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Actu Maroc

Intelaka : Le programme très attendu par les entrepreneurs pour les sauver de la crise


Rédigé par Saâd JAFRI le Mardi 1 Septembre 2020

Après un démarrage réussi, le programme «Intelaka» a décéléré en raison de la Covid-19. Aujourd’hui, sa redynamisation en urgence s’impose, suite aux prévisions alarmantes du chômage.



Intelaka : Le programme très attendu par les entrepreneurs pour les sauver de la crise
Avec l’arrivée du Coronavirus, une grande partie des jeunes entrepreneurs qui avaient misé grand sur le programme «Intelaka» ont vu leur espoir réduit à néant. Par la force des choses ledit programme, destiné à financer les projets des auto- entrepreneurs et des TMPE, a été mis en pause, néanmoins, «sa redynamisation est désormais une priorité du gouvernement» à en croire les dires du ministre de l’Economie et des Finances, Mohammed Benchaâboun.

En réalité, la réactivation urgente d’Intelaka est plus une nécessité qu’un choix, du fait que la crise engendrerait une hausse historique du chômage. Rappelons que sous l’hypothèse d’une poursuite de la baisse tendancielle du taux d’activité au niveau national, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) avait estimé que le taux de chômage devrait atteindre près de 14,8%, soit une hausse de 5,6 points par rapport au niveau enregistré en 2019… ainsi la stimulation de l’auto-emploi s’impose.

Suite à ces projections sinistrées, le vice-président de Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (Apebi), Mehdi Alaoui, estime que le programme Intelaka se présente comme une alternative prometteuse pour les jeunes. «Sachant que le Covid mènera à une hausse de chômage, ledit programme va naturellement permettre à plusieurs jeunes de se lancer dans l’entrepreneuriat et pourquoi pas dans les startups et l’innovation, d’autant plus que le digital a pris une place énorme grâce à la Covid», précise-t-il ajoutant que c’est le moment de lancer des startups.

 L’accès au financement : la bête noire des entrepreneurs 

«D’habitude le financement est l’un des premiers problèmes bloquant pour l’ensemble des jeunes startupeurs. Avec le programme Intelaka on règle le problème du financement», affirme Mehdi Alaoui. En effet, les deux produits phares du programme, « Damane Intelak » et « Damane Intelak Al Moustatmir Al Qarawi », portent sur la garantie des crédits destinés aux entreprises éligibles ayant moins de 5 ans d’activité et un chiffre d’affaires ne dépassant pas 10 millions de dirhams.

Selon le «pacte pour la relance économique et l’emploi», présenté en début du mois par l’argentier du Royaume, le programme ambitionne de faciliter le financement de près de 13.000 TPE par année à travers notamment une offre de garantie adossée à des crédits avec des conditions avantageuses (garantie de 80% du prêt, absence de sûretés personnelles, montant pouvant atteindre 1,2 million de dirhams, taux d’intérêt exceptionnel de 2% pour les projets en périmètre urbain et 1,75% pour le périmètre rural). «Maintenant, il faudrait que les banques puissent opérationnaliser ce programme, donner ce crédit aux personnes qui le demandent et qui remplissent bien sûr les conditions nécessaires», ajoute le Vice-président de l’Apebi.

L’accompagnement s’impose !

Outre le financement, il y a lieu de mettre en place une cellule spéciale pour l’accompagnement des entrepreneurs dans l’optique de les assister à réussir leurs projets en ces temps d’incertitudes. Nul besoin d’argumenter qu’une grande majorité des entreprises, spécialement les TPME, baissent les rideaux par faute d’accompagnement. Ce dernier contribue non seulement à transformer des idées en projets effectifs et bancables, mais également à soutenir leurs chances de réussite et de croissance dans la phase post-création et par ricochet assurer la continuité de l’entreprise. D’ailleurs, c’est la finalité même de la convention relative au programme «Intelaka», maintenant, il suffit simplement d’adapter la vision primaire au contexte présent, marqué par la pandémie.

Il convient de noter que le programme «Intelaka» avait connu un bon démarrage, avant qu’il ne soit décéléré par la crise sanitaire. Après un mois de son lancement, 143 millions de DH de crédits ont été octroyés à plus de 1.000 bénéficiaires. Jusqu’au début avril (deux mois après le lancement), 5.300 crédits ont été accordés, donnant espoir à bon nombre de jeunes assoiffés d’opportunités.

Ainsi, en ces temps de crise où la conjoncture économique prête au pessimisme, il faut relancer en urgence ce programme de soutien pour donner une lueur d’espoir aux Marocains.

Saâd JAFRI