ce contexte proposée dans le programme du parti est la réhabilitation et le développement de 200 centres ruraux en améliorant leur attractivité avec la mise en place d’équipements de base et de loisirs et la création de zones réservées à diverses activités économiques.


- Parmi les objectifs de l’Istiqlal figure aussi la réduction de la pauvreté. Comment peut-on atteindre cet objectif, surtout dans un contexte pandémique où il y a un manque de visibilité sur les tendances du marché à long terme ?

- Justement, le programme du Parti de l’Istiqlal vise à déployer toutes les actions nécessaires pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle causée par les gouvernements de ces dix dernières années et qui s’est aggravée dans le contexte pandémique.

Ainsi, il allie l’initiative libre et responsable à la justice sociale. Il plaide en faveur du nationalisme économique tout en renforçant la souveraineté nationale dans de nombreux domaines vitaux. Ce programme vise donc à rétablir la confiance des citoyens en rompant aves les causes de la crise et en réalisant les transitions nécessaires pour une société équilibrée, solidaire et cohérente qui garantit la dignité et une vie décente pour tous.

C’est dans ce sens d’avoir une équité pour les classes pauvres et nécessiteuses qu’un des objectifs fondamentaux du programme du parti est de sortir un million de familles de la pauvreté et de la précarité à travers un accompagnement annuel de 200.000 familles.


Recueillis par Chaimae BARKI

 


Quid de l’égalité homme/femme

Le Parti de l’Istiqlal s’engage à adopter des mesures visant à accroître l’accès des femmes au marché du travail, à stimuler la création d’entreprises féminines et simplifier l’accès au foncier, en plus des mesures visant à assurer la justice du genre dans les salaires dans le secteur privé et l’accès des femmes aux postes de direction.

Toutes ces réformes ne peuvent être réalisées sans investissement dans les structures qui soutiennent la réinsertion des femmes et filles à travers une éducation de qualité, en veillant à ce qu’elles aient les compétences et les aptitudes qui leur permettront d’accéder à des opportunités d’emploi décent et à même de progresser socialement, à travers des mesures urgentes comprenant, entre autres : l’activation de la loi-cadre sur la parité et la non-discrimination à l’égard des femmes ; le renforcement des structures d’accueil dans les secteurs privé et public pour permettre aux femmes de concilier famille et travail : crèches, transports scolaires, télétravail, temps partiel et continu, et l’inscription de ces mesures dans la responsabilité sociale de la direction et de l’ entreprise…