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Culture

Honoration : Le piège des Prix littéraires et la mauvaise foi des éditeurs


Rédigé par Redouane Lmesfioui le Mercredi 8 Juillet 2020



Honoration : Le piège des Prix littéraires et la mauvaise foi des éditeurs
Les Prix littéraires s’octroient avec une facilité telle, qu’ils ont perdu succulence et valeur. Quand on décerne à un écrivain un grand Prix après n’avoir accouché que d’un voire deux romans, n’est-t-il pas un crime à l’encontre de tous les écrivains qui ont eu ce privilège à l’âge d’or de la littérature ?

Il est aussi à dire que lorsque les plus grandes maisons d’édition marocaines (souvent orphelines de Comités de lecture) refusent des manuscrits ou rebutent benoîtement des auteurs débutants, c’est parce qu’elles se suffisent à rafler le pactole des subventions, comptant tout au plus sur une dizaine d’écrivains qui font leur (sur)vie et garantissent de ce fait leur notoriété et monopole sur le si exigu marché national du livre.

Après les petits plaisirs mondains qu’occasionnent les quelques Salons (soirées) littéraires, il ne faut surtout pas oublier ni feindre l’oubli de ce qui ne représente plus un secret, mais un constat : la Culture prône l’élitisme. Elle est de l’apanage de ceux qui sentent l’outre-mer, les croisières, les ‘’bonnes’’ manières.

Au lieu d’avancer que la littérature s’est libérée là où la boussole a perdu le Nord, il serait plus judicieux pour les écrivains honnêtes de sortir de cette euphorie illusoire due à une «starification subventionnée» et de cesser de s’auto-déshypnotiser l’esprit.

Ce ne peut être que navrant que d’assister à une génération d’écrivains castrée du goût de l’autocritique. 

Autrement dit, l’écrivain, le vrai, l’authentique, le vaillant, l’esprit éclairé, l’engagé, le magicien par ses mots, le séduisant par sa valeur intrinsèque, est celui qui encourage et appuie les petites plumes afin d’œuvrer à construire ensemble un environnement qui sensibilisera la société à lire tout d’abord, voire à lire seulement ! Sur ce dernier point, il n’a pas fallu attendre que le cabinet d’audit et de conseil, KPMG, vienne dévoiler que « à peine 1% de la population lit ». Et d’ajouter que « même ceux qui savent lire et qui ont les moyens financiers n’achètent ni ne lisent la presse écrite ». Comme pour conformer que le problème est lié à l’éducation à la lecture et non pas à la préférence de quelques types de lectures à d’autres !

En fait, lorsque des plumes marocaines de différents âges furent repoussées et chassées par nos maisons d’édition, les seules portes qu’elles ont repérées entrouvertes sont celles des nouvelles maisons d’édition françaises (Edilivre, etc.) expertes en matière de ‘’jet de la poudre aux yeux’’. Des maisons d’édition qui sont partie du principe qu’il vaut mieux être esclave libre ailleurs qu’esclave soumis chez soi. Des maisons d’édition qui ont l’art de maquiller l’édition à compte d’auteur pour la présenter comme une édition à compte d’éditeur. Depuis, leurs romans à ces gens-là, à ces laissés-pour-compte, sont passés à la déchiqueteuse en vue d’un prompt oubli.

Comme dirait, Paul Verlaine, cet écrivain maudit : « L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable ».

Redouane Lmesfioui

  


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